PLEURÉSIE. — TRAITEMENT
ou la substance elle-même, sont recommandées par plusieurs auteurs.
Asclepas tuberosa. Connu vulgairement sous le nom de racine à pleurésie, sa pathogénésie semble l'indiquer. Elle présente : douleurs allant en augmentant, rendant la respiration pénible, spécialement à la base du poumon gauche, qui est mat à la percussion, tandis que la toux est sèche et spasmodiquo. La douleur est très-aiguë au côté droit et paraît avoir son siège dans la plèvre.
Quand le malade est menacé à' asphyxie par la marche rapide de l'épanchement ou par une bronchite concomitante, arsenicum est encore indiqué ; mais si le médicament ne suffit pas, il faul recourir à la thoracentèse. Voici comment elle se pratique. On prend un trocart à hydrocèle, dont la canule est munie d'une baudruche mouillée, destinée à jouer le rôle de soupape ; on déplace la peau de manière à détruire le parallélisme de la plaie cutanée et de la plaie profonde, et on enfonce l'instrument du sixième ou septième espace intercostal, dans la région au niveau latérale du thorax. C'est là le lieu d'élection ; seulement il peut être modifié par le siège de l'épanchement et le déplacement des organes. L'appareil de Dieulafoy a singulièrement simplifié l'opération de la thoracenthèse. Nous le recommandons tout spécialement, mais nous recommandons aussi cle vider la plèvre lentement et de laisser une certaine quantité de liquide. Sans cela, le malade sera exposé à une décompression subite ; le sang affluera violemment dans le poumon décomprimé ; d'où congestion pulmonaire, sécrétion surabondante d'un liquide vis- 'quoux et asphyxie rapide du malade quelques heures après l'opération. Nous recommandons chacune cle ces conditions à l'attention de nos confrères s'ils ne veulent pas éprouver de mécompte par la thoracenthèse. Il faut encore se rappeler que le pleurétique est sujet à la syncope et ne pas trop l'éloigner de la position horizontale pour faire l'opération.
Quand le liquide s'est écoulé, on retire la canule du trocart et on recouvre la petite plaie de collodion élastique.
Quand la pleurésie est arrivée à l'état chronique et que l'épanchemenl s'est transformé en pus, Hepar sulfurs é\ silicea
sont les deux principaux médicaments; mais, s'ils rcsl, -m insuffisants, et si les progrès de la fièvre hectique font craindre une issue funeste, on est encore autorisé à avoir recours à la thoracentèse ; seulement, dans ce cas, on a grand avantage à se servir du trocart et de la seringue de Guérin, ou môme de l'appareil de Dieulafoy ou de celui de PoLain ; parce que, quand le pus est écoulé, il est nécessaire défaire des injections iodées. Ces injections, dont les proportions pourront être augmentées dans les opérations suivantes, se composeront d'abord d'un tiers de teindure d'iode sur deux tiers d'eau avec iodure de potassium, quantité suffisante pour que l'iode reste dissous : ici, comme pour les kystes de l'ovaire, nous conseillons de no pas laiser de canule à demeure; mais plutôt de renouveler l'opération quand l'épanchement se sera reproduit. Mais la ponction de la cavité pleurale suivie des lavages les mieux faits reste souvent insuffisante ; la suppuration devient infecte, la fièvre augmente, le malade s'affaiblit, il faut alors sans hésiter avoir recours à Y opération de Fempyème. Une large ouverture pratiquée en longeant le bord supérieur de la huitième côte ouvre la plèvre et donne écoulement au pus. On maintient la plaie ouverte à l'aide d'une grosse sonde en caoutchouc, et on fait deux et trois fois par jour des lavages avec de l'eau alcolisée dans la proportion d'un cinquième, d'un quart, puis de moitié d'alcool.
Traitement de la pleurésie purulente. — Son traitement est fort peu avancé. Au début, il faut insister sur aconitum, 3e trituration ou même teinture mère; si ce médicament ne réussit pas à enrayer la maladie, il est probable qu'elle aura rapidement une issue funeste. Arsenicum sera administré ensuite, puis hepar sulfuris, lorsque les accidents aigus seront passés. L'opération de l'empyème ne devra être pratiquée que si le mouvement fébrile arrive à la période décroissante. Nous n'avons aucune expérience en clinique sur le traitement delà forme pseudomembraneuse. Bryonia et cantharis nous paraissent indiqués par les symptômes et la lésion.
Le traitement de la forme bénigne demande les premiers jours
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aconilum puis bryonia. La forme latente guérit le plus souvent par cantharis ; on devrait essayer ensuite apis, senega, iodium et suif ur ; quelquefois la thoracentèse est nécessaire.
Soins hygiéniques. — Le médecin ne doit pas oublier que les malades atteints de pleurésie sont menacés delà mort par syncope ; il faut donc leur faire garder la position horizontale aussi longtemps qu'existe une tendance à la lipothymie. Les malades éviteront surtout les mouvements brusques ; car il y a des malades qui sont morts en s'asseyant sur leur lit, en mettant pied à terre, en montant en voiture.
Dans la période d'état, du bouillon, clu lait composeront le régime; la quantité des aliments sera augmentée graduellement, à mesure que la fièvre tombera et que l'appétit reviendra.
Nous n'avons point consacré un chapitre spécial à la pleuropneumonie, c'est-à-dire à la maladie caractérisée par l'existence simultanée de l'hépatisation d'un ou de plusieurs lobes du poumon et d'un épanchement notable dans la plèvre du même côté; ces deux lésions s'excluent habituellement. Dans le seul cas dont je me souvienne et qui est consigné clans la clinique tVAndral, l'épanchement était limité à la région inférieure de la plèvre, tandis que l'hépatisation siégeait sur le lobe supérieur du poumon. Ce sont là des raretés pathologiques, et qu'il suffit de signaler, mais qu'on ne peut pas décrire dans un livre élémentaire.