MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE. FORME FOUDROYANTE
compagne de tristesse; des terreurs subites chez les enfants, de la céphalalgie avec ou sans nausées; et une rachialgie déjà bien accusée. La céphalalgie et la rachialgie deviennent atroces; la douleur est surtout intense à la nuque et au sacrum ; elle s'irradie dans les membres et immobilise les malades dans le décubitus dorsal. Au bout de quelques heures, le délire commence, devient continu, et s'élève jusqu'à la fureur ; en même temps surviennent des vomissements bilieux contenant quelquefois des lombrics. La constipation est opiniâtre; il n'y a pas de fièvre ; la peau est naturelle ; le pouls est ralenti. Le troisième jour, il y a une rémission considérable de tous les symptômes; cette rémission annonce la fin de la première période.
La deuxième période, appelée aussi période de réaction, s'annonce par un mouvement fébrile intense ; grande chaleur de la peau; pouls fort, mais ne s'élevant presque jamais au-dessus de 100 pulsations; respiration accélérée, suspirieuse ; délire avec fureur et hallucinations; contracture générale et tétanique; opisthotonos, contractures de la nuque, des mâchoires, strabisme; tremblement des membres; convulsions éclamptiformes; pupilles extrêmement resserrées. C'est dans celte période qu'apparaissent des éruptions variées : herpès, taches lenticulaires, pétéchies, éruption morbiliforme.
3« période. Collapsus. - Le coma alterne avec le délire; carpliologie, soubresaut des tendons; la peau se refroidit le pouls devient petit, irrégulier, misérable et reste fréquent. Des ,petechies et des hémorrhagies apparaissent, el la mort arrive habituellement dans le collapsus, à la fin du premier septénaire ; quelquefois die est précédée d'une rémission apparente de peu de durée.
Quand la guérison doit avoir lieu, le délire el le coma cessent; la connaissance revieni, ainsi que le sommeil el l'ap-
IT Forme kouuhovantk. - Début bvusque; les malades
dul-- -Muions; „„e céphalalgie
t. II. — 2
18 MALADIES ET AFFECTIONS DE l'eNCEPHALE.
atroce, des vomissements, un délire furieux qui est bientôt remplacé par le coma, des contractures, des convulsions éclamptiformes, constituent l'ensemble des symptômes de cette l'orme. D'aulres fois, elle débute par un accès apoplectiforme. La marche de la maladie est rapide, la mort arrive dans le collapsus du deuxième au troisième jour : il y a des exemples de mort après six heures de maladie.
III. Forme ataxique. — On pourrait aussi l'appeler lente prolongée. Les symptômes de la méningite sont moins accusés et la maladie affecte les allures de la fièvre typhoïde. Le délire consiste dans la typhomanie avec stupeur et somnolence ; les malades marmottent continuellement des paroles sans suite. Le pouls est petit et fréquent ; la peau chaude, la langue et les gencives deviennent fuligineuses ; il y a de la diarrhée et des selles involontaires. Les désordres des mouvements consistent dans des contractures de la nuque, des mâchoires, des extrémités, des tremblements de la langue, des lèvres, des membres, des soubresauts des tendons, de la carphologie. Plus lard, il survient des escharcs, des abcès, des pétéchies ; les malades maigrissent considérablement. La maladie marche lentement et se prolonge 90 ou 100 jours. La mort arrive dans le coma ou la syncope. Quand la guérison a lieu, la convalescence est interminable.
Dans toutes les épidémies les auteurs signalent plutôt qu'ils ne décrivent des cas plus ou moins nombreux de forme bénigne.
La lésion siège dans la pie-mère cérébro-spinale, mais principalement à la base du cerveau. Ce siège est parfaitement en rapport avec les symptômes ; et il est le même que dans la méningite tuberculeuse avec laquelle la méningite encéphalo-radienne présente quelques rapports.
Dans les cas foudroyants, l'inflammation méningée est caractérisée seulement par un piqueté ecchymotique plus ou moins abondant; mais, quand la maladie s'est prolongée, on trouve du pus liquide ou concret. On observe en outre une saillie notable des plaques dePeyer, des suppurations diverses:
MÉNINGITE CKRKBRO-SPINAl.E. TRAITEMENT. 19
arthrites; péricardiles, pleurésies ; des gangrènes el en particulier celle du pharynx.
Éliologie. — Maladie épiclémique et contagieuse, sévissant principalement dans les grandes agglomérations : casernes, bagnes, écoles ; elle est beaucoup plus fréquente dans le sexe masculin, et elle acquiert plus de gravité après trente ans. Les causes occasionnelles sont les fatigues, les chagrins et les excès.
Traitement. — Traitement de la forme commune. — Opium est le médicament principal. Chauffard (d'Avignon) L'a prescrit avec succès; il l'employait à très-haute dose, 30 à 40 centigrammes par jour. C'est un médicament tout à fait homœopathique. Il correspond en effet aux symptômes suivants : Mouvement fébrile précédé de ralentissement du pouls et de refroidissement de la peau ; plus tard, le pouls devient fort et . fréquent, la peau chaude ; et quand l'empoisonnement se termine par la mort, la peau se refroidit de nouveau ; le pouls devient petit et misérable, et les malades tombent clans le colapsus.
Nous avons vu, en exposant le traitement de la méningite, le caractère du délire, des contractures, des convulsions et du coma produit par l'opium. Ces symptômes se rapportent beaucoup à ceux de la méningite cérébro-spinale.
Nous ne reviendrons pas non plus sur les indications des trois solanées qu'on peut relire au chapitre précédent. Ayuricus muscatius est indiqué par le délire, la somnolence, mais surtout par la céphalalgie et la rachialgie s'irradiant clans les membres et par le ralentissement du pouls.
Nux vomica est indiqué par les symptômes de contracture générale avec secousses tétaniques ; par la rachialgie qui ^exaspère au moindre mouvement ; le délire,, la somnolence et la |ni|)illr; resserrée.
Traitement de la forme atavique. — Dans la première période, môme traitementque pour la forme commune. Dans cette forme
20 MALADIES ET AFFECTIONS DE l' ENCEPHALE.
lente et prolongée, stramoniurn est indiqué surtout par la contracture, par les tremblements de la langue et des membres; par la suppression des évacuations et le ballonnement ; par la paralysie du pharynx.
Phosphorus est indiqué par l'ensemble des symptômes qui constituent l'apparence typhoïde : stupeur, langue et dents fuligineuses, fièvre continue, diarrhée, hémorrhagies, etc. Phosphorus possède encore un symptôme qui se rapporte au début de la maladie : rachialgie avec douleurs fulgurantes dans les membres. ■
Arsenicum dont la spécialité pour les affections delà moelle épinière est marquée par la rachialgie avec propagation des douleurs dans les membres inférieurs, douleurs fulgurantes dans les membres, est indiqué par les symptômes généraux énumérés déjà bien des fois et qu'on retrouvera à l'histoire de la
lièvre typhoïde.
Opium et stramonium sont indiqués clans le traitement de la forme foudroyante ; le rétrécissement ou la dilatation des pupilles fixent le choix du médicament.
Gelseminum. Céphalalgie pesante et vertiges. Désordre trèsmarqué de la faculté d'accommodation. Diplopie et strabisme. Difficulté de parler et d'écrire, perte de la mémoire des mots. Il a été recommandé et employé avec succès en Amérique dans la méningite cérébrale épidémique.
R. Hughes prétend qu atrophia s'est acquis une grande réputation "clans le traitement de la méningite cérébro-spinale épidémique.
Il résulte d'un mémoire sur la méningite purulente epidemique(Paris 1852), du Dr Béchet, que l'ipécacuanha est véritablement spécifique pendant la période d'invasion.
Veratrumviride. Il paraît précieux dans la méningite cérébro-spinale d'après R. Hughes.