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ENCÉPHALITE

Maladie .caractérisée anatomiquemenl par l'inflammation d'une portion circonscrite de la pulpe cérébrale. Nous n'entendons décrire, sous le nom d'encéphalite essentielle, ni la périençpphalite diffuse symptomatique de la paralysie générale; m les inflammations qui se développent autour des tumeurs cérébrales ou des foyers apoplectiques, ni même les noyaux d'encéphalite qui surviennent comme symptômes dans le cours de la fièvre typhoïde, de la dia thèse purulente et des fièvres éruptives.

Longtemps confondue avec la méningile et l'hémorrhagie cérébrale, l'encéphalite n'est pas suffisamment distinguée du ramollissement par oblitération artérielle, et nous prévenons que la description qui suit pourra être modifiée par les progrès ultérieurs de l'anatomie pathologique du cerveau.

Les observations nombreuses d'encéphalite que nous avons analysées peuvent se diviser en cinq formes distinctes : forme commune, forme apoplectique, forme hémiplégique, forme délirante, Rappelons qu'ici, comme pour l'hémorrhagie cérébrale, 'la variété du siège explique en partie la variélé des symptômes.

f. Forme commune. - Elle présente trois périodes, dont la succession est importante à considérer pour la distinction de I encéphalite et de l'hémorrhagie cérébrale.

Le début s'annonce par de la céphalalgie, de l'excitation cérébrale, de l'insomnie, des accès de tremblements convulsifs quelquefois de la névralgie faciale.

Période apoplectique. - Elle s'annonce par des vertiges de la somnolence qui dégénère rapidement, mais non subitemênl en une perte complète de la connaissance, avec hémiplégie et contracture, respiration sterloreuse ; pouls accéléré, à 80 el 100 Nsatrons, fort et grand. On a observé des cas dans lesquels fP^setml ;'» 72, 70 les premiers jours, fa température e

toujours élevée, 39°, 40", 41", 42°. Elle est souvent plus forte le soir que le matin et présente une sorte d'intermittence. Ces symptômes sont toujours accompagnés de vomissements.

2° période. — Caractérisée par le retour plus ou moins complet de la connaissance. Les malades accusent une douleur fixe en un point du crâne, douleur qui s'irradie dans les membres alternance de paralysie et de contracture ; dilatation des pupilles, quelquefois cécité ; délire habituellement tranquille, quelquefois agité ; pouls fréquent, mais petit ; quelquefois accès fébriles intermittents.

3° période ou de collapsus. — Le coma revient ; stertor, résolution des membres, paralysie du pharynx et de la vessie, asphyxie progressive, et mort. On a noté de l'érythème et des bulles sur les fesses, comme dans Fhémorrhagie cérébrale, c'est le signe pronostic d'un mort prochaine.

II. Forme apoplectique. — Perte rapide, mais progressive, delà connaissance et du mouvement, résolution des membres, mort rapide. Le pouls est fort et fréquent ou il le devient rapidement. La température est très-élevée (40° et 41°); il n'y a jamais de syncope comme dans l'hémorrhagie cérébrale abondante. Si la protubérance est le siège de la lésion, le pouls est ralenti et irrégulier.

III. Forme hémiplégique. — Elle est mieux connue que les autres ; elle débute par un vertige plus ou moins fort avec une hémiplégie qui, après des alternatives de mieux et de plus mal, finit par devenir complète. Cette hémiplégie est mélangée de contractures et s'accompagne quelquefois d'une augmentation excessive de la sensibilité. Il existe un mouvement fébrile marqué. La contracture et l'accélération du pouls peuvenl faire absolument défaut.

Si cette forme doit se terminer parla guérisorf, la paralysie diminue très-lentement ; rarement elle disparaît tout à fait ; si au contraire la mort est la terminaison delà maladie, le coma

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s'établit plus ou moins rapidement, s'accompagne de convulsions, et est suivi de résolution et d'asphyxie.

IV. Forme convulsive. — Presque exclusive à l'enfance et presque impossible à distinguer de la méningite cérébrale, elle est caractérisée par des attaques d'éclampsie avec perte complète de la connaissance. L'hémiplégie alterne avec la contracture et coïncide avec des convulsions éclamptiques du côté opposé. Il y a un mouvement fébrile continu. Les malades tombent rapidement dans le collapsus et meurent asphyxiés.

V. Forme délirante, ataxique de Durand-Fardel. — Elle siège dans les circonvolutions. GeLte forme est caractérisée par l'agitation, le trouble des idées, puis le délire avec fièvre. A cet état succèdent plus ou moins vite , des contractures ou des accès convulsifs ; la paralysie manque habituellement. A la suite des accès convulsifs surviennent le coma, l'asphyxie et la mort.

L'encéphalite de forme commune parcourt ses périodes en un à trois septénaires ; les formes foudroyante, convulsive et délirante peuvent se terminer par la mort en vingt-quatre ou quarante-huit heures; la forme hémiplégique est beaucoup plus longue, surtout quand elle se termine par la guérison. Cette terminaison a été constatée par des autopsies qui ont fait connaître le mode de résolution et de cicatrisation des foyer d'encéphalite.

Anatomie pathologique. — La lésion de l'encéphaliLe présente quatre périodes pour son évolution complète.

Dans la première période on trouve des noyaux variables de la grosseur d'une noisette à celle d'un œuf. La substance cérébrale est tuméfiée, dure, friable, rouge, plus ou moins hortensia; elle présente souvenlde petites ecchymoses d'inégale grandeur.

A un degré plus avancé, la substance cérébrale est ramollie, d'un jaune pale ou verdâtre, présentant de larges ecchymoses N '1" petites collections purulentes; plus tard enfin, on trouve

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un abcès complètement enkysté; il y a quelquefois plusieurs abcès. [Mouvement médical, 10e année, n° 8, p. 18). Si le malade guérit, on trouve une véritable cicatrice déprimée et dure; quelquefois la cicatrice est incomplète, la partie liquide du pus est absorbée, et l'abcès est transformé en une sorte de dépôl calcaire. D'autres fois enfin, on trouve dans les mailles d'un tissu cellulaire nouveau un liquide analogue à du lait de chaux.- Le microscope permet de reconnaître dans la lésion de l'encéphalite la déchirure des capillaires, l'épanchement des globules sanguins, la destruction et la transformation des éléments nerveux en graisse, et la formation du pus. Il est hors dedoule pour nous qu'on a confondu bon nombre de ramollissements par oblitération artérielle avec des ramollissements inflammatoires, etjque cette erreur rend bien incertaine l'histoire del'encéphalitc.

Étiologie. — L'encéphalite est héréditaire; elle frappe les hommes dans une plus grande proportion que les femmes ; elle sévit surtout dans la vieillesse; cependantRilliet et Barthez signalent cette maladie dans l'enfance.

Les observations particulières n'offrent aucun renseignemen sur les causes occasionnelles de l'encéphalite. Un côté encore à peu près complètement inexploré de la question étioiogique consisterait à étudier les rapports de l'encéphalite avec la goutte, les hémorrhoïdes et les affections du cœur.

Traitement. — Cette maladie est encore trop souvent confondue avec la méningite, les hémorrhagies et les ramollissements pour que son traitement soit facile. Indépendamment des solanéès, de Yopium et de Yarnica dont on trouvera les indications différentielles aux articles Méningite et Hémorrhagie cérébrale, nous indiquerons deux autres médicaments: nux vomica ellachesis. Niu vomica est indiquée par les symptômes suivants: accès de fourmillement dans les pieds et dans les mains, nausées, vomissements, anxiété, embarras et stupeur dans la tète, avec chaleur delà face et bourdonnements d'oreille, convulsions toniques, paralysie, assoupissement avec ronflement. L'administration de la noix vomique à haute dose

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