PHTHISIE PULMONAIRE. — TRAITEMENT
30 ans, ol surtout de 15 à 20. Elle devient aussi un peu plus fréquente pendant la ménopause.
Traitement. — Si l'on en croyait les médecins d'Eaux minérales et les inventeurs de spécifiques pour le traitement de la phthisie, aucune maladie ne serai! plus susceptible de guérison; si, au contraire, on interroge les médecins, tous seront unanimes à signaler les difficultés extrêmes, les déceptions, et les résultats négatifs de la thérapeutique dans le traitement de la phthisie pulmonaire ; il importe extrêmement ici d'éviter les illusions qui mènent au découragement et le seplicisme qui conduit à l'inaction. La thérapeutique n'est ni inutile ni toutepuissante dans le traitement de la phthisie pulmonaire : elle est efficace pour combattre un grand nombre d'accidents ; fréquemment elle parvient à enrayer pour longtemps la phthisie de forme chronique; quelquefois elle suspend la marche de la forme commune; enfin elle procure, trop rarement, il .ol vrai, des guérisons durables et inespérées.
Prophylaxie. — Habitation dans les pays chauds et spécialement en Afrique ; habitation sur les montagnes ; dans les pays de fièvre intermittente; usage habituel de lotions froides; exercice en plein air et gymnastique ; éviter avec le plus grand soin toutes les causes de rhume, de pleurésie, de pneumonie ; respecter les affections scrofuleuses externes, en particulierceltes qui siègent à la peau : telle est la prophylaxie généralement conseillée. La nourriture fortement animalisée, conseillée par , certains médecins, ne nous a pas paru efficace ; et si nous en ' croyons les études que nous avons commencées sur ce point d'étiologie, la nourriture animale serait plutôt une cause du développement des affections scrofuleuses et principalement de la phthisie.
Nous ne croyons point à l'existence de inédicamenls spéciliques pour la phthisie. Drosem, arsenicum, snîfur, iodtum, répondent, il esl vrai, à un grand nombre de symptômes dans La phthisie, mais ils ne doivent pas être donnés exclusivement dans tous les cas; et nous blâmons la pratique des médecins
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qui soumettent tous leurs phthisiques à l'usage de l'un de ces médicaments; à moins toutefois que ce ne soit à litre d'expérimentation; car l'expérimentation esllégilimedans une maladie aussi désespérée.
Nous voudrions pouvoir présenter le traitement de la ph thisie dans chaque forme el dans chaque période de ces formes; mais ce traitement n'existe pas; nous serons donc forcé de prendre une autre méthode. Nous nous efforcerons de préciser les indications de tous les médicaments qui ont été employés dans la phthisie. Ces médicaments sont extrêmement nombreux ; néanmoins nous lâcherons de n'en oublier aucun. • Sulfur est un des médicaments les plus employés dans le Iraitement de la phthisie. La palhogénésie comme la clinique justifient celle prééminence. Un grand nombre de médecins le prescrivent à toutes les périodes el dans toutes les formes de la phthisie. Il est surtout indiqué par une petite loux sèche, avec quelques petits crachements de sang; on, au contraire, par une loux grasse, avec fétidité, goùl salé ou douceâtre des crachats ; l'existence d'affections cutanées ou d'un enrouement persistant précise encore son emploi. Il convient de le donner à des dilutions très-élevées ; d'éloigner beaucoup les doses et de ne pas le continuer longtemps. J'administre habituellement la 30°, et la 200° dilution, une cuillerée une ou deux fois par jour pendant quatre jours, repos quatre ou huit jours cl recommencer. Si le malade supporte bien le médicament, on peut augmenter les doses. U y a des exemples incontestables d'arrêt Irès-prolongé de la maladie dû à ce médicament. « Iodium vient presque sur le même rang. que sulfur \ il s'emploie de la même manière. Tessier avait coutume de l'alterner avec sulfur. La loux de iodium est quinteuse comme celle de la coqueluche ; elle est précédée d'angoisses, excitée par un chatouillement dans la poil l ine ; elle a lieu principalement le malin. L'existence de glandes engorgées est un bon signe pour l'emploi de iodium.
. Phosphoms est un remède fréquemment indiqué; son indication principale est l'inflammation du larynx el de la trachée qui se traduit par la douleur déchirante, brûlante, de ces par-
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ties, en toussant et même en respirant; il répond aussi à l'inflammation du tissu pulmonaire autour des tubercules. . Silicea est un remède capital clans toutes les affections scrofuleuses ; il est indiqué dans la phthisie par la toux grasse, excitée par un chatouillement dans la fossette du cou ; par une expectoration purulente abondante ; il répond à un degré avancé de la phthisie. La diarrhée ne contrindique pas son emploi.
Caicarea carbonica ne m'a jamais rien donné. Néanmoins beaucoup de médecins lui attribuent des guérisons ou au moins des suspensions très-prolongées clans la marche des symptômes. Son indication principale est : toux grasse avec expectoration de crachats purulents et fétides; enrouement prolongé. « Hepar sulfuris est indiqué par une toux quinteuse avec efforts de vomissements et vomissements; douleur d'excoriation dans le larynx même par la respiration; toux provoquée par la gêne
de la respiration; enrouement prolongé. Hepar sulfuris est un bon médicament.
* Siannum. Médicament précieux dans une période déjà avancée : il est indiqué par une toux très -grasse, excitée par un chatouillement dans la poitrine, accompagné d'efforts de vomissements, même des vomissements alimentaires. Toux provoquée par la parole, par le rire, par le décubitus sur un côté. Expectoration très-facile de cracha !s verdâtres, épais.
> Drosera a beaucoup d'analogie avec stannum. Il s'en dislingue parce que l'expectoration est beaucoup plus difficile et que la toux est excitée par un chatouillement dans le larynx. Ce médicament modifie toujours la toux des phthisiques, il fait disparaître le chatouillement et les vomissements alimentaires : dans certains cas, il a évidemment suspendu la marchedela phthisie. Le V>< Curie considère drosera comme le médicament principal dans la phthisie: il lc donne à dose massive, et prescrit jusqu'à 2 et 3 grammes d'extrait par jour. Mon expérience personnelle n'a pas, jusqu'à présent, confirmé les opinions duD'Curie.
- Arsenicum est un médicament puissant dans les cachexies avec suppuration ; il devait donc trouver son indication dans la phthisie. Les allopathes prétendent avoir obtenu de bons ré-
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sultats avec l'arsenic poussé jusqu'à la dose de 5 milligrammes à 1 centigramme par jour. J'ai obtenu une modification favorable dans la marche de la phlhisie avec des doses bien moindres (3°, 2° et lre triturations centésimales), et j'ai été souvent forcé d'interrompre le médicament, quand j'ai poussé la dose jusqu'à 5, 6 et 7 milligrammes par jour. Ajoutons qu'il y a des observations dans lesquelles on a noté les bons effets de l'arsenic à la 30e dilution. Pour obtenir quelque chose de l'arsenic, il faut le continuer longtemps, au moins plusieurs semaines, et quelquefois plusieurs mois; quoique l'observation n'ait pas encore prononcé d'une manière définitive dans cette question de l'arsenic, il est très-certain que ce médicament n'est point un spécifique et qu'il ne doit pas être administré dans tous les cas ; un mouvement fébrile intermittent, des aggravations nocturnes, une diarrhée concomitante, sont les principaux symptômes qui doivent déterminer le médecin à employer l'arsenic.
Lycopodium, sal crolùci, china, sepia, phellandrium aquaticum, ont encore été préconisés par un certain nombre de médecins et pourront trouver leur emploi pour remplir quelques indications particulières. Le sulfate de quinine rend quelques services contre la fièvre hectique lorsqu'elle présente un type intermittent bien prononcé; il doit ôlre administré à haute close.
Il nous resterait maintenant à donner le traitement des acci- ' dents qui peuvent survenir dans le cours de la phthisie : mais, pour éviter des répétitions qui allongeraient inutilement cet article, nous renvoyons au traitement de la bronchite, de la pneumonie, de la pleurésie, de Yhydrothorax, de Vhémoptysie, de la phlébite, de Yanasarque, du muguet.
Les eaux minérales jouent un rôle considérable clans le traitement de la phthisie. Allevard, 'Bonnes, Ems, le Mont-Don ou la Bourboule sont les principales. Ces eaux agissent homœopathiquement et peuvent amener des aggravations considérables ; aussi doivent-elles être prescrites avec une extrême prudence
Les Eaux- Bonnes sont certainement celles qui sont prescrites