PHTHISIE PULMONAIRE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
îles cas exceptionnels les malades périssent suffoqués, dans les trois ou quatre premiers jours de la maladie ces cas constituent une variété dyspnéique.
A Vautopsie on rencontre une multitude de tubercules' miliaires, encore transparents pour la plupart, disséminés dans toute l'étendue du poumon ; un engouement pulmonaire plus ou moins intense accompagne cette lésion.
Le plus souvent on rencontre les mêmes granulations sur les plèvres, le péritoine, sur la pie-mère, la muqueuse intestinale, clans le foie, la rate et les reins.
Anatomie pathologique. — Le développement que nous avons été obligé de donner à la description de la maladie et à son traitement nous forcent d'être court sur ce chapitre.
Le tubercule est un produit morbide sans analogue. Ce produit morbide est de tous le moins organisé, aussi il conclut presque fatalement au ramollissement, c'est-à-dire à la mort. Le tubercule se développe avec ou sans inflammation; dans le premier cas, c'est le tissu cellulaire, la trame même du poumon qui se transforme en tubercule; dans le second cas, c'est l'exsudat inflammatoire.
Le tubercule est un tissu privé de vaisseau, il débute par une granulation grise, demi-transparente ; puis, à mesure qu'il grossit, son centre devient opaque, bientôt il se transforme en tubercule cru; alors il est jaunâtre, caséeux, analogue à du mastic de vitrier. Arrivé à ce point, les parties liquides peuvent être résorbées et le tubercule se guérir en passant à l'état crétacé; mais le plus souvent il se ramollit et produit le pus tuberculeux.
Lorsque des masses tuberculeuses se sont ainsi ramollies, le sommet du poumon se trouve creusé de cavités qui corresponde^ avec de grosses bronches et constituent les cavernes tuberculeuses. Ces cavités sont tapissées d'un mérhbrane pyogénique et entourées d'un tissu pulmonaire qui est souvent le sién-e i l'une inflammation chronique.
Cette inflammation se propage à la plèvre el détermine la r"nn;ili I(' fausses membranes qui sont la source .les craquements qu'on entend si souvenl au somme! de la poitrine chez les phthïsîques.
Le tubercule peut être enkysté (m infiltré ; dans ce dernier cas il esL toujours le résultat de la transformation d'un exsudai, inflammatoire. Les Allemands ont donné à cette variété du tubercule le nom de pneumonie caséeuse ; et par cette dénomination barbare, ils ont failli compromettre l'histoire de la phthisic pulmonaire. On rencontre le tubercule infiltré principalement clans la phthisie de forme commune, à marche rapide. Ici la pleurésie développée par la propagation de l' inflammation, au lieu de produire des fausses membranes et des adhérences, se termine souvent par épanchement. Cette disposition expliqué la possibilité de l'ouverture des cavernes dans la cavité pleurale, et le mécanisme de la production de Y hydropneumoihorax .
Dans la phthisie de forme maligne (phthisie galopanlc), la lésion est une production Irès-ahondante de granulations miliaires dans foule l'étendue du poumon et sur la plupart des membranes séreuses.
Des auteurs ont prétendu que cette lésion n'était pas de même nature que le tubercule; quelques-uns trouvent jusqu'à trois espèces de produits morbides clans la lésion de, la phthisie granuleuse (Robin). Nous ne pouvons entrer ici dans la discussions de toutes ces opinions fondées sur l'examen microscopique exclusif, et qui conclurait à détruire l'unité de la phthisie. Seulement, pour montrer aux yeux de tout lecteur impartial la vanité et les illusions de cette école, nous ferons remarquer que si elle trouve des différences radicales là où il n'y a que des variétés et des degrés dans révolution d'un même produit morbide, elle enseigne que les caractères hislologiques du tubercule sont' identiques à ceux des tumeurs morveuses! On le voit, l'école du microscope nous donne pour le tubercule le même spectacle que pour le cancer; on se rappelle qu'après avoir essayé de détruire l'espèce cancer, elle est arrivé à confondre cette lésion avec celle des verrues et des cors aux pieds.
Étiologie - La phthisic est manifestement héréditaire, comme toutes les affections scrofuleuses-; il est fréquenl d'observer dos familles dans lesquelles fous les enfants meurenl successiveiuent de phthisie pulmonaire-; dans d'autres famillès^
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la phthisie alterne avec des affections scrol'uleuscs diverses ; enfin, dans un bon nombre de cas, la phthisie apparaît isolément; et il faut bien tenir compte de ce fait pour rassurer les parents alarmés par la perte d'un de leurs enfants. Gomme touLes les maladies héréditaires, la phthisie saute souvent une génération ou suit la ligne collatérale ; et il faut aller chercher chez un grand-père ou chez un oncle la filiation étiologique; enfin, pour tenir compte de fous les cas, nous devons encore signaler ce qu'on a appelé Yhèrédité en retour. C'est celle dans laquelle les parents ne deviennent poitrinaires que longtemps après que leurs enfants ont succombé à la même maladie. Nous avons déjà signalé dans les mômes familles l'alternance d'affections scrofuleuscs et la phthisie, nous n'y reviendrons pas.
La phthisie pulmonaire semble être contagieuse du mari à la femme quand il y a eu fécondation. Je possède un certain nombre de faits qui m'autorisent à soutenir celte opinion. En dehors de ces conditions la phthisie n'est pas contagieuse.
Les expériences ont démontré que le tubercule était inoculable chez les animaux. Laënnec, qui est mort phfhisique, s'était inoculé de la matière tuberculeuse bien des années auparavant.
Mais quand bien môme les expériences auraient démontré que la phthisie est. une maladie inoculable, il ne faudrait pas en conclure qu'elle est contagieuse, contagion et inoculation Sont deux chose distinctes, exemple la syphilis.
Les climats ont une innuence considérable sur le développement de la phthisie. Cette maladie disparaît dans l'extrême Nord, en Islande et en Laponie par exemple ; elle est extrêmemenl rare sur le continent africain et en particulier dans cette partie qui est située dans la zone torride. La température nest pas la cause de cette immunité, puisque la phthisie est trèslïéquenteau Brésil et dans les îles de l'Océanie. Les très-hautes montagnes présentent une immunité comparable à celle des pays froids.
Le régime, la manière de vivre ont une grande influence sur le développementde la phthisie. Le séjour dans les grandes villes, les excès vénériens, l'habitation dans des appartements
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t obscurs, humides, exposés au nord, les grandes aggloméralions, comme les casernes et les lycées, un travail excessif, sont des causes puissantes de développement clc la phthisie.
La nourriture n'a pas l'influence qu'on lui accorde généralement; et s'il est un fait incontestable, c'est que ce sont les
, populations qui consomment le plus de viande «pu produisent le plus de phthisiques : les habitants de Londres, de Bruxelles cl de Paris par exemple. Et si l'on objecte que les habitants des grandes villes deviennent phthisiques à cause des autres conditions antihygiéniques qu'ils y trouvent, je répondrai êh comparant la mortalité par la phthisie dans les régiments, dans les séminaires et dans les couvents qui ont pour règle l'abstinence perpétuelle. Or les soldats et les séminaristes, les premiers surtout, fournissent un nombre considérable de phthisies, tandis que cette maladie est presque inconnue Chez; lès
' religieux qui s'abstiennent de viande.
Les Espagnols, les Portugais, les Brésiliens, qui, malgré d'excellentes conditions climatologiques, fournissent un grand nombre de scrofuleux et de phthisiques, consomment beaucoup de viande. En résumé, il est démontré que l'abondance de la
. viande ne préserve pas de la phthisie, et j'incline à croire au contraire qu'elle y prédispose considérablement.
La phthisie se développe en toute saison ; elle éclate ordinairement à propos d'une autre maladie de poitrine : la grippe, la bronchite de la rougeole, la pleurésie, sont des occasions très fréquentes du développement de la phthisie; l'accouchement cl l'allaitement sont deux circonstances étiologiques très-puissantes.
. L'âge a une influence marquée sur la forme delà phthsie. I
phthisies à marche rapide se développent presque toutes à l'âge de la puberté.
La phthisie est surtout fréquente de 21 à 35 ans; elle est très-rare de la naissance à 15 ans pour les hommes, el à 12 ans pour les femmes ; elle diminue beaucoup après 50 ans el disparaît presqu'absolument à partir de 70 ans. Chez les Iules, la phthisie est plus forte que chez les garçons jusqu a 1 âge ue