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AFFECTIONS DES VALVULES DE L'AORTE

Anatomie pathologique. — Il y a insuffisance des valvules sigmoïdes toutes les fois que ces valvules ne peuvent plus fermer complètement l'orifice aortique pendant la diastole du cœur; que ce défaut d'occlusion tienne à la simple rigidité des valvules, à leur déformation, à des adhérences, à des perforations, ou même à une destruction partielle. L'insuffisance a donc pour résultat immédiat le retour dans le ventricule relâché, d'une quantité plus ou moins considérable du sang.chassée dans l'aorte pendant la systole. Ce désordre de la circulation amène bientôt une distension du ventricule gauche, par accumulation du sang; et comme en même temps ce désordre nécessite de la part du ventricule des efforts continus et considérables, Vhypertrophie excentrique du ventricule gauche est toujours une suite de l'affection des valvules de l'aorte lorsque 1 insuffisance prédomine ; et elle atteint ici un degré plus élevé que dans toute autre maladie. On a donné à cette lésion le nom fort juste d'hypertrophie compensatrice, puisqu'elle permet

(4) Cette loi d'anatomie pathologique a été découverte huit ans après la publication de la première édition de ce livre, en 1876, par un professeur de clinique de Marseille.

au cœur de remplir presque régulièrement toutes ses fonctions, malgré la lésion des orifices.

Les mêmes lésions des valvules produisent un rétrécissement plus ou moins prononcé, et qui va quelquefois jusqu'à réduire le diamètre aortique au calibre d'une plume d'oie. Quand les déformations, les èpaississements et les adhérences des valvules ne produisent pas un rétrécissement apparent, la perte d'élasticité de la zone fibreuse qui entoure les orifices du cœur produit un rétrécissement réel, par défaut d'extensibilité. Lorsque le rétrécissement prédomine sur l'insuffisance, le sang ne reflue pas d'une manière notable dans le ventricule gauche; aussi dans ce cas on n'observe qu'une hypertrophie simple, développée par les efforts continus que le ventricule est obligé de faire pour chasser le sang à travers l'orifice rétréci.

L'affection des valvules aortiques est de toutes les affections organiques du cœur celle qui présente le moins de gravité ; elle est compatible pendant longtemps avec un état de santé relatif. Cette absence de symptômes graves avec des lésions considérables tient au développement de l'hypertrophie du ventricule gauche, hypertrophie qui, pendant longtemps, lutte avec avantage contre les obstacles à la circulation, créés par la lésion del'.orifice aortique. Dans cette première période, les symptômes principaux sont des palpitations et surtout des battements de cœur excessivement énergiques qui ébranlent tout le thorax ; un très-léger degré de dyspnée. Quand l'insuffisance prédomine, les malades présentent, en outre, une coloration vive de la face, des vertiges et une tendance aux hemorrhagies nasales et cérébrales. Quand, au contraire le rétrécissement est considérable, on voit surgir les signes de 1 anémie cérébrale: pâleur delà face, frilosité, tendance aux syncopes, quand le malade quitte la position couchée.

Les malades atteints d'insuffisance aortique affectionnent le décubitus horizontal, au contraire de ceux atteints de lésion de l'orifice mitral qui sont constamment assis dans 1 rit cela tient a ce que la position horizontale *^ ^ fisance, contre le reflux du sang dans le ventricule gauche ,

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