ANGINE DE POITRINE
L'angine de poitrine est presque constamment un syndrome lié à l'existence d'une aortite chronique, ainsi que l'a démontré Peter. L'inflammation des tuniques artérielles se propage aux nerfs du plexus cardiaque qui sont en rapport médiat avec l'aorte à son origine; et produit, tantôt les douleurs qui s'irradient si diversement quand elle atteint les nerfs rachidiens, tantôt la lipothymie et la syncope quand elle se propage aux rameaux du grand sympathique; elle produit et les douleurs et les syncopes quand les deux ordres de nerfs sont lésés.
L'angine de poitrine se développe cependant quelquefois en dehors de toute lésion du coeur et de l'aorte. C'est alors une névralgie de nature hystérique ou hypochondriaque. L'abus du café et surtout du tabac a une grande puissance sur le développement de cette forme complètement nerveuse surtout chez les hémorrhoïdaires et les goutteux.
I. Forme commune. — Le début de l'angine de poitrine est subit; tout à coup au milieu de la santé le malade est saisi d'une douleur atroce, siégeant habituellement le long du bord gauche du sternum; cette douleur suspend pour ainsi dire l'existence; et il semble au malade, que si elle se prolongeait, la vie s'éteindrait : le malade s'arrôte, s'appuie sur les objets qui sont à sa portée ou se serre la poitrine; il n'ose faire ni un mouvement, ni une -respiration ; il attend anxieux la fin de l'accès. Sa figure est pâle et crispée; le pouls tanlôt normal, tantôt petit, intermittent ; la peau est froide, et dans un degré plus élevé, l'accès amène une syncope plus ou moins profonde. Au bout de quelques secondes pour les premiers accès, après un temps bien plus long quand la maladie est ancienne, la douleur cesse brusquement, le malade a quelques renvois, des urines abondantes et limpides, et il revient à «me santé 'complète en apparence. Reniement, il conserve le souvenir de cet
accès terrible et La crainte de son retour; il se sent frappé à mort.
Nous avons indiqué le siège de la douleur; habituellement elle se propage dans l'épaule et dans le bras du côté gauche jusqu'au bout des doigts, quelquefois encore assez intense, d'autres fois sous forme d'un simple engourdissement. Dans des cas plus rares, la douleur prend une autre direction : elle peut occuper le bras droit ; s'étendre d'un mamelon à l'autre; traverser la poitrine d'avant en arrière, comme une épée; remonter à la région antérieure du cœur et le long des mâchoires par les branches du plexus cervical superficiel ; gagner l'épigastre, le nerf iléo-scrotal. La douleur n'augmente ni parle mouvement des parties qui en sont le siège, ni par la pression. La respiration n'est nullement troublée pendant l'accès; mais quelquefois les mouvements du cœur sont faibles, irrégullèrs, suspendus.
La maladie peut se borner à un seul accès, soit qu'il ne s'en présenté pas d'autres, soit que la mort arrive pendant sa durée ; mais habituellement la maiadie dure plusieurs années, de trois à li ait ans : les accès se rapprochent et deviennent plus longs : se manifestent même au lit et dans le repos le plus complet. Pendant cette longue durée la maladie présente des alternatives de mieux et «le plus mal.
II. Forme nocturne. - Au lieu de se manifester par des accès survenus le jour, pendant la marche, pendant un effort, la forme nocturne se manifeste presque toujours la nuit. Le malade réveillé tout à coup par l'accès de douleur angoissante qui caractérise cette maladie se jette brusquement au bas de son IH ; el là, debout, penché en avant les bras pendant le long du corps, il attend anxieux, pendant un temps quelquefois fort long, la fin de la crise. D'autres malades se mettent à genoux sur leur lit, se tiennent fortement renversés en arrière, les bras relevés sur la
tête.
III Forme ««mu. -Un certain nombre d.. malades » fe, de présenter les grands accès types de l'ange de