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CHAPITRE III

NÉPHRITES

Nous ne décrivons ici que la néphrite aiguë ; les inflammations chroniques des reins ayant été traitées à propos de la maladie de Brignt (néphrite parenchymateuse), et de la sclérose des reins (néphrite interstitielle).

La néphrite aiguë est presque toujours une complication de la gravelle; en dehors de cette circonstance l'inflammation du tissu rénal est extrêmement rare. Cependant elle s'observe par propagation de l'inflammation dans la py élite, et dans la périnéphrite. La cystite blennorhagique peut aussi se propager jusqu'au rein et déterminer une néphrite très-dangereuse. La néphrite est un symptôme commun à plusieurs empoisonnements, il est surtout marqué dans l'empoisonnement par les cantharides. La néphrite peut encore se développer à la suite du cathétérisme. On rencontre encore des abcès métastatiques du rein dans la diathèse purulente. L'existence d'une néphrite essentielle n'est pas encore démontrée.

La maladie débute par un frisson avec une douleur dans la région rénale et des vomissements bilieux. La douleur est continue; elle ne revient pas sous forme de colique comme dans la gravelle; elle reste limitée à la région rénale ; les urines sont souvent sanguinolentes. Dans quelques cas la maladie poursuit sa marche rapidement; le mouvement fébrile s'accroît; les urines diminuent de plus en plus; les malades tombent dans la stupeur et le délire; et ces symptômes attribués à la rétention de l'urine peuvent se terminer rapidement par la mort. D'autres fois, après une rémission incomplète, le mouvement fébrile reparaît avec des frissons eL des sueurs; une fièvre de suppuration s'établit, et la terminaison varie suivant le mode d'évacuation que suivra l'abcès du rein. Cet abcès peut s'ouvrir dans le bassinet, dans l'intestin, dans le péritoine, dans le poumon, dans la plèvre; il peut se faire jour à l'extérieur par suite d'une périnéphri te consécutive. On voit

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que le malade peu être tué par les accidents qui accompagnent l'évacuation du pus, succomber lentement à la phthisie rénale, ou au contraire guérir quand l'abcès a été complètement vidé.

La néphrite n'a pas toujours une allure aussi grave, elle peut se terminer par résolution après quelques jours de durée, et c'est ce qui arrive le plus fréquemment.

Traitement. — On a confondu, dans la thérapeutique homœopathique, le traitement de la néphrite, de la périnèpkrite et de la colique néphrétique ; il est vrai que ces affections correspondent presque toujours à une lésion unique, la gravelle, et que l'inconvénient est moins grave qu'il ne paraît d'abord.

Cantharis est le médicament principal, il détermine une inflammation aiguë du rein, de la vessie et de l'urèthre. Les symptômes qui l'indiquent sont : douleur sécante et brûlante dans les reins et dans la vessie; ténesme, strangurie urines ; sanguinolentes et purulentes. Cantharis doit être prescrit aux basses dilutions de la 3a à la 6e. Terebenthina et copahiva correspondent encore à l'inflammation du rein et à des urines sanglantes.

Belladona convient à la douleur dans les reins se propageant dans l'urèthre, au ténesme; mais non aux urines sanguinolentes.

Cannabis convient plutôt à la cystite et à l'uréthrite; il correspond aux urines sanguinolentes et puriformes. Camphora convient principalement à la néphrite produite par les cantharidesles symptômes de ces deux médicaments sont très-analogues.'

Au début de la maladie, quand le mouvement fébrile est violent avec gros frissons, aconitum 3° trituration est le médicament principal. Si le mouvement fébrile est intermittent, il ne faut pas hésiter à prescrire le sulfate de quinine à la dosé d'un gramme après l'accès.

Dans les affections aiguës du rein, il faut éviter le vin et les epices, et donner des boissons abondantes et mucilagineuses ■ l'orgeat, la graine de lin sont les plus généralement prescrites'

392 MALADIES DES ORGANES GENITO URINA1RF.S.

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