CHAPITRE IV
PYÉLITE
Cette affection est caractérisée par l'inflammation du bassinet; elle est le plus souvent symptomatique d'une affection calculeuse; elle peut se développer sous l'influence de la blennorrhagie; elle existe quelquefois, sans aucun calcul, comme affection symptomatique de la goutte et des hémorrhoïdes. Enfin, on l'observe comme une complication tout à fait latente dans le cours des fièvres.
La pyélile calculeuse débute souvent par un état aigu : mouvement fébrile avec frissons; vomissements bilieux; douleur vive ayant pour caractère distinctif de se prolonger à la vessie, dans les testicules, à la racine des cuisses. Les urines contiennent une quantité notable de pus et de sang, il existe un ténesme vésical constant. Arrivée à ce degré, la pyélitepeut se terminer par la guérison complète; mais, s'il y a de petits calculs emprisonnés dans le bassinet, la maladie passe à l'état chronique; les urines contiennent alors une grande quantité de pus qui forme au fond du vase un dépôt blanc comparable à de la farine. Ce dépôt peut être coloré diversement par du sang ou par des sels. Les urines de la pyélite sont très-albumineuses. La longueur et l'abondance de la suppuration, la fièvre hectique , quelquefois des hémorrhagies . affaiblissent les malades de plus en plus ; il arrive que , sous l'influence d'une fatigue, d'un excès, l'état aigu reparaisse de temps à autre. Quand la maladie a duré longtemps, la cachexie se produit; il survient des hydropisies, des diarrhées, et les malades succombent. Il ne faut pas oublier non plus que la pyélile peut s'ulcérer et devenir l'origine d'une périnéphrite très-grave.
J'ai observé des cas clans lesquels les urines ont continué à déposer du pus pendant des années; malgré cela l'étal général s'est amélioré constamment, les malades ont beaucoup engraissé et ont fini par guérir.
La pyélite non calculeuse est beaucoup moins grave; elle se
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termine par la gaérison, même après un état chronique prolongé.
Traitement. — Beliadona, tarentula, mais surtout cantharis, sont les principaux médicaments. Cantharis, à la 3e dilution en goutte, m'a donné un fort beau succès dans le traitement d'une pyélite hémorrhoïdaire qui datait de plus d'un an. Ce médicament convient aussi dans la période aiguë avec des urines sanguinolentes et des douleurs qui simulent la colique néphrétique.
Beliadona convient davantage quand c'est l'élément douleur qui domine.
Silicea et hepar sulfurù, le premier à la 30% le second à la 6e conviennent dans l'état chronique contre la purulence des urines une semaine l'un, une semaine l'autre.
Arsenicum est indiqué contre la faiblesse, l'œdème, et l'état cachectique déterminé par la longueur de la suppuration. Je donne la 3° trituration, cinq centigrammes matin et soir pendant plusieurs semaines.