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CHAPITRE VI

LITHIASE

C'est une affection caractérisée par la formation, dans les voies urinaires, de concrétions plus ou moins volumineuses ces concrétions ont pour base un ou plusieurs des sels contenus dans l'urine normale.

Cette affection a été divisée, au point de vue chirurgical, en deux variétés : la gravelle et la pierre. La gravelle est la formation de concrétions salines dans les reins; et la pierre est la formationetla rétention clans la vessie de concrétions de même nature; ces dernières peuvent atteindre un volume considérable. Nous décrirons la pierre avec les maladies de la vessie.

La lithiase est une affection goutteuse; elle est accidentelle ou habituelle, suivant que les concrétions apparaissent de temps à autre, à périodes éloignées et irrégulières ; ou bien qu'au contraire les retours cle l'affection sont de plus en plus rapprochés et finissent par ne laisser au malade que des intervalles de repos, de plus en plus courts.

Comme toutes les affections goutteuses, la lithiase peut alterner avec d'autres affections symptomatiques de la goutte • mais la variété habituelle prend souvent une prédominance

telle, qu'elle fait taire toutes les autres manifestations de la maladie principale.

Malheureusement pour la nosographie la lithiase est tombée depuis longtemps dans le domaine de l'iatro-chimie. Cette école a réduit toute l'histoire de la gravelle et de la pierre à une question de prédominance acide ou alcaline. Nous lui devons cependant une analyse bien faite de la lésion; à ce point de vue les concrétions salines qu'on rencontre dans les voies urin aires se divisent en quatre espèces : calculs d'acide uriqne ou gravelle rouge; calculs de phosphate ammoniaco -magnésien ou gravelle blanche; calculs d'oxalate de chaux ; ces calculs qui sont quelquefois noirâtres ont reçu le nom de gravelle jaune. Enfin, on rencontre souvent des calculs mixtes, c'est-à-dire formés par plusieurs éléments. Malheureusement on n'a pas suffisamment étudié les rapports qui peuvent exister entre la composition chimique des calculs et les symptômes qu'ils produisent ; nous pouvons dire seulement que les calculs d'acide urique sont, de tous, les plus fréquents et qu'ils correspondent à la goutte de forme commune; tandis que les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien correspondent surtout à la goutte, chronique.

Gravelle accidentelle. — Il y a des malades qui ne présentent cette affection qu'une seule fois dans leur vie; d'autres ont plusieurs atteintes, mais à époque éloignée. Dans les cas les plus simples, tout se borne à l'expulsion d'un nombre plus ou moins considérable de graviers arrondis, oblongs, quelquefois aplatis. Ces graviers , qui varient de la grosseur d'un grain de millet à celle d'une lentille, sont expulsés facilement et sans douleur; quelques graviers un peu plus gros ou inégaux déchirent les uretères et l'urèthre et causent une douleur assez vive, mais très-passagère. Dans d'autres cas les concrétions encore plus fines se présentent sous forme de sable. Ce sable se distingue des dépôts d'acide urique parce qu'ils sont tous formés au moment où l'urine est rendue; tandis que les sédiments se produisent par le refroidissement des urines. Aussi commencent-ils à se former sur les bords, là ou la couche du

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liquide est moins épaisse et plus tôt refroidie; tandis que le sable gagne de suite le fond du vase.

Mais la gravelle, môme accidentelle, présente rarement ce degré de bénignité, elle s'annonce par des pesanteurs et des engourdissements de l'un des reins, une hématurie variable en quantité ; puis apparaît et se dessine l'ensemble des symptômes auquel on a donné le nom de colique néphrétique.

Colique néphrétique. — L'accès débute habituellement d'une manière subite par une douleur déchirante, siégeant soit sur l'un des reins, soit sur tous les deux; s'irradiant le long des uretères vers la vessie ; atteignant la cuisse qui éprouve surtout un sentiment d'engourdissement, et le testicule qui se rétracte vers l'anneau. La douleur atteint rapidement son sommum d'intensité, les malades sont dans un état d'angoisse et d'agitation considérables ; ils prennent les positions les plus variées ; la face est altérée; la peau couverte de sueurs froides ; le pouls filiforme; il y a toujours des nausées, souvent des-vomissements; la constipation est opiniâtre. L'accès peut durer moins d'une heure; il peut se prolonger plusieurs heures et même plusieurs jours: alors l'état des malades devient très-alarmant, quelquesuns ont du délire ou des convulsions ; enfin la douleur se calme et l'accès se termine par l'expulsion d'une urine trouble, sanguinolente, contenanl un ou plusieurs calculs ; mais, très-souvent, il n'y a que rémission et non terminaison de la colique néphrétique; et après un intervalle variable le malade est pris d'un autre accès; soit qu'il y ait plusieurs calculs à évacuer soit qu'un seul accès ne suffise pas pour l'expulsion d'un calcul unique.

Dans les cas où les caractères de la colique néphrétique sont peu accentués et où le diagnostic serait hésitant, on devrait examiner les urines avec soin et si le procédé par la potasse révélait la présence du sang, il n'y aurait plus de doute sur 1 existence d'un gravier.

J'ai vu un cas où il a fallu huit jours et un grand nombr d accès pour l'expulsion d'un seul calcul. Souvent la douleur déplace comme le calcul : son summum n'est plus en arrière

se à

la région rénale, mais en avant sur le trajet de l'uretère; la pression augmente cette douleur.

Gravelle habituelle. — Chez un certain nombre de malades les attaques de gravelle se rapprochent d'année en année ; les reins s'enflamment, des concrétions trop volumineuses pour traverser les uretères, calculs rénaux, se forment dans le bassinet; la pyélite, la néphrite, le phlegmon périrénal et ses suites viennent compliquer la gravelle et constituent un état fort grave qui, presque toujours, amène la mort des malades.

Traitement. — Traitement de la lithiase. C'est le traitement de la goutte; les eaux alcalines faibles, celles d'Evian, celles de Pffefers surtout, produisent souvent d'heureux résultats. Mais nous sommes bien loin du temps où on tentait la dissolution des calculs d'acide urique avec des eaux alcalines : les principaux spécialistes ont démontré que les eaux de Vichy ne diminuaient point la grosseur des calculs et que, dans bien des cas même, elles avaient été défavorables en favorisant le dépôt des phosphates sur les calculs d'acide urique.

Les médicaments indiqués parla thérapeutique homœopathique sont : arsenicum, lycopodium, calcarea, salsaparillaQlphosphorus. Mais cette étude est encore fort incomplète. Dans un certain nombre de cas j'ai réussi à éloigner beaucoup les accès de gravelle avec arsenicum (200e).

Traitement de la colique néphrétique. — Belladona, pareira, hepar sulfuris, cannabis, nuxvomica etpulsatilla sont les médicaments généralement indiqués. Belladona et hepar sulfuris correspondent bien à l'ensemble des symptômes.

Pareira brava est un médicament employé empiriquement aux Antilles contre les affections calculeuses, le Dr Turrel nous a fait connaître ce médicament et j'ai eu occasion de l'employer avec succès. On prescrit pendant l'attaque de colique néphrétique, Pareira brava 3° six gouttes dans 200 grammes d'eau, une cuillerée toutes les demi-heures si l'amélioration n'est pas rapide, il faut remplacer la 3° dilution par la teinturc-mere.

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