CHAPITRE V
PHLEGMON PÊRIRÉNAL
Cette maladie est caractérisée par l'inflammation du tissu cellulaire qui entoure le rein.
Elle peut se développer sous l'influence des contusions, des secousses de l'équitation, à la suite d'un effort violent, d'une marche forcée, d'un refroidissement. Il existe des observations de phlegmon pé.rirénal dans toutes ces circonstances.
L'inflammation du tissu cellulaire qui enveloppe le rein peut se développer à la suite de la pyélite et de la néphrite, et clans ce cas elle constitue un accident de la gravelle. Enfin, l'inflammation d'un organe voisin peut s'étendre à la région pénrénale. On a vu une cystite de la vésicule du fiel, terminée par l'ulcération, produire un phlegmon périrénal.
Cette maladie présente dans sa marche et clans ses sym-
394 MALADIES DESORGANES GENITO-URINAIRES. REINS.
ptômes des différences qui nécessiteraient la distinction de plusieurs formes ; mais celte étude n'est pas encore assez avancée pour nous permettre de les décrire; nous traiterons donc seulement de la forme commune de ce phlegmon en indiquant les différences principales présentées par les autres formes.
Forme commune. — La maladie débute par une douleur dans l'une des régions rénales, un mouvement fébrile rémitlent et habituellement des vomissements bilieux. La douleur est intense; elle s'aggrave par les mouvements de la voiture, par la palpation. Le mouvement fébrile s'accompagne de frissons très-notables; souvent même il revêt tout à fait le caractère d'accès intermittents avec frissons tremblants, sueurs profuses et quelquefois tous les caractères des accès pernicieux.
Tantôt la maladie suit une marche continue, et alors on ne tarde pas à constater la tumeur caractéristique ; d'autres fois, après un septénaire, il survient une rémission considérable qui dure plusieurs jours, puis la maladie reprend sa marche.
La tumeur se perçoit par la palpation. Une main étant appliquée sur la région lombaire et l'autre déprimant la paroi abdominale entre les côtes et la crête iliaque, on peut sentir la fluctuation en imprimant un mouvement brusque à l'une des deux mains. La maladie suit alors la marche de tous les abcès, c'est-à-dire qu'elle présente des' périodes d'aggravation pendant lesquelles la tumeur grossit considérablement; à ce moment les accès fébriles avec frissons el sueurs redoublent ; dans l'intervalle la fièvre ne cesse pas complètement, mais elle est plus modérée et est habituellement exempte de frissons. La tumeur grossit, efface l'échancrure costo-iliaque, fait saillir la région lombaire ; à un moment il existe un œdème notable du tissu cellulaire sous-cutané, et bientôt une rougeur érysipélateuse montre que la peau est envahie par l'inflammation. A ce moment la fluctuation est évidente.
Le phlegmon périrénal peut se terjniner par résolution. C'est pendant la première rémission que présente la maladie, à la fin du premier seplénaire, que cette terminaison a lieu. L'abcès peut se vider à l'extérieur, à la région lombaire, à la région iliaque ou même dans l'aine ; il peut s'ouvrir dans le côlon,
LITHIASE. 395
dans les bronches; très-rarement il s'ouvre dans le péritoine.
Il y a des phlegmons périrénaux qui ont une marche plus leeqtetnui présentent un mouvement fébrile très-modéré.
Traitement. — Ici il ne faut pas chercher les médicaments qui agissent sur le rein, mais les médicaments du phlegmon : aconitum au début, puis bryonic, mercurius, hepar sulfuris, et enfin silicea. J'ai obtenu de très-bons effets du sulfate de quinine à haute dose, quand il existait un mouvement fébrile intermittent. L'intervention chirurgicale ne doit pas être trop tardive ; le moment d'agir est marqué par l'exacerbation des symptômes , exacerbation qui annonce l'envahissement de nouveaux tissus par la suppuration.