‹ Éléments de médecine pratique [electronic resource]Chapitre 233 sur 350 · BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE

C'est le catarrhe contagieux de la muqueuse génito-urinaire. La blennorrhagie est une maladie vénérienne, c'est-à-dire qu'elle ne se développe jamais en dehors des rapports sexuels. La plupart des médecins spécialistes prétendent que l'abus du coïl surtout chez une femme atteinte de leucorrhée peut produire la hlennorrhao'ie. Nous protestons formellement contre

cette opinion, non-seulement en vertu do l'adage que la plusbelle fille du montons peut donner que ce qu'elle a ; mais parce que dans une pratique déplus de trente ans nous n'avons jamais trouvé un exemple de celte genèse de blennorrhagie. Nous attribuons l opinion des spécialistes au milieu dans lequel ils pratiquent et qui, en général, n est pas d'une pureté de mœurs exemplair,.

La blennorrhagie est radicalement distincte de la syphilis et 1 honneur de celte distinction revient principalement à Ricord

La blennorrhagie présente trois formes : forme bénigne, forme commune, forme grave ou cordée. Nous séparons complètement de l'histoire de la blennorrhagie celle de Yuréthrite simple, que nous avons décrite dans le chapitre précédeni.

I. Forme commune. - Elle débute habituellement cinq ou six jours après le coït. Nous avons vu cette période d'incuba- I ion s'étendre à trois semaines, et Hunier a observé une durée de six semaines. La maladie s'annonce par un sentiment de prurit et de chaleur, localisé surtout au méat urinaire et à la partie antérieure du canal de l'urèthre. Chez la femme, cetle sensation s'étend à toute la vulve, et dans les deux sexes s'accompagne d'excitation vénérienne ; en môme temps les envies d'uriner deviennent plus fréquentes. Le lendemain, un sentiment de cuisson bien décidé remplace le prurit ; le méat esl rouge, la muqueuse est boursouflée. La cuisson augmente les jours suivants et on constate la présence d'un muco-pus encore peu abondant. Ici nous devons signaler une variété de marche fort importante à noter. Habituellement les symptômes s'aggravent rapidement et atteignent leur summum dès la fin du premier septénaire ; mais d'autres fois la maladie reste très-bénigne en apparence pendant bien des jours, et ce n'esl Ruère qu'à la fin du second septénaire que les symptômes prennent une grande intensité. Arrivée à sa période d'état la blennorrhagie est constituée par l'ensemble des symptômes suivants: écoulement abondant d'un pus épais el ver;! Aire : douleurs brûlantes et sécantes extrêmement vives quand le malade urine; urines fréquentes; érections douloureuses allant quelquefois jusqu'au priapisme, surtout la nuit. Cet, état vio-

Page 1