BLENNORRHAGIE. — FORME COMMUNE
lenl dure habituellement douze à quinze jours, puis il décroît assez rapidement. La douleur diminue d'abord ; l'écoulement devient moins abondant, moins épais, moins coloré, mais trois semaines se passent encore avant qu'il se tarisse tout à fait. Quand la blcnnorrhagie s'est répétée plusieurs fois, la guérison radicale s'obtient difficilement, et chaque matin les malades retrouvent, en pressant l'urèthre, une goutte de muco-pus. Ce symptôme, connu sous le nom de goutte militaire, s'accompagne très-souvent de rétrécissement et est excessivement difficile à guérir. Sous l'influence de l'excitation vénérienne, ce symptôme peut augmenter et communiquer la blennorrhagie.
Chez la femme, la maladie reste rarement bornée au canal de l'urèthre ; elle s'étend habituellement à la vulve et au vagin ; aussi l'écoulement est-il considérable. Les douleurs disparaissent assez promptement ; mais l'écoulement peut persister pendant des années quand une fois il s'est localisé dans le vagin et dans l'utérus.
Accidents et complications. — Pour bien comprendre quelques-uns de ces accidents, il faut savoir que l'inflammation de la blennorrhagie a une nature envahissante analogue à celle de l'érysipèle et qu'elle marche toujours des parties superficielles aux parties profondes. Ainsi localisée d'abord dans la partie antérieure de l'urèthre, elle gagne, après une durée de quinze jours ou trois semaines, la partie membraneuse du canal.
1° Propagation à la vessie et aux reins. — Celte propagation s'arrête habituellement au col de la vessie; elle s'accompagne d'un ténesme considérable, d'une miction extrêmement douloureuse, d'une urine trouble contenant des flocons de mucus transparent et sanguinolent; d'une douleur correspondant au siège de l'inflammation. Celte douleur s'étend à l'hypogasfre, si la vessie est envahie, et elle retentit plus ou moins fortement dans les deux reins. Dans quelques cas, les bassinets et les reins sont eux-mêmes envahis.
L'inflammation se propage encore quelquefois dans le tissu
414 MALAD. DES ORGANES GENITO-URINAIRES. — URETHRE.
cellulaire voisin du canal et y détermine de petits abcès dans les veines et les lymphatiques de la verge.
2" Epididymite blennorrhagique. — X} m complication plus fréquente mais tardive est Vépididymite blennorrhagique. Elle se produit habituellement après la troisième semaine; parce que ce n'est guère qu'à ce moment que l'inflammation a gagné L'orifice des canaux déférents et qu'elle peut, par cette voie, gagner l'épididyme.
L'épididymite est une complication très-douloureuse; elle s'accompagne d'un gonflement énorme et extrêmement dur ; toujours on peut reconnaître au-dessous de cette coque inflammatoire le testicule ayant sa consistance et son volume ordinaires. Quand l'inflammation est violente, elle s'accompagne d'un épanchcment de liquide dans la tunique vaginale. L'épididymite blennorrhagique se termine habituellement par résolulion après une durée de deux à quatre semaines ; mais elle peut se terminer par suppuration ou par induration. La première terminaison est extrêmement rare; mais la seconde est assez fréquente. Cette induration peut persister toute la vie; elle peut se résoudre, mais il faut savoir qu'elle peut entraîner V atrophie complète du testicule, et si, ce qui est excessivement rare, la maladie occupe les deux côtés, une impuissance absolue; une véritable castration peut être le résultat définitif de la blennorrhrgie. J'ai observé cette fâcheuse terminaison une seule fois.
L'épididymite siège le plus souvent à gauche, parce que ce testicule est plus pendant et moins soutenu par le pantalon. Souvent, pendant la période d'état de l'épididymite, l'écoulement diminue ou même se supprime pour reparaître quand la maladie va mieux. Ce phénomène, qui est en rapport avec cette loi pathologique qui veut que de deux organes enflammés simultanément, le plus malade éteigne pour un temps les symptômes île celui qui l'est moins, a donné naissance à des théories absurdes sur la métastase du pus blennorrhagique.
3° Ophthalmie blennorrhagique. — Cette complication est excessivement grave; elle a plusieurs fois détruit irrémissiblement la vue d'un œil en moins de quaranle-huil heures. Il esl démontré aujourd'hui qu'elle n'est pas toujours due à une ino-