‹ Éléments de médecine pratique [electronic resource]Chapitre 242 sur 350 · LIVRE ,V · texte numérisé non relu

LIVRE ,V

Nous décrirons, clans ce livre, la métrite, le catarrhe de la matrice, la congestion utérine, les corps fibreux, les polypes, le cancer, la metrorrhagie, la pelvi-pèritonite, Yhématocèle péri-utérine, Yaménorrhée, la dysménorrhée, Vhystéralgie, les déplacements utérins et les vices de conformation.

Pour comprendre la pathologie de l'utérus, il faut savoir que presque toujours ses affections sont des localisations de dialhèses, de maladies constitutionnelles ou de cachexies.

La métrite à marche chronique en particulier ne se développe que chez les scrofuleuses, les dartreuses, les hémorrhoïdaires, les goutteuses ou les chlorotiques, et chacune de ces maladies imprime à la métrite un caractère et une marche déterminés.

C'est seulement en se plaçant à ce point de vue que l'on comprendra l'éliologie des maladies de l'utérus. Les accouchements, les avortements surtout, sont des causes occasionnelles fréquentes du développement de ces maladies ; combien de femmes, cependant, ont des accouchements et des avortements nombreux sans jamais souffrir de l'utérus. Mais qu'une fluxion hémorrhoïdaire ou goutteuse vienne à succéder à la fluxion et à l'inflammation, suite directe de l'accouchement, et l'organe reste malade pendant des années.

Les déviations jitérines dont on a si malheureusement voulu faire des maladies, il y a quelques années, sont physiologiques et normales. Jamais elles ne produisent de souffrances tant que l'utérus est sain. Mais qu'une des affections chroniques de l'utérus vienne à se développer, le déplacement augmente et devient à son tour la cause de la longueur de ces maladies et un des obstacles qui s'opposent le plus à la guérison.

Quant à !a fréquence actuelle des affections de l'utérus, nous l'attribuons sans hésitation aux pratiques de Vonanisme conju-

gai d'une part; et de l'autre à l'absence de Yallaitement. L'allaitement est une fonction nécessaire après l'accouchement ; il excite dans l'utérus des contractions fort analogues à celles produites par le seigle ergoté. Ces contractions ont pour résultat de détruire la congestion dont l'utérus est le siège après l'accouchement.

Si l'allaitement est supprimé, l'utérus a beaucoup de chance pour rester engorgé fort longtemps; et si l'influence de la scrofule, ou des hémorrhoïdes, ou de toute autre maladie vient s'ajouter à la congestion qui suit les couches, l'utérus reste atteint de maladies chroniques. L'immunité presque complète des paysannes vis-à-vis des affections chroniques de l'utérus, malgré toute absence de soins après l'accouchement, n'a pas d'autres causes que l'allaitement.

Des moyens d'exploration de l'utérus. — Ce sont la palpation, le toucher vaginal et le toucher rectal, le spéculum, la sonde utérine.

La palpation ne peut atteindre l'utérus que lorsque cet organe est augmenté de volume. Elle fait connaître sa place, sa consistance, sa mobilité, son degré de sensibilité; combinée avec le toucher, la palpation fait connaître assez exactement le volume de l'utérus.

Le toucher vaginal est certainement le mode d'exploration qui fournit les renseignements les plus utiles et les plus nombreux pour le diagnostic des affections utérines. Pour le pratiquer on fait coucher la femme sur le dos, le siège légèrement relevé, les jambes fléchies, les cuisses dans l'abduction. Le bord radial du doigt indicateur est porté sur le périnée et de là ramené en avant jusqu'à ce qu'il rencontre l'ouverture du vagin, dans lequel il pénètre facilement. Pour juger de l'abaissement el dos autres déplacements de l'utérus, il est quelquefois utile de loucher la femme debout.

Chez la femme qui n'a pas eu d'enfant, le col est dur, conique, insensible. La muqueuse adhère intimement au tissu sousjacent. Le doigt reconnaît facilement la fossette qui marque l'orifice externe du col utérin. Cet orifice esl arrondi, lisse et

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éo-al sur ses bords. Chez la femme qui est accouchée, le col est gros, plus mou, plus ou moins entr'ouvert; la fente est transversale, elle présente des lèvres inégales, déchirées, et des duretés cicatricielles.

Le toucher fait reconnaître la longueur, la consistance, la directien du col; il permet même de diagnostiquer les inversions et les inflexions de l'utérus.

A moins d'une maladie bien grave, et d'un diagnostic impossible par toute autre voie, on doit s'abstenir du toucher et à plus forte raison du spéculum chez les vierges ; et si on est obligé de le pratiquer, il faut prendre tous les soins nécessaires pour ne pas déchirer V hymen.

Le toucher rectal peut, jusqu'à un certain point, remplacer le toucher vaginal; il permet de sentir le col à travers la paroi du rectum. Cette exploration est utile pour juger des déplacements de l'utérus et de la présence de tumeurs dans la paroi postérieure de l'utérus ou d'engorgement dans le cul-de-sac utéro-rectal.

Examen au spéculum. — La femme étant dans la même posilion que pour le toucher, le spéculum, muni de son embout, est introduit dans le vagin; les petites lèvres étant préalablement écartées avec les doigts de la main gauche. Chez les femmes dont la vulve est étroite et douloureuse, l'instrument doit, être introduit très-doucement. Je me sers, le plus souvent, d'un spéculum d'une seule pièce, dont l'extrémité antérieure est coupée un peu obliquement, de manière à se prêter plus facilement à la différence de longueur de la face antérieure et de la face postérieure du col utérin; c'est le spéculum de Ferf/usson. Chez les femmes dont le vagin est étroit et douloureux il y a avantage à se servir du spéculum à trois valves qui s'introduit fermé et s'ouvre graduellement.

L'inspection au spéculum fait reconnaître la couleur du col et des parois vaginales; la présence ou l'absence d'ulcérations, de végétations, de polypes ; et il permet dà reconnaître la couleur et les autres qualités physiques des liquides qui s'écoulent de l'utérus, avant leur mélange à ceux que sécrète le vagin. C'est donc un moyen de diagnostic très-important. Ajoutons

que c'csl un moyen de traitement fort souvent nécessaire, puisqu'il facilite tous les pansements cl toutes les opérations qui doivent se pratiquer sur l'utérus et le vagin.

Nous proscrivons presque entièrement l'usage de la sonde utérine dans le diagnostic des maladies de l'utérus. Nous dirons plus loin que c'est un instrument dangereux qui a causé un grand nombre d'accidents. Employée avec une extrême prudence et par un médecin exercé, la sonde utérine permetd' apprécier la longueur du col et la profondeur de la cavité utérine; elle fait constater les rétrécissements et les oblitérations de la cavité du col utérin, et c'est là sa plus grande utilité. Enfin, elle peut servir à accrocher le col et à ramener l'orifice utérin au centre de l'instrument dans l'examen au spéculum.

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