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KYSTES DE L'OVAIRE

Les kystes de l'ovaire se distinguent en deux grandes classes : les kystes de la vésicule de Graaf, les kystes du parenchyme, ou multiloculaires, et les kystes pileux.

Les kystes des vésicules de Graaf, kystes séreux, kystes uniloculair-es, ne sont autre chose qu'une hydropisie de la vésicule de Graaf. Chez certaines femmes, et dans des conditions que nous ne connaissons pas bien, une ou plusieurs des vésicules de Graaf subissent le développement qui précède la ponte, puis elles ne se rompent pas ; la ponte est incomplète, souvent les règles manquent ou sont fort peu abondantes, et la' femme est stérile, au moins h cette période cataméniale. Cette vésicule ainsi dilatée se développe plus ou moins vite; chaque époque menstruelle ajoute habituellement à son volume, et, chez certaines femmes, elles arrivent à remplir toute la ca'vité abdominale. Habituellement plusieurs vésicules sont atteintes • mais une seule prend un grand développement ; si plusieurs grossissent simultanément, il y a plusieurs kystes qui peuvent Joussht, 2e édil. t jj

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s'accoler, communiquer, et conslituer ainsi une sorte de kyste multiloculaire, mais toujours radicalement différent de celui que nous décrirons dans un instant.

Le kyste de la vésicule de Graaf contient un liquide séreux, limpide, peu ou point albumineux.

Les symptômes de cette espèce de kyste sont, au début, des accès de douleur excessive, simulant la péritonite partielle et revenant à de longs intervalles ; ces accès douloureux, qui peuvent se prolonger pendant toute la durée du kyste, manquent souvent complètement.

Le kyste se développe très-lentement et ne gêne guère que par son volume; il finit par amener un état de cachexie, par les troubles de la respiration et de la digestion qu'entraîne son volume excessif ; ou bien par l'épuisement que déterminent les ponctions répétées. Le kyste de l'ovaire communique quelquefois avec la trompe et peut se vider spontanément, mais habituellement il se reproduit. Quelquefois la distension énorme qu'il subit amène sa rupture pendant un effort ou à la suite d'une violence extérieure, le liquide s'épanche dans l'abdomen et détermine l'inflammation du péritoine et la mort. Cependant il existe quelques exemples de guérison à la suite de cet accident.

Le kyste peut s'enflammer et le liquide séreux se transformer en pus; on a alors un vaste abcès qui peut s'ouvrir dans l'intestin, la vessie, le vagin ou l'utérus. Cette terminaison est presque constamment mortelle.

Le diagnostic du kyste de l'ovaire s'obtient par lapalpation, la percussion et le toucher. Lapalpation fait reconnaître une tumeur arrondie et liquide occupant, au moins au début, l'une des fosses iliaques. Cette tumeur est fluctuante. La percussion la limite exactement et fait reconnaître que les intestins sont repoussés du côté opposé du ventre. Le toucher fait constater la tumeur dans l'un des culs-de-sac vaginaux, et, tout à fait au début, permet de reconnaître la maladie.

Traitement. — Les médicaments écbouent presque con-

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stamment dans le traitement de cette maladie; cependant on cite des cas de guérison par bryonia et lycopodium : on a aussi conseillé iodium, apis, cannabis et sabina.

Le véritable traitement de cette espèce de kyste consiste dans les injections iodées d'après la méthode que nous avons préconisée.

On fait une ponction avec un trocart étroit et long ; on retire assez de liquide pour rendre la respiration facile et on injecte 200 grammes d'eau iodée (eau saturée d'iode), qu'on abandonne dans le kyste : on recouvre le ventre de collodion élastique, et la malade garde un repos complet. Cette opération est beaucoup plus inoffensive que celles préconisées par Boinet; elle est aussi efficace ; on peut la répéter au besoin.

Kystes du parenchyme ou multiloculaires. — Cette affection est bien plus grave que la précédente; elle débute par la formation d'un kyste dans le parenchyme de l'ovaire; ce kyste est dû à l'écartement des lames du tissu cellulaire de l'ovaire ; ce kyste grossit; ses parois donnent naissance à d'autres kystes de même nature, qui eux-mêmes produisent souvent d'autres kystes. En sorte qu'il se forme une tumeur composée de cavités innombrables, communicantes pour la plupart; mais, au milieu de tous ces kystes, un ou plusieurs prennent un grand développement et constituent la plus grande partie delà tumeur.

Le liquide renfermé dans ces kystes n'est jamais limpide ; il est souvent rougeâtre, épais, quelquefois analogue à du miel ou à du tissu colloïde.

Le kyste du parenchyme produit une cachexie plus rapide ; il se reconnaît habituellement à la difficulté de la fluctuation et souvent à des bosselures.

Traitement. — Les injections iodées échouent constamment, et c'est pour ce genre de kyste qu'on a surtout préconisé l'extirpation de la tumeur et de l'ovaire. Cette opération très-audacieuse a donné un grand nombre de succès.

Cannabis saliva a paru dans certains cas être curatif des kystes de l'ovaire.

Kali bromidium à aussi fourni quelques exemples de guérison de kystes ovariques. Colocyntkis, d'après le Dr C. Dunham amena la disparition d'une tumeur ovarique chez une dame à qui il l'administrait à cause de la présence des symptômes caractéristiques de ce médicament dans l'abdomen et dans la hanche.

Kystes pileux. — Ce sont des tumeurs enkystées de l'ovaire contenant des tissus humains : poils, dents, graisse, traces de peau et de muscle, des fragments d'os. Ces tumeurs restent souvent indolentes pendant toute la vie des malades, d'autres fois elle grossissent beaucoup, s'enflamment et suppurent. Ces abcès peuvent s'ouvrir soit dans l'intestin, soit à la peau et guérir complètement; mais ils peuvent aussi entrainer la mort par épuisement des malades. Enfin ces abcès peuvent s'ouvrir dans le péritoine et déterminer une péritonite mortelle.

Velpeau croit que quelques-uns de ces kystesontété produits par la même action qui a donné naissance à la personne qui les porte, ce serait comme un fœtus incarcéré; d'autres tumeurs ne seraient que des grossesses extra-utérines. Dans une troisième classe les tissus (cheveux, dents, etc.) seraient le produit du kyste lui-même.

Traitement. — H n'y a rien à faire tant que la tumeur est slationnaire ; quand elle est suppurée il faut agir comme dans les cas d'abcès du petit bassin.

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