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NÉVRALGIES

Les névralgies forment un genre important de la classe des néoroses. Elles sont caractérisées par une douleur ayant son siège sur le trajet d'un nerf, et présentant sur des points déterminés une acuilé considérable disséminée par points circonscrits. Ces

affections sonl presque toujours symptomatiques de la goutte, des hémorrhoïdes, de la dartre, de la chlorose, de Vhystèrie, ,1e la syphilis, du cancer, ou de Y empoisonnement saturnin. Elles constituent une forme de la fièvre intermittente, la fièvre larvée. Les tumeurs qui compriment les filets nerveux s'accompagnent presque toujours de douleurs névralgiques.

Les auteurs ont distingué deux formes principales de névralgies : névralgie continue et névralgie intermittente. Il faut y ajouter une forme grave, appelée épilepti 'forme par Trousseau ; mais nous reviendrons sur ces divisions à propos de chaque espèce de névralgie.

Symptômes communs à toutes les névralgies.- Douleur . — Elle est continue avec exarcerbation irrégulière sous forme d'élancements qui suivent le trajet des nerfs du centre vers la périphérie. Dans des cas très-rares la douleur suit une direction inverse d'où on a fait des névralgies ascendantes. Cette douleur présente •dans un ou plusieurs points du trajet des nerfs de véritables foyers d'où parlent les élancements douloureux, et ces foyers sont extrêmement douloureux à la pression directe exercée avec l'extrémité du doigt. Au contraire, une pression sur une laro-c surface soulage habituellement la douleur névralgique. Ces foyers douloureux existent surtout au point d'émergence du nerf; à l'endroit où il traverse une aponévrose ou un muscle pour se rapprocher de la peau ; enfin au point où il s'épanouit dans les téguments. La pression des apophyses épineuses correspondantes à la région de la moelle qui donne naissance au nerf atteint de névralgie est extrêmement douloureuse. La douleur est presque constamment augmentée par un mouvement de la partie malade. Toutes les fois que la névralgie est intense elle détermine des troubles de circulation, des congestions, des sécrétions augmentées; mais des travaux tout récents nous engagent à rapporter à la névrite les cas attribués autrefois à des névralgies, I un les les fois que les douleurs s'irradiant sur les trajets nerveux, s'accompagnent d'atrophie musculaire. La douleur névralgique s'accompagne presque constamment d'une anesthésie de la partie do la peau où se distribuent les nerfs malades. Quel-

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quctbis elle détermine des convulsions et des contracturos dans les muscles de la même région. •

Les névralgies se divisent naturellement d'après leur siège anatomique en sept espèces principales : 1° névralgie trifaciale, 2o névralgie cervico- occipitale, 3° névralgie brachiale, 4° névralgie clorso-intercostaïe, 5° névralgie lombo-abdominale, G° névralgie crurale, 7° névralgie sciatique. Chacune de ces espèces présente plusieurs variétés de siège.

Névralgie trifaciale. — Elle peut être localisée et occuper principalement le nerf sus-orbitaire, le sous-orbitaire, ou le maxillaire inférieur; beaucoup plus rarement la branche nasale ou la temporale. La névralgie occupe quelquefois les petits fdets qui accompagnent le nerf facial, ce qui a fait croire assez' longtemps que ce nerf lui-même était douloureux. Indépendamment de ces différences, suivant le siège, qui sont secondaires, elle présente quatre formes : forme bénigne, forme commune, forme grave et forme intermittente. Cette dernière forme constitue de beaucoup l'expression la plus fréquente de la fièvre larvée.

I. Forme commune. — Elle est caractérisée par une durée de plusieurs semaines et par les caractères communs à toute névralgie. Les points douloureux sont principalement le trou sus-orbitaire, le sous-orbitaire et le mentonnier ; plus rarement

constate un point palpêbral, à la paupière supérieure ; un

I m intnasal, à la partie supérieure du nez; un point alvéolaire, labial, palatin, lingual, pariétal, enfin un point temporal, qui est le plus fréquent de tous. Quand la névralgie siégo dans le rameau susorbitaire, elle détermine la rougeur de la conjonctive et le larmoiement. Dans le nerf sous-orbitaire et surtout mentonnier, elle s'accompagne de salivation. Indépendamment des causes communes à toute névralgie, celle-ci présente, comme cause particulière, un refroidissement et la carie dentaire. On a l'ait remarquer que L'émergenGe des trois principales branches du nerf brifacial à travers des canaux très-étroits était une^ondition

analomiquo fâcheuse cl qui expliquait la grande fréquence de ces névralgies.

II. Forme bénigne. - Elle se dislingue parce qu'elle esl essentiellement passagère; excitée par une cause évidente et disparaissant sans retour dans un temps souvent très-court.

III. Forme grave (épileptiforme de Trousseau). — Connue généralement sous le nom de tic douloureux, elle constitue une des maladies les plus cruelles de tout le cadre nosologique ; elle est caractérisée par des douleurs lancinantes excessivement aiguës, éclatant subitement, ayant une durée très-courte, de quelques secondes à une ou deux minutes. Ces accès, qui s'accompagnent souvent de contraction brusque des muscles de la face, reviennent à des intervalles très-inégaux, quelquefois seulement deux ou trois fois en vingt-quatre heures, d'autres fois, cent fois dans le même temps. Dans l'intervalle des accès les malades ressentent une sorte d'engourdissement, une douleur sourde, à peine marquée.

Les malades atteints de cetlc névralgie sont pris tout à coup de leurs accès, soit en mangeant, soit en parlant. Aussitôt leur figure se contracte, ils saisissent la partie douloureuse et la frictionnent violemment; puis, au bout de quelques secondes, l'accès cesse et ils reprennent le repas ou la conversation interrompus.

Dans les mauvais jours, les accès naissent spontanément même dans le repos de la nuit, et au milieu du sommeil qu'ils interrompent plus ou moins fréquemment. Les malades prennent l'habitude de parler sans remuer les lèvres pour ne pas provoquer d'accès ; ils se privent de manger; et, à force de frotter et de presser la partie malade, ils aplatissent le côté de la face et détruisent plus ou moins le système pileux.

Cette forme de maladie est très-souvent incurable; elle se prolonge pendant cle longues années, laissant aux malades, de temps à autre, quelques mois de repos; la violence des douleurs, a privation de sommeil et de nourriture jettent les malades dans l'am'aigi'issemenl et amènent une sorto de cachexie. Beau-

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