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MUGUET

Au point do vue de l'histoire naturelle le muguet [oïdium albicans) est un cryptogame qui se développe sur les muqueuses à épithélium pavimenteux, dans la période de cachexie de toutes les maladies; c'est une moisissure qui se produit dans un organisme épuisé; c'est un commencement de décomposition et un avant-coureur certain de la mort.

En nosclogie, on donne le nom de muguet à une maladie essentielle propre aux nouveau-nés, caractérisée par l'inflammation de la muqueuse digestive et par la production sur cette muqueuse de ï oïdium albicans; le siège principal de la lésion est dans la bouche.

Le muguet présente deux formes à étudier : la forme bénigne et la forme commune.

I. Forme bénigne. — Elle est caractérisée par l'absence de symptômes généraux; toute la maladie se passe sur la membrane muqueuse buccale; elle cède facilement au traitement et guérit toujours.

Le premier symptôme est la rougeur de la langue, la chaleur de la bouche, une douleur qui va quelquefois jusqu'à empêcher l'enfant de téter.

Dès le second jour, apparaissent sur les papilles gonflées de la langue les premiers grains de muguet ; blanchâtres, arrondis, demi-transparents, isolés, comparables à des grains de millet. Ils deviennent rapidement d'un blanc semblable à celui du lait caillé, gros, irréguliers, confluents. La lésion se montre alors sous forme de petites masses; elle envahit la face interne des lèvres, les gencives, la voûte palatine, le pharynx, s'étend plus ou moins, et forme des couches d'épaisseur variable. Elle est surtout abondante sur la langue. Le siège de la lésion est en dehors de l'épithélium (Ch. Robin, Seux). Ce produit morbide est assez adhérent; si on l'enlève, on produit quelquefois un léger écoulement de sang. Au-dessous la langue est rouge, lisse et polie.

Les autres symptômes de la forme bénigne sont la douleur, la difficulté de prendre le sein, le mâchonnement ; et quelquefois un peu de diarrhée verdatre.

Etiologie. — Les circonstances èliologiqucs qui favorisent le développement de celte forme du muguet sont principalement les efforts de succion nécessités par la mauvaise conformation des mamelons; l'usage de bouts de seins artificiels; la contagion par les sporules du cryptogame.

II. Forme commune. — Elle constitue une maladie très-grave el qui, dans les hospices de nouveau-nés, est mortelle 20 fois sur 22 (Valleix). Elle est caractérisée non-seulement par l'affection locale que nous venons de décrire, mais encore par des symptômes généraux fort importants.

La maladie débute très-souvent par un érythème des fesses,

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auquel vient se joindre une diarrhée verdâtre plus ou moins abondante. Quelques jours plus tard, apparaît l'affection buccale, accompagnée d'un mouvement fébrile peu intense Tous ces symptômes vont ensuite croissant pendant plusieurs jours. L'affection locale, bien plus étendue que dans la forme bénigne, envahit toute la bouche et rend l'allaitement extrêmement difficile ; l'insomnie, l'agitation, l'amaigrissement rapide, une fièvre intense, des vomissements, une diarrhée verdâtre trèsabondante, l'accroissement de l'érythème et son extension aux cuisses, aux mollets et aux talons, l'apparition d'ulcérations plus ou moins profondes, de bulles de pemphigus, constituen les symptômes de la période d'état; puis, très-rapidement, quand la maladie doit se terminer par la mort, la fièvre tombe; le refroidissement se produit, les évacuations diminuent, le faciès devient cadavéreux, la respiration s'accélère, devient froide ; l'asphyxie se prononce, et les enfants succombent.

Si la maladie doit se terminer par la guérison, les symptômes diminuent peu à peu; l'affection buccale s'améliore la diarrhée décroît, l'allaitement redevient possible, l'érythème disparaît et la convalescence s'établit.

Anatomie pathologique. - Indépendamment de l'affection buccale et de l'affection cutanée, on trouve pour lésions l'inflammation et le ramollissement de la membrane muqueuse de 1 estomac et de l'intestin ; l'engouement et l'hépatisation pub monaires; quelquefois des signes de méningite. L'oïdium s arrêterait toujours au cardia, d'après Trousseau.

Etiologie. - L'étude des circonstances qui produisent le muguet est aujourd'hui très-complète. C'est une maladie des nouveau-nes, très-rare après le 2* mois, sévissant surtout en

ioLnt rf -T exdusiyement les enf«^s soumis à un allaitement artificiel et ceux que l'on fait manger. La maladie est contagieuse et inoculable au moyen des spores de l'oïdium Le régime nosocomial est, sinon une cause de muguet, au moins une circonstance qui rend la maladie extrêmement gr ve

aCKllteT de Ia saIivc' Procrée par Gublcr comme la cond l Jousset, 2e édit.

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tion de la production du muguet, est physiologique chez tous les enfants.

Traitement. — Deux médicaments constituent la médication du muguet : mercurius et arsenic um.

MercLirius au début ; il est indiqué par la stomatite, par l'enduit blanc de la langue et aussi par la diarrhée verte ; par l'érythème de l'anus, des fesses et des membres inférieurs; enfin par les ulcérations qui se développent sur la peau malade. La 3° trituration de mercurius corrosivus sera préférable pour le début, sauf à baisser la dilution si la 3e est insuffisante.

Arsenicum convient à un degré plus avancé de la maladie et correspond à un état plus grave : amaigrissement considérable; tendance au refroidissement et à l'asphyxie ; angoisse ; agitation ou abattement extrême ; diarrhée abondante ; érythèmeet ulcération de la peau. Ce médicament correspond très-peu à l'affection buccale ; il doit être administré avec précaution parce qu'il produit souvent des aggravations dans l'état cachectique et chez les enfants. Il convient de débuter par la 6e dilution en goutte, une cuillerée toutes les trois heures ; on descendra ou on en élèvera la dilution suivant l'effet produit.

Carbo vegetabilis, 30e dilution, pourrait être essayé si arsenicum n'avait rien produit.

Le traitement local est fort peu important ; Valleix le considère comme tout à fait secondaire, et il recommande de ne pas enlever l'oïdium. On pourra appliquer localement, à l'aide d'un pinceau de charpie, le médicament prescrit à l'intérieur. On pourrait employer une solution de mercurius corrosivus au 10,000e pour un badigeonnage pratiqué trois fois en vingtquatre heures et en prenant soin d'enlever l'excédant du médicament à l'aide d'un gros pinceau de charpie imbibé d'eau. La glycérine boratée pourrait aussi être essayée. Quant aux soins que réclame l'érythème, nous recommandons l'emploi d'une bouillie épaisse, de préférence aux corps gras généralement préconisés.

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