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GANGRÈNE DE LA BOUCHE

Nous décrivons sous ce nom une affection caractérisée par la mortification de toute l'épaisseur des parois buccales. C'est le charbon des joues et des lèvres ; les Hollandais désignent encore cette affection par la très-mauvaise expression de cancer aqueux.

Etiologie. — Cette affection est surtout fréquente de 3 à 5 ans ; elle survient chez les enfants épuisés par des maladies antécédentes et soumis à de mauvaises conditions hygiéniques ; chez les malades des grandes villes et des hôpitaux ; elle est plus fréquente dans les pays froids et humides. Les médecins allemands ont voulu en faire une affection scorbutique, mais il n'existe aucun signe du scorbut coïncidant avec cette affection.

C'est surtout dans le cours et à la fin de la rougeole qu'on observe la gangrène de la bouche. On l'observe encore après la fièvre typhoïde, la scarlatine, la variole, la pneumonie, la phthisie, la coqueluche, la diphthèrie. On en a cité des exemples pendant la fièvre intermittente. Le traitement par le calomel aune influence très-directe sur sa production.

On a omis de rechercher les rapports de la gangrène de la bouche avec le diabète. Il existe quelques observations de gan- Orene essentielle de la bouche ; et Richter admet son existence.

Description. — La gangrène de la bouche débute donc habi- I uellement pendant le cours ou à la fin d'une maladie. Le syrhptomeleplusapparent est un gonflement mou, pâle.avec œdème principalement des paupières.Très-souvent ce gonflement est luimême précédé d'une ulcération grisâtre, développée clans le sillon gingivo-buccal, sur les parois desjouesou de la lèvre inférieure ; ,;" ^ême temps' l'haleine devient fétide, gangréneuse. Les petits malades conservent leurs forces, leur appétit et sont sans lièvre, a moins que la maladie concomitante ne détermine un état opposé.

L'affection marche plus ou moins rapidement ; du 3e au 7° jour, le gonflement mou présente une induration caractéristique. La membrane muqueuse, largement ulcérée, laisse échapper un détritus noirâtre plus ou moins abondant; la peau violacée présente vers le centre de la tumeur un point noirâtre, quelquefois recouvert d'une phlyetène. Cette eschare s'agrandit rapidement, s'étend à une partie plus ou moins grande de la joue et môme du cou. Les tissus mortifiés s'échappent par la bouche et par l'extérieur; la joue ou la lèvre se perfore; les dents déjà déchaussées jaunissent et tombent; les os maxillaires se nécrosent, et une vaste excavation occupe une moitié de la face. Cependant la soif est très-grande et la fréquence du pouls augmente. Dans la dernière période, les forces tombent; l'amaigrissement est considérable; la diarrhée habituelle ; l'appétit persiste jusqu'à la fin, à moins qu'il ne survienne une complication fébrile. La plus fréquente de toutes est la pneumonie. Vhèmorrhagie est un accident très-rare, et la mort arrive par la diminution progressive des forces du 8° au 18° jour. La gangrène se manifeste quelquefois dans d'autres points, soit de l'autre côté de la face, soit, ce qui est plus fréquent, à la vulve.

La maladie se termine quelquefois par la guérison, dans la première période ou après la chute de l'eschare cutanée. Dans le premier cas, l'ulcération interne se déterge et se cicatrise en même temps que le gonflement œdémateux diminue graduellement. Quand la guérison a lieu après la chute de l'eschare cutanée il y a une cicatrisation longue, difficile, avec séparation de séquestre et difformité persistante habituellement tres-considérable Telle est la marche et l'ensemble des symptômes de la gangrène de la bouche ; on voit qu'elle se distingue des affections analogues par l'induration du tissu cellulaire et par l'ulcération gangreneuse de la membrane muqueuse. Son pronostic est excessivement grave.

Le traitement de la gangrène de la bouche dans l'éeele allopathique est principalement externe. Chaque

mL, le nitrate d'argent, le mlratc aede de ma-cme, la potage

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