ANGINE
L'angine est la phlegmasie de l'arriêre-gorge. Elle occupe en totalité ou en partie les amygdales, les piliers, le voile du palais, le pharynx et la base de la langue.
L'angine présente trois formes à étudier : forme bénigne, qui comprend la forme érythémateusc, pultacée et herpétique des auteurs, la- forme commune ou phlegmoneuse, la forme gangreneuse.
L'arrière-gorge est le siège d'inflammation dans un grand nombre de maladies. Ces inflammations, qui doivent être distinguées avec soin de l'angine essentielle, peuvent se grouper ainsi :
1° Localisation constitutionnelle diathésique et cachectique : angines syphilitique, scrofuleuse, goutteuse, rhumatismale, granuleuse ou herpétique scorbutique.
2° Fièvres : angines scarldtineuse , morbilleuse, varioleuse, typhoïde, intermittente.
3° Classe intermédiaire aux phlegmasies et aux fièvres angine diphthéritique ou couenneuse, angine èryslpélateuse.
I. Forme bénigne. — 1° Angine érythémateuse. — Cette forme de L'angine présente plusieurs variétés. Dans son degré le plus simple elle est caractérisée par la rougeur de l'isthme du gosier, de la douleur en avalant, un peu de malaise et de courbal are. La douleur s,, propage souvent à l'oreille moyenne ; elle s'accompagne d'une grande sécheresse de la gorge. Toute la maladie esl terminée en quelques jours. C'est Vangine érythémateuse îles auteurs.
2° Angine pultacée. — A un degré plus avance, la maladie s'annonce par un mouvement fébrile intense, céphalalgie et courbature très-marquée, rougeur et douleur de l'isthme du gosier, gonflement notable des amygdales : la douleur augmente par la déglutition, surtout par celle de la salive, elle se propage à l'une des oreilles, quelquefois au deux. Le deuxième jour le mouvement fébrile' est très-intense, le pouls plein et fréquent, la peau halitueuse, la douleur de la gorge est plus marquée. Si on examine directement les parties malades, on trouve Tarrière-gorge très-rouge, les amygdales gonflées, la luette souvent œdématiée ; puis sur l'une ou l'autre des amygdales, habituellement sur les deux, des fausses membranes, blanches, épaisses, peu adhérentes, déposées par îlots irréguliers ; les amygdales sont panachées de blanc. Les ganglions sous-maxillaires sont à peine gonflés et douloureux, et c'est là le grand caractère distinct il' de l'angine pultacée et de l'angine diphthéritique.
Le 3° jour habituellement la fièvre tombe, les fausses membranes se détachent et la guérison est complète du 4e au 7e jour.
3° Ahgine herpétique. — Dans une autre variété, les amygdales deviennent le siège, au second ou au troisième jour de la maladie, d'une éruption d'herpès qui se reproduit habituellement sur les lèvres, sur la face, aux parties génitales ou sur les parties latérales du cou.
Le début brusque et intense du mouvement fébrile ; la simultanéité des lésions sur les deux amygdales; l'absence de gonflement des ganglions sous-maxillaires; l'aspect de la lésion qui se présente sous l'aspect de points blancs parfaitement arrondis et dont quelques-uns offrent à leur centre un point foncé dû à l'ouverture de la vésicule d'herpès ; enfin la présence fréquente de vésicules de même nature sur la peau, sont les signes diagnostiques différentiels de l'angine herpétique et de l'angine diphthéritique.
TI. Forme commune ou phlegmoneuse. — Cette forme de