GORGE
très-grave et une autre qui se terminent constamment par la
guenson.
III. Angine gangreneuse ou maligne. — Cette forme a été nettement distinguée par Trousseau. Dans les auteurs, elle est confondue avec la diphthérie et avec les gangrènes symptomaliques.
L'angine gangreneuse débute d'une manière insidieuse et présente, comme toutes les maladies malignes, un désaccord entre tous les symptômes. Une faiblesse allant jusqu'à la prostration ; un grand malaise, de l'anxiété, avec un mouvement fébrile insignifiant, et une affection locale peu marquée, signalant le début de la maladie. Puis des eschares grises, noirâtres, accompagnées d'une exécrable fétidité, apparaissent sur l'une des amygdales ; les symptômes d'adynamie se prononcent de plus en plus ; la tendance aux lipothymies ; le refroidissement de la peau ; la lenteur ou la fréquence extrême du pouls, sa faiblesse; la dyspnée, annoncent une terminaison prochaine. La gangrène s'étend ; des phlébites superficielles ont été observées ; la mort est la terminaison presque fatale de la maladie. Il y a cependant quelques observations de guérison ; les forces se relèvent, les eschares se détachent, et une convalescence longue et difficile ramène le malade à la santé.
Les inflammations symptomatiques de la gorge sont décrites en partie avec les maladies dont elles constituent un des symptômes, les autres ont une importance pratique tellement restreinte que nous ne leur consacrerons pas de description spéciale. Nous ferons toutefois une exception pour V angine granuleuse et Yhyperthrophie des amygdales, que nous décrirons dans deuxchapitres séparés.
Traitement. — \À angine bénigne réclame l'emploi de trois médicaments : belladona, solubilis et lachesis. — Je les prescris à la troisième dilution ou trituration, 3 gouttes ou 15 cenliirnunmes dans 200 grammes d'eau, une cuillerée toutes les deux heures. Quand la difficulté d'avaler est exfrême, je prescris une
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potion plus concentrée : 60 grammes d'eau, par exemple, etj'administre des cuillerées à café.
Belladona est indiquée par la rougeur, la douleur et la sécheresse de l'arrière-gorge : par l'extension de la douleur à Y oreille. Ce médicament suffît au traitement de l'angine érythémateuse.
Solubilis est le médicament principal de l'angine pullacée et herpétique. Le dépôt blanchâtre, la salivation abondante, la gengvoite, indiquent spécialement ce médicament, qu'on alterne avec belladona s'il existe une douleur d'oreille.
Lachesis est indiqué quand la douleur diminue en avalant des solides ou des corps demi-solides ; il correspond aussi au dépôt pultacé.
Traitement de l'angine phlegmoneuse. — Nous n'avons qu'un petit nombre d'observations authentiques de phlegmon de la gorge arrêté par le traitement homœopathique et guéris avant la suppuration.
Le traitement indiqué précédemment soulage les malades et diminue l'intensité des symptômes. Mais banjta carbonica troisième et sixième dilution est le médicament capital de l'angine phlegmoneuse et plusieurs fois il a arrêté cette maladie et l'a empêchée de se terminer par suppuration.
Belladona 30° a, dans un cas, réussi à arrêter la maladie; hepar sulfuris, 5 centigrammes de la substance, a réussi dans un autre cas.