CHAPITRE II
ANGINE GLANDULEUSE
L'inflammation chronique du pharynx avec hypertrophie Bes dnmlulrs ,1,; la membrane muqueuse est une affection m.,rpde Irvs-niiui.iune et le plus liabilucllcment symptomatique do h dartre, dos kém&rrhoïdes et âe la goutte: on la retrouve aussi chez les scrofuimx et chez les phthisiques.
Cette affection a, par sa fréquence et la difficulté de sa gué-
rison, une grande importance pratique. Elle est caractérisée par un enrouement variable, par le besoin fréquent de faire une expiration brusque et bruyante, comme pour chasser du larynx ce qui l'ait obstacle à ses fonctions; enfin, par le développement des glandules de la muqueuse du voile du palais, du pharynx et du larynx.
La maladie débute habituellement par un coryza, un rhume avec enrouement ; puis, le rhume étant guéri, l'enrouement persiste avec léger mal de gorge en avalant; sensation d'un corps étranger dans le larynx; besoin d'expulser ce qui fait obstacle à la phonation. À ce moment, l'isthme du gosier est uniformément rouge ; à d'autres instants, il présente des développements vasculaires par places ; la luette est souvent volumineuse. Un peu plus tard, la maladie se caractérise davantage ; le chatouillement du larynx, la douleur en avalant persistent ; la petite toux particulière s'accompagne d'une expectoration caractéristique ; ce sont des petits crachats grisâtres, arrondis, compactes ; d'autres fois, ils sont verdâtres, un peu plus gros et ont été comparés à des pointes d'asperges ; en même temps, les granulations se montrent dans toute l'arrière-gorge. Cette maladie a une marche essentiellement chronique et rémittente ; mais lorsqu'elle dure déjà depuis plusieurs années, l'enrouement devient de plus en plus persistant ; il est marqué surtout le matin et disparaît quelquefois par l'exercice de la voix, mais pour être d'autant plus prononcé le lendemain ; il peut arriver à une aphonie complète. Cette affection, qui finit par déterminer de 1 hypochondrie et de l'amaigrissement, s'accompagne souvent d'un peu de surdité et d'une légère diminution de Y odorat ; elle rend impossible l'exercice des professions dans lesquelles? il est nécessaire de beaucoup parler ou de chanter ; elle ne guérit pas spontanément. Héréditaire comme la dartre, la goutta les hémorrlioïdesétte scrofule, Y angine glanduleuse sévit plu particulièrement chez les hommes de 25 à 35 ans ; elle at teint surtout les avocats, les prêtres, les chanteurs, les meurs publics, en un mot, ceux qui sont obligés de faire un usage immodéré de la voix.
ANGINE GLANDULEUSE. — TRAITEMENT. 111
Traitement. — Les médicaments principaux sont : belladona, sulfur, hepar suif ions, iodium, sepia, nux vomica, arsenicum, aurum, carbo vegetabilis, phosphorus.
Sepia est très-indiqué par la matière médicale : excrétion fréquente par chatouillement dans la gorge et le larynx ; enrouement qui ne permet ni de parler haut ni de chanter; crachats muqueux , blancs , qui ressemblent à des grains de millet.
J'ai obtenu de très-notables améliorations par l'administration successive de àelladonael sulfur 30e. Belladona quatre jours ; repos quatre jours, puis sulfur de la même manière ; c'est là ma médication habituelle. Quand le mal est manifestement hémorrhoïdaire, je remplace belladona par nux vomica alternée de la même manière avec sulfur. Nux vomica est encore indiquée par un grattement dans la gorge, sensation d'étranglement et de brûlure.
■Arsenicum est un des principaux médicaments ; il est indiqué, chez les dartreux. Les symptômes qui le feront choisir sont les suivants : brûlement avec sentiment de grande sécheresse, grattement avec accumulation de mucosité grise ou verdâtre d'un goût salé ; sensation de sécheresse et du brûlement dans le larynx avec expuition de mucosité, visqueuse ou grisâtre ; tussiculation ; voix enrouée.
Phosphorus trouve son indication spéciale clans la douleur du larynx même par la respiration.
Carbo vegetabilis dans l'aphonie complète.
Le traitement de cette affection est d'autant plus difficile qu'elle dépend de maladies différentes. Il faut souvent avoir recours au traitement par les eaux minérales. Le Mont-Dore el Allevard sont les deux thermes que nous recommandons sans qu'il nous soit possible de pouvoir préciser les indications qui doivent faire préférer l'une de ceseaux à l'autre.