CHAPITRE V
ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIEN
Il est utile de dire un mot du phlegmon et de l'abcès rétropharyngien, parce que cette affection est quelquefois confondue avec le croup ; nous ne parlerons que du phlegmon-aigu, et non de l'abcès par congestion qui accompagne la carie des vertèbres cervicales.
C'est surtout pendant la première enfance que le phlegmon rétro-pharyngien est difficile à diagnostiquer. Il s'annonce par un mouvement fébrile, du malaise, de l'angoisse, de l'agitation ; puis, la déglutition devient difficile, l'enfant tette difficilement; il refuse le sein et pleure toutes les fois qu'il veut avaler. A ces symptômes s'ajoutent bientôt: de la dyspnée, des accès de suffocation, de la toux, et la raucité de la voix. La compression de la partie supérieure du larynx et l'œdème de la glotte concomitante sont les causes de ces derniers accidents.
Habituellement, on peut constater un engorgement inflammatoire sur les côtés du cou : la fluctuation se reconnaît habituellement par le toucher dans un point du pharynx; souvent on constate de visu la tumeur phlegmoneuse et une déformation de l'isthme du gosier.
Le traitement médical échoue presque constamment et le phlegmon arrive à l'abcès malgré tout. On pourra employer successivement : Bryonia, mercurius et hepar sulfuris; si la dyspnée est considérable, il faudra ouvrir le plus tôt possible et peut-être pratiquer la trachéotomie.