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CHAPITRE II

ŒSOPH AGISME

L'œsophagisme, ou spasme de l'œsophage, est un symptôme commun à plusieurs maladies ; il comprend non-seulement le spasme de l'œsophage lui-même, mais encore celui du pharynx; c'est la dysphagie nerveuse. En outre, on décrit habituellement, sous ce même titre, la sensation de boule, de corps étranger dans la gorge. ,

La dysphagie nerveuse est un symptôme fréquent dans l'hystérie, l'hypochondrie, la folie et la rage; il peut apparaître encore, à titre de symptôme exceptionnel, dans l'inflammation, le cancer et le rétrécissement de l'œsophage ; enfin, on l'observe encore dans le cours d'affections organiques du cerveau et de la portion supérieure de la moelle épinière.

Ce symptôme survient brusquement pendant le repas; le malade perd tout à coup la faculté d'avaler; quelquefois le bol alimentaire, agité de mouvements contraires, est repoussé alternativement de haut en bas et de bas en haut dans toute la longueur de l'œsophage; puis une brusque contraction l'expulse au dehors ou le précipite dans l'estomac.

L'impossibilité d'avaler, de faire franchir quoi que ce soit au point rétréci spasmodiquement cesse tout à coup. Le plus souvent ce sont les solides qui passent le plus difficilement; d'autres fois ce sont les liquides. Certains malades avalent mieux chaud, les autres froid. Enfin, il faut noter une complication assez effrayante, c'est la propagation du spasme aux muscles de la glotte et la suffocation qui en est la suite.

Les circonstances qui déterminent l'accès de dysphagie nerveuse, chez les malades, sont la déglutition, quelquefois la déglutition d'un aliment en particulier ; une impression morale, l'imagination, la pensée que l'accès va survenir: l'idée qu'on est atteint de la rage à la suite de la morsure d'un chien bien portant.

La dysphagie nerveuse peut revêl i r la forme Vœsophagisme ha-

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bituel. Elle est constituée par la sensation d'un corps étranger, d'une boule ; ce symptôme est très-fréquent chez les hystériques et chez les fous ; quelquefois il est porté au point d'empêcher la déglutition. Il se rapproche alors de la dysphagie, que nous venons de décrire; mais, le plus souvent, le malade surmonte la première difficulté d'avaler; puis la sensation morbide disparaît pendant tout le repas.

Traitement. — Le cathélérisme de l'œsophage est un moyen de faire disparaître l'accès d'œsophagisme. Quand on arrive au point rétréci, on rencontre une résistance qui paraît invincible, ma is qui cède tout à coup par le contact même de la sonde. Le massage du pharynx réussit quand le symptôme siège dans les régions supérieures. La prétendue réduction de la luxation des appendices cartilagineux de Vos hyoïde (dysphagie valsalvienne), agit par le massage. On doit rapprocher de ce moyen la déglutition forcée d'une grande quantité d'eau froide (la question par l'eau) pratiquée par Récam'ier. Mais tous ces moyens sont fort pénibles, et seront remplacés avantageusement par l'administration des médicaments suivants : belladona, stramonium, hyosciamus niger, et lachesis ; puis, en seconde ligne, ignalia, valeriana.

Les trois solanées sont principalement indiquées quand la dysphagie s'accompagne de V horreur des liquides; le lachesis et Y ignatia quand le symptôme disparaît par une dégluti tion forcée.

Le sentiment de boule, chez les hystériques, réclame encore ignalia et valeriana.

Ces médicaments seront administrés d'abord à la 30e dilution, deux fois par jour. Si on n'obtenait rien, quoique le médicament parût bien indiqué, il faudrait- descendre aux triturations et à la teinture mère; mais les hautes dilutions m'ont plus souvent réussi.

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