GASTRITE. FORME CHRONIQUE
des vomissements bilieux, de la douleur épigastrique, un mouvement fébrile et de la constipation. Cette variété plus aiguë a une durée qui dépasse rarement un septénaire; elle est infiniment plus rare que la précédente.
Les vomissements bilieux, la douleur épigastrique et la constipation constituent le caractère distinctif de la gastrite.
II. Forme maligne. — Rilliet et Barthez on décrit chez les enfants une forme atavique de la gastrite. C'est une affection extrêmement grave, à marche suraiguë, qui affecte tantôt la forme méningée, tantôt la forme éclamptique, elle se distingue par l'existence habituelle de la diarrhée. On rencontre dans les auteurs quelques observations isolées de gastrite avec gangrène. Chez des enfants encore, cette variété de gastrite s'accompagne d'un mouvement fébrile violent, vomissements noirs, diarrhée, adynamie profonde et mort rapide.
III. Forme chronique. —L'histoire de la forme lente delà gastrite est beaucoup plus précise que la précédente, parce qu'elle repose sur des autopsies qui manquent à l'histoire de la gastrite bénigne.
Cette forme est fréquente dans la première enfance, où elle reconnaît pour cause une alimentation vicieuse et un sevrage prématuré. Chez l'adulte, elle est presque toujours occasionnée par un mauvais régime, par l'ingestion habituelle d'aliments indigestes et de mauvaise qualité. Les aliments épicés et de haut goût n'ont aucune action sur la production de cette maladie.
La maladie débute sourdement. Les adultes se plaignent des symptômes attribués à V embarras gastrique; les enfants mangent moins, sont constipés et maigrissent. Le vomissement est le symptôme principal de la maladie confirmée; vomissement très-fréquent des aliments; à jeun, vomissement d'un liquide filant, presque incolore; vomissement bilieux; vomissement noirâtre, marc de café comme dans le cancer; douleur épigastrique qui, chez l'enfant, se traduit par des cris, de 1 agitation, de l'insomnie; la langue est rouge sur les bords et saburrale sur la face. L'amaigrissement accompagne les vomissements et fait
des progrès rapides; les adultes perdent 40 à 60 livres en quelques mois; les enfants tombent dans un marasme comparable à celui engendré par la diarrhée cholériforme. Le teint se conserve quelque temps ; mais la pâleur avec coloration grisâtre de la peau finit par s'établir. Arrivée à cette période, la maladie persiste pendant des mois sans amener la mort. Souvent, sous l'influence d'un traitement habillement dirigé, les vomissements diminuent d'abord, puis cessent complètement ; l'appétit revient; et, après quelques semaines d'un régime restreint, les malades recouvrent leurs facultés digestives tout entières et engraissent alors, les enfants surtout, avec une grande rapidité. La constipation est le dernier symptôme qui persiste.
Si la maladie doit se terminer par la mort, les vomissements deviénnent continuels ; ils contiennent du sang ; les malades s'épuisent de plus en plus et finissent par succomber. Chez les enfants, les convulsions hâtent quelquefois ce triste dénoûment.
A Y autopsie : estomac rétréci, à parois très-épaissies ; la membrane muqueuse, d'un rouge brunâtre, ramollie et détruite dans certains points. Le microscope démontre que l'épaississemenl des parois stomacales estdû à une hypertrophie fibreuse sanstrace de production hétéromorphe .
Traitement. — Les médicaments "principaux dans le traitement de la gastrite sont nux vomica, antimonium crudum, phosphorus, arsenicum et cantharis.
Nux vomica convient surtout au début et dans la forme bénigne ; elleest indiquée par V anorexie, legoût putride, acide et amer de la bouche, le pyrosis, et principalement par les vomissements d'aliments ou de bile, avec constipation, douleur constrictive brûlante au creux de l'estomac.
Antimonium crudum est indiqué par une anorexie plus complète, des renvois ayant le goût des aliments et un sentiment manifeste de surcharge de l'estomac.
Phosphorus. Ce médicament correspond aussi aux vomissements, au pyrosis et à la douleur; mais il est caractérise par une douleur excessive, soulagée en buvant froid, et par la persistance d'un appétit maladif. Il est indiqué formellement dans le
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traitement dè la l'orme chronique; la diarrhée qui survient quelquefois ne le contre-indique nullement.
Arsenicum est le médicament principal de la forme chronique. Il correspond aux vomissements d'aliments, de bile et de sang; à la douleur avec anxiété, agitation et cris si fréquents chez les petits enfants; à l'amaigrissement excessif; à la tendance au refroidissement; au muguet ultime; au purpura et à l'état cachectique. Les douleurs sont calmées par les boissons trèschaudes.
Les indications de cantharis ne sont pas bien précises.
Le régime alimentaire est extrêmement important dans cette maladie; la diète complète avec des boissons féculentes et mucilagineuses est de rigueur dans les premiers jours de la forme bénigne. On prescrira ensuite du bouillon, du lait, un œuf à la coque, de la viande grillée ou rôtie, suivant les idiosyncrasies.
Dans la forme chronique, la diète lactée est le régime qui convient le mieux; le lait et le bouillon, le lait avec un jaune d'oeuf cru conviennent ensuite, puis la viande peu cuite ou même tout à fait crue.