CHAPITRE VII
POLYDIPSIE
C'est une névrose caractérisée par une soif excessive et par des urines non sucrées en proportion avec les boissons ; c'est le diabète insipide, la polyurie des auteurs. Nous rappelons que l'histoire de la néphrite interstitielle réclame un grand nombre de cas de polyurie et par conséquent de polydipsie.
La maladie débute souvent dès la seconde enfance, reste dans des proportions assez réduites jusqu'à la puberté, époque à laquelle elle prend tout son développement. Quand la maladie débute dans l'âge adulte, elle acquiert très-rapidement sa plus grande intensité.
Les deux sexes y sont également sujets. Nous ne savons rien de positif sur les conditions de sa production; elle est héréditaire dans certaines familles.
Le symptôme dominant de la maladie est une soif inextinguible ; soif que n'interrompt pas même le sommeil ; les malades se réveillent toutes les deux heures pourboire. Un malade de l'Hôtel-Dieu buvait une voie d'eau chaque nuit.
Les urines sont en proportion des boissons ; elles sont limpides, ne contiennent ni sucre ni albumine; elles se putréfient facilement.
La bouche et le pharynx sont secs, la salive rare; il existe au creux de l'estomac un sentiment analogue à celui de la faim, et une sensation de froid plus ou moins marquée.
Celte maladie, habituellement incurable, ne semble pas abréger l'existence ; elle est compatible avec une santé passable. L'appétit est normal; il y a quelquefois de l'amaigrissement, mais toujours une certaine faiblesse. On a noté que les malades étaient très-impressionnables au froid ; les fonctions génitales restent intactes.
Traitement. — Phosphori acidum est le médicament principal : soif inextinguible, urines très-abondantes et limpides, sentiment de froid dans l'estomac, conservation des facultés génitales.
Belladona: soif inextinguible avec angoisse, urines très-abondantes et limpides comme de l'eau. Mercurius, à des symptômes très-analogues, mais l'un et l'autre médicament produisent une diminution dans les facultés génitales qui semble les spécialiser davantage pour le traitement du diabète. Calomelas, poussée jusqu'à la salivation, a déterminé la guérison d'un cas de polydipsie. Campkora (esprit de camphre) est un bon palliatif.
Alumina a réussi surtout chez des vieillards.
Scilla a aussi été indiquée. Ce médicament agit bien pour combattre la suractivité des reins ; Hughes cite deux cas de guérison de diabète insipide obtenus par lui.
Valeriana. Rayer et Trousseau ont guéri un certain nombre de malades atteints de polydipsie avec la valériane à haute dose.
On cherchera ensuite parmi, carbo vegetabilis, conhim, ledum palustre, veratrum et arsenicum.