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DYSENTERIE. — FORME MALIGNE

diminue; l'appétit se prononce ; le sommeil revient, et les malades entrent dans une convalescence toujours longue, difficile, et souvent interrompue par des diarrhées et par de véritables rechutes.

Passage à Tétat chronique. — Après deux ou trois septénaires, le mouvement fébrile cesse; les selles deviennent moins fréquentes; elles sont lientériques et puriformes; l'amaigrissement, la perte des forces, le sentiment de froid persistent; X œdème survient. Cet état se prolonge pendant des mois, et, en dehors du traitement homœopathique, se termine presque toujours par la mort, soit dans l'algidité, comme précédemment, soit par une complication.

Complications. — Affections du foie. — Fréquentes dans les pays chauds, elles précèdent, accompagnent ou suivent un grand nombre de dysenteries ; elles sont à cette dernière affection ce que l'épididymite est à la blennorrhagie. Ce sont le plus souvent des abcès ; quelquefois des congestions^ des hypertrophies qui passent facilement à l'état chronique et persistent pendant des années. Les autres complications sont la pwitonite, due à l'extension de l'inflammation du rectum au péritoine, ou à une perforation de l'intestin ; les abcès du petit bassin, produits par le même mécanisme; des phlébites du petit bassin ou des membres inférieurs; la diathèse purulente; des êrysipèles; des arfkrU tes qui ont porté Stoll à créer la dysenterie rhumatismale. Les accidents consécutifs sont des péritonites tardives, des rétrécissements du rectum et des paraplégies.

II. Forme bénigne. — Elle est habituellement sans fièvre ou accompagnée d'un accès fébrile très-court; les selles caractéristiques sont plus ou moins abondantes; l'appétit revient promptement; les forces sont conservées; l'amaigrissement est insignifiant, et la maladie se termine le quatrième ou le septième jour.

III; Forme maligne,— Extrêmement meurtrière, elle varie

d'aspect avec les épidémies ; cependant Yalgidùé est toujours le caractère dominant. Les symptômes graves apparaissent dès le début, et la mort peut survenir dès le troisième jour, mais plus souvent à la fin du premier septénaire. Les malades présentent au plus haut degré l'état grave de la forme commune; en plus, il y a des symptômes asphyxiques marqués par la couleur bleuâtre de la face et des extrémités. Les évacuations ont une odeur gangreneuse et lie s'accompagnent pas toujours de coliques et de douleur anale. Le pouls disparaît rapidement ; le délire survient, puis une sorte de coma asphyxique qui termine la maladie.

Dans certains pays, les accidents revêtent un type franchement intermittent, c'est une pernicieuse dysentérique.

Anatomie pathologique. — La lésion constante est une inflammation ulcéreuse du rectum. Chez les malades qui succombent après le premier septénaire, on trouve toutes les membranes fortement épaissies ; le calibre de l'intestin très-rétréci ; la muqueuse ulcérée plus ou moins profondément, recouverte par place de pseudo-membranes ; des abcès sous-muqueux communiquant avec l'intestin par des ouvertures multipliées ; des points gangreneux.

La lésion diminue à mesure que l'on s'éloigne de l'extrémité inférieure ; les ganglions mésentériques, le foie et la rate, sont tuméfiés et ramollis.

L'altération du sang consiste dans une diminution de la fibrine et des globules, et une augmentation du sérum.

Etiologie. — Bpidémique, contagieuse transportée de ville en ville par les régiments qui en sont infectés, la dysenterie est surtout une maladie des pays où sévit la fièvre intermittente; elle est plus grave dans les pays chauds ; dans nos climats elle règne surtout pendant l'automne.

La cause occasionnelle la plus incontestée est le refroidissement. Les exoès peuvent être l'occasion de la maladie. L'usage des fruits ne semble pas avoir d'influence fâcheuse.

Traitement. — Traitement de la forme commune. Au début, quand la fièvre est forte, ce qui est rare, aconitum est indiqué , mais il faut promptementle remplacer par l'un des médicaments suivants :

Capsicum annuum est le médicament principal de la dysenterie à sa période d'état : ténesme excessif, petites selles glaireuses et sanguinolentes, précédées et accompagnées de coliques; ballonnement du ventre; soif et frisson après chaque selle ; sentiment de défaillance pendant la selle ; faiblesse extraordinaire.

Mercurius vient sur la même ligne que capsicum ; solubilis et corrosivus ont été employés avec succès; tous les deux correspondent'aux selles dysentériques. Solubilis s'accompagne de sueurs froides avant la selle et de chaleur pendant la selle; corrosifs correspond à des selles plus sanguinolentes, à lin ténesme plus douloureux et à l'excoriation de l'anus.

Nux vomica convient dans la dysenterie avec selles mêlées de matière fécale dure et grand ténesme.

Colocynthis est indiqué par des coliques considérables, avec rougeur et chaleur de la face pendant les coliques ; par des selles dysentériques mêlées de mucus teint en vert foncé.

Colchicum. Selles très-fréquentes, peu sanguinolentes et trèsfétides.

Ipéca convient quand les vomissements sont prédominants et aussi quand la perte du sang par les selles est considérable.

A une période plus avancée de la maladie, nous pouvons indiquer phosphorus, arsenicum Qt carbo-vegetabilis. Ces trois médicaments correspondent à ce symptôme si grave de la paralysie du sphincter, et les deux derniers au refroidissement asphyxique qui annonce et précède la terminaison par la mort. Un grand nombre d'observations cliniques prouvent l'efficacité dî! arsenicum dans la dysenterie grave.

Nous retrouvons ces trois derniers médicaments, et principalement arsenicum, dans le traitement de la forme maligne de la dysenterie. Secale cornulum et china alternés ont donné de beaux succès dans les cas très-graves (Emery).

Quand cette forme revêt le type intermittent, china est indiqué, mais principalement le sulfate de quinine, qu'il ne faut pas hésiter à prescrire à forte dose.

Aloès est plus spécialement indiqué lorsque le rectum est très-affecté et le ténesme violent, et qu'il y a défaillance après chaque garde-robe.

Arnica. En partie à cause de ses rapports avec l'hémorrhagie, en partie à cause de son influence sur la fibre musculaire, Yarnica trouve une place dans le traitement de la dysenterie.

Collinsonia, dont la sphère d'action est le canal intestinal et particulièrement le rectum, et dont l'usage donne lieu à des coliques violentes dans la région hypogastrique avant ou après les selles et à beaucoup de ténesme, devra être employé plus fréquemment qu'on ne Ta fait jusqu'à ce jour.

Citons pour mémoire Créosote, Leptandria virg. et Petroleum, qui ont été indiqués et ont réussi dans certaines épidémies de dysenterie.

Podophillum est indiqué surtout quand il y a un prolapsus du rectum.

Les doses sont» en général, d'après ma pratique, les 3e9 dilutions. t)ans un cas très-rebelle et très-intense, je me suis fort bien trouvé d'administrer 25 centigrammes delà 3e, puis de la 2° trituration d'arsenic dans Ij4 de lavement, qu'on répétait trois fois par jour.

L'état chronique demande principalement arsenicum et china, suivant le caractère de la diarrhée. Argentum nitricum a été prescrit avec succès en lavements et à forte dose. Je n'ai jamais eu l'occasion d'employer ce moyen.

Le régime est fort important dans la dysenterie. La diète absolue ne convient que les premiers jours; on doit ensuite alimenter le malade. La viande très-peu cuite, ou même tout à fait crue, est la nourriture la plus convenable ; elle doit être administrée aussitôt que l'appétit revient, même pendant la période d'état, et il faut persister si la viande, parfaitement digérée, n'occasionne pas de coliques et ne se retrouve pas dans les selles.

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