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DYSENTERIE

La dysenterie est une maladie épidémique et contagieuse, caractérisée par des évacuations fréquentes de selles petites, toujours glaireuses, et souvent sanguinolentes ; par le ténesme et par l'inflammation du rectum.

Cette maladie, qui est extrêmement meurtrière, se présente sous trois formes : forme commune; forme bénigne et forme ma" ligne.

I. Forme commune. — Cette forme, précédée souvent de courbature et de diarrhée, débute d'autres fois par un véritable

frisson suivi d'un mouvement fébrile très-intense , à type rémittent, ordinairement accompagné de vomissements. Les selles prennent bientôt leur caractère spécial, et en même temps le mouvement fébrile diminue, en sorte que, comme dans les deux espèces morbides précédentes, la chaleuï fébrile diminue à mesure que la maladie s'aggrave. Des coliques intenses précèdent et accompagnent les selles, qui deviennent très-fréquentes, jusqu'à quatre, six, huit et dix fois par heure; le ténesme est continuel. Ces selles, très-petites, sont toujours glaireuses, habituellement sanguinolentes, contenant quelquefois du sang pur, mêlé de matières fécales durcies; d'autres fois, elles sont composées de fausses membranes imitant la lavure de chair ou la tunique interne de l'intestin ; quelquefois elles sont formées de glaires teintes en vert par de la bile.

Ces symptômes augmentent pendant le premier septénaire ; les selles deviennent incessantes; l'anus, plus ou moins ouvert, reste béant; la muqueuse apparaît purulente, rouge, ulcérée ; l'amaigrissement est rapide ; le faciès est grippé et sénile , et la tendance au refroidissement a remplacé la chaleur fébrile; le pouls est fréquent et très-petit ; les vomissements et l'anorexie ont cessé ; le malade peut digérer un peu de bouillon ; il n'y a ni stupeur, ni délire, mais plutôt une indifférence profonde.

La maladie peut se terminer par la guérïson ou par la mort; d'autres fois elle passe à l'état chronique.

Terminaison far la mort. — L'amaigrissement devient squelettique; le faciès hippocratique; l'anus béant; le sphincter paralysé; les évacuations involontaires; l'algidité se prononce de plus en plus. Les malades, pelotonnés dans leur lit, en proie à des évacuations incessantes, putrides, lientériques, se refroidissent de plus en plus ; le pouls, d'abord intermittent, disparaît tout à fait; les évacuations se suppriment; les malades sont pris de de subdélirium et succombent dans un état qui présente quelque ressemblance avec la période algide du choléra.

Terminaison par la guérison. — Les selles s'éloignent, deviennent stercorales ; la chaleur reparaît; la fréquence du pouls

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