I. Forme commune. — Il y a deux degrés ou variétés
1. Variété légère. — Là bronchite constitue ici Paiïection principale ; elle drbu'te par un mouvement fébrile très-intense, précédé de frissonnements très-marqués ; le pouls est large et mou; la chaleur s'accompagne de tendance aux sueurs; la courbature est considérable , avec rachialgie ; céphalalgie frontale intense* s'irradiant dans la face ; il y a une grande prostration.
En même temps coryza fluent, auquel succèdent rapidement le mal de gorge, avec enrouement ou aphonie ; puis la bronchite, caractérisée par une toux sèche et incessante.
Les symptômes généraux tombent le quatrième ou au plus tard le septième jour; mais la faiblesse excessive, poussée jusqu'à la défaillance, l'anorexie et l'insomnie persistant encore quelquefois pendant bien des jours. Enfin les malades se lèvent; ils recouvrent de l'appétit et du sommeil; mais ils conservent une toux qui devient grasse , quinleuse, avec effort de vomissements, et môme vomissements; quelquefois épistaxis. Cette toux, qui ressemble à celle de la coqueluche, se prolonge plusieurs semaines; l'expectoration
devient de plus en plus épaisse et colorée ; les quintes s'éloignent d'abord, diminuent ensuite et finissent par disparaîtra.
2° Variété grave. — L'affection pulmonaire est caractérisée, dans cette variété, par la bronchite capillaire, avec engouement des poumons et hépatisation disséminée. Cette variété débute souvent comme la précédente; seulement, sous l'influence d'un refroidissement ou d'un excès, l'inflammation se propage aux petites bronches, et la première variété se transforme dans la seconde. D'autres fois, la gravité de la maladie apparaît dès le début. Le frisson est plus marqué, le mouvement fébrile est plus intense, une dyspnée notable, avec état vultueux de la face et une grande prostration, caractérisent déjà la maladie. . La période d'état s'établit habituellement dès le quatrième jour, quelquefois plus tard. Comme dans les maladies de la même classe, la chaleur fébrile est d'autant moins accusée que l'état est plus grave. Le pouls est mou, petit, intermittent: il y a une tendance à la sueur; la dyspnée est considérable, et c'est là le symptôme principal; la face est vultueuse et présente très-souvent une légère teinte asphyxique; la toux, très-fréquente, facile, amène une expectoration très-abondante de crachats puriformes très-épais, tenaces, quelquefois demi-sofides.
Cette variété se termine souvent par la mort. La dyspnée fait des progrès ; il survient des accès de suffocation horribles ; et les malades périssent tout à coup dans un de ces accès, ou bien s'éteignent plus lentement dans l'asphyxie, par la réplétion des bronches.
Lorsque la guérison doit avoir lieu, la dyspnée diminue, ainsi que l'expectoration ; le sommeil et l'appétit reviennent*
Dans certaines épidémies, la forme commune se complique avec la diphthérie et avec les oreillons. La prédominance de J'otite, du coryza, de névralgies diverses, d'ophthalmies, impriment un caractère tout particulier à certaines épidémies.
Il faut savoir que la grippe est souvent la première étape de la phthisie pulmonaire.