GRIPPE. ~ FORME MALIGNE
• IL Forme bénigne. — La durée est courte, l'affection locale de peu d'importance ; mais les symptômes généraux sont trèsprononcés et hors de proportion avec les symptômes locaux.
Cette forme débute par de petits frissons, ou simplement par un peu de frilosité. Elle se caractérise par une courbature excessive, un affaiblissement considérable, une insomnie complète. La céphalalgie est considérable ; l'affection locale est tantôt le coryza, tantôt l'otite, tantôt le mal de gorge, ou le rhume ; d'autres fois, une névralgie ou une conjonctivite. Le mouvement fébrile se développe plus ou moins complètement, et la maladie se termine du quatrième au septième jour.
III. Formé maligne. Cette forme est fréquente dans certaines épidémies ; elle est caractérisée surtout par la sidération des forces et par le défaut de proportion entre les symptômes. L'affection habituelle de cette forme est la bronchite capillaire, avec engouement des poumons. Mais chaque épidémie revêt un caractère particulier, et quelquefois la mort survient avant que la lésion pulmonaire soit développée.
La maladie débute par un frisson violent et par un état fébrile bien accusé ; la somnolence et le coma apparaissent dès le second jour ; il y a une extrême prostration ; la langue et la gorge se sèchent; le délire survient; le pouls est petit, inégal, fuyant ; la respiration est composée de soupirs profonds. Les soubresauts des tendons , les lipothymies, l'asphyxie, les sueurs froides ; des crachats putrides et noirâtres ; quelquefois une diarrhée séreuse, abondante, involontaire; des œdèmes, des parotides, des gangrènes, caractérisent la grippe maligne à sa période d'état. La mort survient quelquefois dès le troisième jour, mais habituellement aussi le quatrième et le septième jour.
x Lésions. — Dans l'épidémie de Nantes on rencontra constamment une abondance de caillots flbrineux , durs , jaunâtres, remplissant complètement le ventricule et l'oreillette droite. Ces caillots se continuaient dans les veinée caves, mais surtout dans l'artère pulmonaire, qu'ils oblitéraient complète-
ment, remplissant toutes les ramifications comme une injection solidifiée. Dans le cœur gauche, il y avait moins de caillots.
Les bronches, entièrement remplies par un liquide mucosopurulent, présentaient, ainsi que le tissu pulmonaire, tous les degrés de l'inflammation propre aux bronchites capillaires, jusqu'à l'hépatisation, disséminées en noyaux plus ou moins volumineux.
Étiologie. — Maladie épidémique, transmissible par contagion, et aussi à grandes distances, par l'atmosphère des malades , la grippe sévit en toutes saisons, mais moins fréquemment en été. L'encombrement est une condition qui la rend plus grave dans les casernes et dans les hôpitaux. Les refroidissements, les excès, mais surtout la fatigue, servent d'occasion à son développement.
Traitement. — Aconit, au début, ipéca et bryonia alternées, tartarus emeticus sont les principaux médicaments dans la forme commune de la grippe, et nous renvoyons à l'histoire du catarrhe pulmonaire pour l'étude des médicaments en particulier. Mais il ne * faut pas oublier les caractères généraux de la grippe pour ne s'occuper que de ses caractères locaux, des symptômes des bronchites. Aces symptômes généraux correspondent arsenic, china 9 camphora.
Eupatorium fer fol. Très-employé en Amérique contre la grippe, surtout quand les douleurs ostéocopes de cette maladie sont intenses.
Kali bichromicum d'après sa pathogénésie correspond assez bien aux symptômes de la grippe, contre laquelle il a été employé avec succès.
Camphora répond à l'extrême faiblesse, avec sentiment de défaillance, pâleur et froid mortels de la face, pouls petit et lent, alternant rapidement avec un état contraire, rougeur et chaleur de la face avec pouls fort et accéléré ; grande anxiété morale.
Arsenicum, l'insomnie, avec agitation anxieuse et envie de sortir du lit ; une grande faiblesse avec tendance à la défail-