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SOMNAMBULISME

Le somnambulisme essentiel est une névrose caractérisée par un sommeil morbide, pendant lequel le malade parle, agit, tombe en extase, en catalepsie ou en convulsion, comme dans le somnambulisme magnétique. Cette maladie procède par accès, et le malade ne conserve aucun souvenir de ce qui s'est passé pendant les accès.

Le somnambulisme essentiel présente quatre formes à étudier ;

1° Le somnambulisme proprement dit ;

2° Le somnambulisme convulsif;

3o Le somnambulisme cataleptique, ou catalepsie;

4° Le somnambulisme acrobatique généralement décrit sous le nom de choréesaltatoire.

• Toutes ces formes présentent des degrés ou variétés qui, comme dans toutes les névroses, présentent une grande diversité.

Le somnambulisme pathologique est souvent symptomatique

de l'hystérie ; il présente dans cette maladie des variétés nombreuses et plus ou moins anakgues à celles du somnambulisme essentiel.

I. Somnambulisme proprement dit. — Cette variété du somnambulisme est caractérisée par l'exécution, pendant le sommeil, d'actes de la vie intellectuelle et animale, qui, dans l'état de santé, ne se produisent que pendant la veille. C4etle variété survient toujours pendant le sommeil naturel, et c'est là le caractère de cette forme. Le malade ne conserve aucun souvenir de ce qui s'est passé pendant l'accès.

Au milieu du sommeil, le malade se lève, marche avec sûreté dans l'obscurité la plus profonde, souvent les yeux fermés ; il monte et descend les escaliers, ouvre les portes, va au loin, monte à cheval, quelquefois passe par des endroits périlleux et toujours avec beaucoup plus d'audace et d'adresse que dans l'état de veille. Louyer-Villermay rapporte l'observation d'un homme qui accomplissait l'acte conjugal pendant l'accès du somnambulisme. D'autres fois, le malade écrit et se livre à un travail intellectuel qui dénote une grande surexcitation cérébrale. D'autres fois, mais plus rarement, il parle, soit spontanément, soit lorsqu'on l'interroge, et ses discours comme ses écrits témoignent d'une certaine supériorité relative à ce qu'il est pendant l'état de veille. Cette supériorité existe surtout pour deux facultés, Yimagination et la mémoire. Ainsi, le malade se rappelle des langues dont il a perdu l'usage ou des morceaux autrefois appris par cœur. Souvent il lui arrive d'improviser en vers ou en prose, et dans un style qui ne lui est pas habituel en dehors des accès.

L'accès se termine habituellement par la substitution insensible du sommeil physiologique au sommeil morbide, et le lendemain le malade ne conserve aucun souvenir de ce qui s'est passé. Souvent il ressent une légère courbature et un peu de céphalalgie. D'autres fois, l'accès est interrompu brusquement par un réveil accidentel. Alors le malade ahuri ne comprend rien à sa situation. Si ce réveil a lieu dans un lieu difficile, il peut être précipité ou être dans l'impossibilité de repasser,

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