SOMNAMBULISME. — FORME CONVULSIVE
pendant l'état de veille, dans les endroits où il a passé étant endormi.
Tel est le somnambulisme simple qui présente de nombreux degrés, depuis le malade qui s'assied dans son lit et répond quelques mots jusqu'à celui qui escalade les murs, va au loin, écrit, compose, prophétise, etc.
II. Somnambulisme convulsif. — Cette forme est caractérisée par des accès de convulsions cloniques générales, soit seulement au début de l'attaque, soit renouvelées plusieurs fois pendant sa durée. Elle survient quelquefois pendant un sommeil naturel , mais le plus souvent pendant un sommeil morbide. Voici les principaux traits de cette forme.
Très-souvent, à l'occasion d'un excès de table, ou après une émotion morale ou une surexcitation quelconque, le malade s'endort d'un sommeil pathologique, puis au bout de quelques minutes le sommeil est interrompu par des accès convulsifs extrêmement violents, qui ont la plus grande ressemblance avec les grandes attaques d'hystérie. Ce sont de grands mouvements d'extension et de flexion des membres, des mouvements de totalité du corps; les convulsions ne prédominent pas d'un côté, il y en a très-peu à la face, il n'y a point de spasmes de la glotte ni du pharynx.
Après ces convulsions, dont la durée est variable, le malade se met à parler haut et avec suite. Quelquefois les discours des * malades sont très-variés, d'autres fois, c'est une longue narration d'événements qui les ont beaucoup impressionnés et qu'en dehors des attaques ils tiennent secrets ; souvent ils répondent aux questions qui leur sont posées par les assistants. Quelquefois les convulsions reparaissent, surtout si on tourmente le malade et si on veutles faire changer de lieu. Dans certains cas j'ai vu, lorsque les maladesétaient trop fortement contrariés, éclater une véritable fureur, avec lutte et tendance à frapper. L'accès se termine par un sommeil plus ou moins court, qui semble naturel; puis les malades reviennent à eux sans conserver aucun souvenir de ce qui s'est passé.
J'ai observé des malades dont les accès commençaient tou-
jours de la môme manière, par la même pose, les mêmes gestes, les mêmes convulsions, le même délire.
III. Catalpsie. — La catalepsie est une affection morbide caractérisée par un sommeil morbide (sopor, soporis detentto, coma vigil) pendant lequel les malades sont dans une immobilité complète (congelatio) et gardent indéfiniment les positions communiquées. Dans le développement complet de la maladie, il y a toujours suspension complète de la connaissance.
Ce symptôme si bizarre de l'immobilité cataleptique dans la situation où l'accès a saisi le malade ou dans celles qu'on lui communique ; cette faculté que possèdent les malades de conserver indéfiniment (dans les accès complets) les situations les plus fatigantes, tient à la perte de la conscience de la contraction musculaire qui soustrait cette fonction à la volonté, et en même temps à une anesthésie profonde qui détruit le sentiment de fatigue.
La catalepsie peut survenir comme affection symptomatique dans le cours de l'hystérie, dans la folie, et très-incomplètement dans la méningite, la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, les vers intestinaux, les fièvres intermittentes ; mais la catalepsie essentielle est de beaucoup la plus fréquente et, à l'inverse de l'hystérie, elle sévit beaucoup plus fréquemment chez l'homme que chez la femme.
Elle présente quatre variétés : la variété commune, Yextatique la somnambulique et l 'incomplète.
1° Variété commune. — Quand les symptômes précurseurs existent, ils consistent dans de la céphalalgie, de la roideur des paupières, du cou, de la mâchoire , mais principalement dans la lenteur des réponses, l'engourdissement de l'in telligence et une tendance marquée au sommeil.
Les aura venus de l'estomac et de l'hypogastre ne s'observent que dans la catalepsie hystérique. Quelquefois l'accès débute brusquement sous l'influence d'une émotion morale violente, sous l'influence de la frayeur, de l'horreur ou de la crainte. Le malade est saisi brusquement par la maladie et reste comme pétrifié dans la position où l'accès le surprend, sa