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SOMNAMBULISME. — CATALEPSIE

figure exprimant encore la passion qui a été l'occasion de l'accès.

Mais le plus souvent l'accès survient lentement, le malade s'endort peu à peu, et bientôt il présente avec l'immobilité une anesthésie complète. C'est seulement quand cette anesthésieest complète, quand les malades sont insensibles à tous les excitants, que se manifeste la faculté de conserver les positions communiquées.

La face est ordinairement un peu rouge, l'œil ouvert; le malade reste complètement immobile dans les situations où on le place ; la respiration est lente et peu profonde ; le pouls lent et faible ; la calorification au-dessous de l'ordinaire et les excrétions complètement suspendues. Il existe habituellement un peu de trismus.

Dans les cas plus intenses, la respiration et le pouls sont insensibles et il y a mort apparente (un moine fut enterré vivant; — voir dans Puel, (1) l'histoire du médecin de Montmorency).

L'accès dure depuis une demi-heure jusqu'à plusieurs jours, puis le malade fait quelques inspirations profondes, s'étire, s'éveille et reste tout étonné de ce qui vient de lui arriver ; du reste il n'en conserve aucun souvenir.

Les accès se répètent ainsi pendant longtemps, quelquefois après des causes occasionnelles, quelquefois sans cause, à des intervalles habituellement irréguliers et quelquefois à des intervalles réguliers. Quelques malades conservent comme phénomènes consécutifs des contractions et des paralysies transitoires de la vue, de l'ouïe et de la parole.

2° Variété somnambulique. — Dans cette variété, l'accès cataleptique se combine avec un accès de somnambulisme or- . dinaire, l'immobilité s'interrompt à un certain moment; le malade parle, tient des discours suivis, quelquefois avec une éloquence relative; il chante, il récite des vers, il répond aux questions des personnes présentes, surtout si les personnes lui prennent la main (autre point de contact avec le magnétisme animal). Dans cet état, le malade marche avec sécurité dans les

(l) Puel. De la catalepsie. Paris, 1856.

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lieux difficiles et totalement obscurs ; il ouvre les portes, écrit comme dans la forme commune du somnambulisme.

L'accès se termine de deux manières : le plus souvent l'état cataleptique reparaît et se termine comme dans la variété précédente ; d'autres fois l'accès se termine par un sommeil qui semble naturel.

Dans tous les cas dont nous possédons l'observation, les phénomènes de paroles et de déambulation se reproduisaient identiques à chaque accès.

3° Variété extatique. — Dans cette variété, les malades conservent la situation dans laquelle ils se sont endormis, mais ils ne gardent point les poses communiquées. Les malades immobiles, l'air inspiré, l'œil ouvert, dans l'attitude de la contemplation ou de la prière, semblent ravis par une pensée intérieure. Cependant ils ne conservent aucun souvenir de ce qu1 s'est passé pendant leur attaque, et Tissot avait raison de considérer comme des fourbes les cataleptiques qui racontaient les pensées dont ils avaient été occupés pendant l'attaque.

On voit de suite les analogies et les différences qui existent entre l'extase cataleptique et l'extase des illuminés. Cependant, on trouve dans la plupart des auteurs une confusion regrettable sur ce point et une description fantaisiste de l'extase, empruntée à la vie des saints, des grands hommes et des illuminés, le tout confondu avec l'extase cataleptique, l'extase de l'hystérie, celui de la folie et des empoisonnements.

4o Variété incomplète. — Les accès incomplets existent au début et à la fin de la maladie, alors que celle-ci doit se terminer par la guérison. La connaissance est alors plus ou moins conservée, et les phénomènes d'anesthésie et d'immobilité sont moins complets.

Dans certains cas, l'accès est borné à quelques symptômes isolés avec conservation entière de la connaissance, Telles sont les observations de catalepsie bornées à un côté du "corps, ou même à un seul membre, à un bras, par exemple.

La marche de la maladie est essentiellement chronique et périodique ; sa durée extrêmement variable, puisqu'elle peut être

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bornée à un seul accès et quePuel rapporte une observation de J,200 accès. La plus longue durée observée a été de huit ans. Les accès durent ou quelques minutes ou quelques heures.

Bourdin a observé un cas où l'accès a duré uh mois et Sarlandière un autre d'une durée de quatre mois.

La guérison est la terminaison habituelle de la catalepsie.

Anatomie pathologique. — Une autopsie, faite avec soin par Rostan, a démontré l'absence de lésion.

Etiologie. — Les circonstances étio logiques à noter sont Y hé" redite, l'influence du sexe masculin qui serait considérable si on défalquait tous les cas de catalepsie hystérique ; Yâge. La fréquence la plus grande de la maladie est de 10 à 30 ans. ( Sur 94 cas, 64 cas de 4 1 à 30 ans. Puel.)

Enfin, les accès sont plus fréquents le jour, et les émotions morales sont des occasions puissantes du développement des accès. La foudre, d'après Bourdin, semble aussi exercer une influence accidentelle sur leur production.

IV. Corybantisme ou ACROBATISME.— La chorée salutatoire que nous avons proposé d'appeler corybantisme ou acrobatisme pour la distinguer nettement de la chorée avec laquelle elle ne présente aucune analogie, est une affection extrêmement rare et fort mal étudiée ; — il semble que les médecins qui ont eu l'occasion d'observer cette maladie, aient été distraits de l'étude sérieuse de ses symptômes et de sa marche par la bizarrerie même des phénomènes qui la constituent ; presque tous restent étonnés vis-à-vis des tours d'acrobate exécutés par les malades, et les décrivent très-minutieusement ; mais très-peu s'occupent de décrire le commencement et la fin des accès, la succession des symptômes et les rapports qui peuvent exister entre cette affection et les autres névroses.

La lecture des observations nous a convaincu qu'un certain nombre de ces cas curieux devaient être rapportés à des affections vermineuses, mais principalement à l'hystérie; le plus

grand nombre cependant nous a paru être indépendant de toute autre maladie et constituent, par conséquent, une espèce morbide. — Cette espèce morbide est caractérisée : i° par des accès pendant lesquels les malades sont pris, non de convulsions, mais de mouvements parfaitement coordonnés, extrêmement violents et rapides ; mouvements de danse, de culbute, de saut, semblables à ceux des acrobates ; 2° par un sommeil pathologique qui marque le début des accès et rattache cette maladie au somnambulisme pathologique. Le sommeil magnétique est noté expressément dans les observations de Kerner et de Devar(l).

Début. — L'accès débute par la lourdeur de tête, la lenteur des réponses, le regard devient vague, puis les yeux se ferment, la face se colore légèrement, la tête s'incline sur Tune des épaules ou sur la poitrine, le corps s'affaisse, la respiration s'accélère, le sommeil est profond ; puis, après quelques minutes de ce sommeil, tout à coup le malade se lève et avec une agilité surprenante s'élance sur le haut d'un meuble et se livre aux sauts les plus extravagants ; puis, se jetant à terre et s'y tenant étendu, il roule avec rapidité d'une extrémité à l'autre de la

chambre, et après quelques minutes de cet exercice il se relève tout d'une pièce comme par un ressort ; alors il se renverse en arrière, ne touchant la terre que par les pieds et le sommet de la tête, ou bien il prend une position inverse; quelquefois dans cette position ou en équilibre sur un pied, il tourne avec une rapidité vertigineuse ; enfin le corps s'affaisse de-nouveau, puis l'accès cesse sans laisser aucun souvenir au malade qui, seulement, reste brisé et courbaturé de tous ces mouvements. Sauf la fatigue, l'appétit et le reste de la santé semblent conservés.

Cette maladie attaque surtout les adolescents des deux sexes, elle se communique par l'exemple; sa durée n'est pas bien connue. Au début, chez quelques malades, les accès ont été incomplets et bornés à un sommeil pathologique, les symptômes

(l) Observations 64 et 66 de Roth, De la musculation irrésistible.

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