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ATAX1E LOCOMOTRICE. — FORME COMMUNE

importants, comme les douleurs fulgurantes par exemple. On peut partager en trois périodes la marche de la maladie: début, période d'état et période ultime.

1° Période du début. — Des douleurs fulgurantes ou térébran tes, des paralysies très-localisées, des troubles dans les fonctions génitales, des vertiges, caractérisent cette première période.

Nous retrouverons et nous décrirons les douleurs dans la période d'état; les paralysies sont souvent transitoires, les plus fréquentes sont celles de la troisième et de la sixième paire, d'où strabisme, diplopie et, dans le dernier cas, chute de la paupière supérieure, paralysie de l'iris, amblyopie et amaurose, mais habituellement bornées à un seul œil; cependant quelques malades deviennent complètement aveugles. La surdité est beaucoup plus rare.

La paralysie incomplète du sphincter de la vessie et l'incontinence d'urine est un symptôme plus fréquent. Plusieurs fois, dès le début de la maladie, j'ai observé une véritable ataxie des muscles défécateurs et expulseurs de l'urine, qui se traduisait par des selles involontaires quand le malade voulait uriner ou par la brusque sortie des urines quand le malade voulait lâcher un vent ou aller à la selle. Les troubles des organes génitaux sont habituellement une surexcitation de ces organes, jointe à une éjaculation trop facile et à de véritables spermatorrhées.

Le vertige dont on a voulu faire, à tort, le signe de l'ataxie liée à une affection du cervelet, est fréquent dans la maladie que nous décrivons, il marque souvent le passage de la première à la seconde période; il se manifeste principalement quand le malade marche sur un terrain glissant, difficile, ou au milieu de la foule.

2<> Période d'état. — Elle est caractérisée par le désordre du mouvement qui donne son nom à la maladie. Le plus souvent, le malade s'aperçoit de ce désordre, par la crainte de tomber quand il veut se retourner brusquement, ou bien quand il marche sur un terrain glissant, difficile, quand il descend un

escalier : il sent qu'il perd l'équilibre, il s'arrête court, cherche un point d'appui et éprouve de la difficulté à repartir; souvent un état vertigineux évident, surtout au début, rend encore la marche encore plus difficile. D'autres malades se sont aperçus du début de la maladie parce qu'ils ne pouvaient plus sauter, danser, courir ou montera cheval.

La démarche devient caractéristique; le malade hésite au départ; il chancelé et a besoin d'un appui; après quelques pas, il marche d'une manière plus assurée, mais les membres roides, lançant le pied par saccade et frappant lourdement le sol du talon ; quelques-uns accélèrent la marche et vont à.petis pas très-pressés.

Sur un terrain uni, Tataxique peut ainsi fournir une trèslongue course; mais s'il rencontre un obstacle, s'il change brusquement de direction, il chancelé de nouveau. La maladie faisant des progrès, les mouvements deviennent de plus en plus violents et désordonnés ; le malade fait des efforts considérables pour se maintenir en équilibre et progresser; il se fatigue et bientôt est obligé de s'arrêter épuisé et haletant. Le désordre des mouvements augmente encore : le malade est obligé de rester assis sans que les muscles aient rien perdu de leur contractilité, mais parce que les mouvements ne peuvent plus être assez coordonnés pour permettre ni la station, ni la progression. A cette époque, le malade éprouve quelquefois des mouvements involontaires , sorte de secousses convulsives d'une extrême violence.

L'anesthésie, l'analgésie et la perte de la conscience de l'activité musculaire, sont des symptômes presque constants à cette période ; ils contribuent à la gêne des mouvements el leur donnent quelques caractères tout spéciaux. Le malade ne sent pas le terrain sur lequel il marche ou il le sent mal ; il a perdu la conscience de la contraction musculaire, en sorte que s'il ferme les yeux, ou s'il est dans l'obscurité, la démarche et même la station deviennent excessivement difficiles, et, à un certain degré, complètement impossibles. Si on fait tenir le malade debout, les pieds rapprochés, il peut encore sans appui garder celte situation, mais, s'il ferme les yeux , il perd l'équilibre

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