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ATAXIE LOCOMOTRICE. ATATOMIE PATHOLOGIQUE

ques mois ; enfin, on observe fréquemment une forme d'ataxie dans laquelle la deuxième période se prolonge indéfiniment. La maladie, loin d'être progressive, reste indéfiniment stationnaire et peut durer dix, vingt et trente ans, Habituellement la mort arrivé par une maladie intercurrente sans que la troisième pé-» riode de l'ataxie se manifeste jamais.

Anatomie pathologique. — Chez un certain nombre de malades, on ne rencontre pas de lésion appréciable sans microscope : ce qui avait fait dire que la sclérose des cordons postérieurs n'était pas une lésion constante de l'ataxie locomotrice ; mais l'examen microscopique, en démontrant l'existence constante d'une myélite, est venu renverser cette opinion.

Habituellement, quand on ouvre le rachis, on trouve les membranes très-injectées, la pie-mère adhérente à la moelle. Celle-ci présente dans ses cordons postérieurs, d'abord une augmentation de volume bientôt remplacée par une diminution qui peut aller jusqu'au trois quarts de l'organe ; elle a pris une couleur jaunâtre, quelquefois demi-transparente. Cette lésion est d'autant plus marquée, qu'on examine la moelle à une région plus inférieure, elle diminue progressivement à mesure qu'on s'élève vers la région cervicale. La lésion siège principalement dans les faisceaux radiculaires postérieures, mais elle finit presque toujours par atteindre les faisceaux moyens ou faisceaux de Goll.

Dès le début de la maladie, le microscope révèle une lésion siégeant dans la névroglie et dans les parois des petites artères. Les parois des petits vaisseaux sont épaissies par des couches superposées de petites cellules arrondies. Les cellules delà névroglie (tissu conjonctif du système nerveux) sont agrandies ; leurs noyaux multipliés et augmentés de volume sont entourés d'une couche de protaplasma.

Plus tard, à ces lésions qui ne sont en définitif qu'une prolifération du tissu conjonctif, une inflammation interstitielle ou sclérose, vient se joindre une altération du tissu nerveux luimême; celui-ci comme étranglé par la prolifération et la rétraction de la névroglie s'atrophie. Les tubes nerveux perdent

leur moelle qui subit le segmentation granuleuse; les cylindres-axes deviennent transparents, pâles et granuleux; des granulations graisseuses et amyloïdes se produisent et le tissu nerveux est en résumé plus ou moins complètement détruit.

Dans certains cas exceptionnels et à marche moins chronique on rencontre un véritable ramollissement de la substance grise ; dans ce cas il y a eu myélite parenchymateuse> c'est-à-dire qui a commencé par le tissu nerveux lui-même.

Étiologie. — Elle est identique avec celle de la paralysie générale. Cette maladie survient le plus souvent de 30 à 40 ans ; elle atteint beaucoup plus d'hommes que de femmes ; ellealterne dans les familles avec la folie, la paralysie générale et les autres névroses ; elle survient habituellement dans des constitutions très-vigoureuses, chez des hommes doués d'une vigueur musculaire extraordinaire ; l'abus de l'alcool, du tabac et des femmes, constitue les circonstances les plus favorables à son développement. L'affection hémorrhoïdaire joue un rôle fort important dans la genèse de l'ataxie locomotrice comme dans celle de la paralysie générale.

Traitement. — Le traitement de cette maladie est encore fort peu avancé. L'hydrothérapie, les bains de mer, les eaux de Néris, celles de Wildbad et deGastein comptent quelques succès. Les médicaments, quoique n'ayant pas encore, à ma connaissance, amené de guérison radicale, sont d'un grand secours pour combattre les douleurs et même pour arrêter la marche de la maladie. Voici les principaux :

Helleborus niger,pkosphorus, arsenicum, angustura spuria, nux vomica, belladona, chamomilla, argentum nitricum^tarentula^zincum oxydatum, conium.

Angustura spwia repond aux douleurs fulgurantes avec secousses électriques dans les membres. Belladona^ alternée avec chamomilla, m'a souvent servi à calmer les mêmes douleurs quand angustura avait échoué. Richard Hugues conseille belladone au début et prétend avoir obtenu une guérison avec ce mé-

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