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CHAPITRE IV

PARALYSIE LABIO-QLOSSO-PHARYNGIENNE

Définition. — Sous le nom de paralysie progressive de la langue, de Vorbiculaire des lèvres et du voile du palais, M. Duchenne (de Boulogne) a décrit une névrose extrêmement rare(i).

Cette maladie, suffisamment définie par le nom que lui a donné M. Duchenne (de Boulogne), survient sans cause occasionnelle, au milieu de la santé, et plus fréquemment entre 40 et 50 ans ; elle débute par un sentiment de gêne dans la prononciation et dans la déglutition, habituellement attribué par les malades à un mal de gorge. Le malade parle du nez et de la gorge, sans presque remuer la langue qui reste de plus en plus immobile sur le plancher de la bouche ; la déglutition des liquides d'abord, puis celle des solides, deviennent impossibles. La langue ne pouvant plus exécuter ce temps de la déglutition dans lequel sa pointe parcourt le palais d'avant en arrière, le bol alimentaire est porté difficilement vers le pharynx; et s'il y arrive, il est rejeté violemment par les fosses nasales ou par la bouche, parce que la paralysie du voile du palais détruit la synergie nécessaire à la déglutition et ne fait plus équilibre au pharynx qui reste indemne de toute paralysie. La salive ne pouvant être avalée s'accumule et s'épaissit dans la bouche; la paralysie de la langue et de l'orbiculaire des lèvres s'oppose à son expuition et le malade la laisse écouler dans son mouchoir. En même temps, la parole devient de plus en plus difficile et à peu près impossible. La paralysie du voile du palais empêche l'action de souffler, parce que l'air, comme les aliments, repasse par les fosses nasales. La paralysie de l'orbiculaire des lèvres empêche de prononcer les labiales : o, u; de donner un baiser ; dans le rire, les lèvres sont entraînées par les muscles antagonistes et le malade obligé de les ramener avec les doigts ; au repos, la bouche semble plus grande,

(1) Duchenne. De l'électrisation localisée, 3e édit. Paris, 1872.

les lignes naso-labiales se creusent et donnent au malade l'air pleureur. Remarquons encore que la langue est manifestement atrophiée, et comme ridée ; que la paralysie du voile du palais étant symétrique est difficilement reconnue, d'autant que l'irritabilité musculaire est conservée ainsi que la cmtractilUé électrique.

La difficulté de la déglutition amène l'amaigrissement et la perte des forces ; et le malade, sans fièvre, sans douleurs, sans troubles intellectuels, muet, et dans l'impossibilité complète d'avaler, assiste ainsi à son agonie et à sa mort après un temps qui varie de six mois à trois ans.

A une époque variable, mais toujours quand l'amaigrissement et la perte des forces sont notables, apparaissent des accès de suffocation, d'autres fois, des accès de syncope dont nous ne possédons pas l'explication physiologique, mais qui terminent brusquement la vie des malades; autrement ils meurent littéralement de soif et de faim. •

Voici l'ordre dans lequel se paralysent les mucîes : langue, voile du palais, orbiculaire des lèvres, cet ordre n'est pas constant. La marche est continue, réellement progressive, sans état stationnaire. La durée Ab la maladie est de six mois à trois ans, la terminaison est constamment la mort.

Anatomie pathologique. — Cette maladie s'accompagne toujours de la sclérose et de l'atrophie des racines des nerfs qui animent les muscles paralysées et souvent des nerfs euxmêmes.

Traitement. — Nul jusqu'à présent ; il faut nourrir les malades le plus longtemps possible. La faradisation n'a produit qu'une amélioration passagère; comme médicament nous avons essayé sans succès la tarentule et la noix vomique.

La noix vomique (3) combinée avec l'hydrothérapie et l'électricité à courant continu nous a donné un demi succès c'est-àdire un arrêt indéfini de la maladie.

Plumbum, par son action évidente sur ja subscance grise des cornes antérieures, est indiqué dans cette paralysie.

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