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CHAPITRE II

Nous donnerons d'abord, en quelques mots, l'évolution de la dentition physiologique.

La première dentition est à peu près la seule qui soit l'occasion de souffrances et de maladie; elle se compose de l'éruption de 20 dents, éruption qui commence du sixième au neuvième mois, pour se terminer à la fin de la seconde année ou dans le cours de la troisième. Caette éruption se fait par groupes, séparés par des intervalles de repos. Le premier groupe comprend les deux incisives médianes inférieures. Deux ou trois mois après, apparaissent les quatre incisives supérieures. Les deux incisives latérales inférieures et les quatre premières molaires font leur apparition deux mois après. Ici se trouve un temps d'arrêt plus considérable, qui varie de quatre à cinq mois, et alors apparaissent les canines. Encore un repos de cinq mois, puis les secondes molaires viennent compléter la première dentition.

Ces chiffres, que nous empruntons à Trousseau (1), expriment les faits tels qu'Us se passent habituellement, mais ne tiennent pas compte des termes extrêmes et des exceptions.

Souffrances de la dentition. — La douleur des gencives avec rougeur d'une joue et pâleur de l'autre, le changement du caractère, l'insomnie avec petits mouvements fébriles constituent les souffrances les plus ordinaires de la dentition. Ces souffrances se prolongent sept à huit jours et cessent avec la sortie des dents. A un degré plus élevé, il se joint des vomissements de lait et une diarrhée contenant des parties de lait indigérées, que les gens du monde prennent pour les germes des dents; des plaques érythémateuses sur différentes parties du corps, et souvent une toux laryngée.

(1) Trousseau. Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu, 5e édition. Paris, 1877.

Traitement. — Contre ces accidents, je conseille chamomilla 3e ou 6e dilution, une cuillerée toutes les deux ou trois heures. Ce médicament suffit toujours dans les cas simples; il faut aider son action par des bains et par une diminution notable dans 1'alimenJ.ation des enfants qui, pendant ces accidents, doivent se contenter du sein où du biberon. Aconitum est demandé par la toux laryngée et le mouvement fébrile. Les accidents d'éclampsie, de choléra infantile, et de diarrhée grave sont souvent prévenus par ce traitement.

Sevrage. — C'est ici le lieu de rappeler que l'époque du sevrage doit être fixée, non par l'âgé de l'enfant, mais par la dentition ; qu'on doit, autant que possible, attendre l'éruption des canines, et, dans tous les cas, choisir une des périodes d'arrêt qui sépare l'éruption des différents groupes pour opérer ce changement souvent si périlleux.

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