EMPOISONNEMENT PAR LES MINÉRAUX
Art. Itr. — Empoisonnement par les acides*
Les trois acides stdfurique, nitrique et chlor hydrique, le bleu en liqueur sont les agents ordinaires de ces empoisonnements.
Les symptômes communs sont : une douleur atroce ; une brûlure de la bouche et de l'œsophage ; la coloration noire des lèvres pour l'acide sulfurique, jaune pour l'acide nitrique, rouge pour l'acide chlorhydrique; des vomissements qui cohérent en rouge la teinture de tournesol et bouillonnent sur le carreau ; la diarrhée ; la soif; les sueurs froides ; la face livide; le délire et le coma. Quelquefois les accidents sont moins intenses, mais les malades succombent aux suites de la gastrite.
Traitement.:— Pas de vomitif. Magnésie hydratée en excès ou, à son défaut, eau de savon; plus tavdjbicarbonate de soude, lorsque l'acide a pénétré dans le sang.
La gastrite consécutive qui fait périr tant de malades sera combattue parnwx vomica, arsenic et surtout phosphorus. Pour les détails se reporter aux affections de l estomac.
Art. H. — Empoisonnement par les alcalis et leurs sels.
Les symptômes sont à peu près les mêmes que ceux occasionnés par les acides* Les différences sont: une saveur uri* neuse, des convulsions violentes ; les matières vomies sont savonneuses ; elles verdissent par le sirop de violette, et ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie parles acides.
Traitement. — * Contre-poisons chimiques ■ les acides végétaux, vinaigres, citron, acide tartHque. tour les sels de baryte^ (S'est le sulfate de soude et de magnésie: pour le foie de soufre, l'eau chlorée, une cuillerée de chlore liquide par verre d'eau;
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les acides sont dangereux dans ces cas, parce qu'ils dégagent l'acide sulfhydrique. L'ammoniaque et le nitrate de potasse n'ont pas de contre-poison chimique; il faut évacuer le poison et traiter les accidents consécutifs, c'est-à-dire ceux de la gastrite et de la perforation de l'estomac.
Art. III. — Empoisonnement par les sels de mercure.
C'est habituellement le sublimé qui est l'agent dans ces empoisonnements, soit qu'il ait été administré directement, soit qu'un autre sel se soit transformé en sublimé dans l'estomac du malade.
Nous rappellerons que la caractéristique de l'empoisonnement aigu par le mercure sont les symptômes d'inflammation de la bouche, de salivation et de dysenterie.
Traitement. — Veau albumineuse forme un précipité insoluble et inoffensif. Avec le sublimé, il ne faut pas donner l'albumine avec excès ; parce que le précipité se dissoudrait. — Le lait est très-favorable. — Le contre-poison est le protosulfate de fer hydraté. Pour le cyanure de mercure il faut ajouter la magnésie cal* cinée. La stomatite mercurielle est traitée avec avantage par des applications d'un collutoire avec le miel rosat et l'acide chlorhydrique dans la proportion de : acide chlorhydrique, 1 gr. ; miel rosat, 50 gr. ; eau, 200 gr.
Les accidents consécutifs et les accidents d'empoisonnement lent, la cachexie, les tremblements indiquent principalement iodium, hepar sulfuris et ferrum. Opium à dose massive a rendu des services, comme il en rend dans l'alcoolisme chronique, qui a tant de points de ressemblance avec l'empoisonnement lent par le mercure.
Art'. IV. — Empoisonnement par l'arsenic.
C'est l'un des plus fréquents ; les symptômes varient avec la quantité du poison. Nous renvoyons à la pathogénésie pour
l'étude de ces symptômes. Rappelons seulement que l'empoisonnement aigu, celui dont il importe de porter le diagnostic immédiat, ressemble beaucoup au éholéra. L'analyse chimique fait reconnaître facilement l'arsenic dans les matières des déjections.
Traitement. — Contre-poison chimique, l'hydrate de persulfure de fer en gelée; administré à la dose énorme d'un demi-kilogramme ; il est bon d'y joindre la magnésie calcinée; le poison étant neutralisé autant que possible, on combattra les symptômes cholériformes par les moyens appropriés et principalement par le veratrum et le carbo vegetabilis.
L'empoisonnement chronique demande, suivant ses symptômes : hepar sulfuris, ferrum.
Art. V. — Empoisonnement par le cuivre.
Mêmes symptômes que les précédents ; les coliques sont plus douloureuses et les crampes sont plus fréquentes. Une aiguille d'acier plongée dans le liquide qui a servi à l'empoisonnement se recouvrira d'une couche de cuivre, si on a acidifié ce liquide.
Traitement. — Veau albumineuse, huit blancs d'œuf dans un litre d'eau , est le contre- poison le plus commode ; la magnésie calcinée et le protosulfure de fer ne viennent qu'en seconde ligne parce qu'il est plus difficile de se les procurer promptement.
Traitement consécutif ; suivant les symptômes.
Art. VI. — Empoisonnement par les sels d'or, d'argent, de platine,
d'htain, de bismuth.
Ils sont très-rares, excepté celui par le nitrate d'argent qui a été occasionné bien des fois par la funeste habitude que certains médecins ont conservée de porter le crayon de nitrate d'argent dans la gorge des malades. Ce crayon s'est détaché plusieurs fois et est tombé dans l'estomac.