EMPOISONNEMENT PAR LE PLOMB. — FORME AIGUË
Traitement. — Eau albumineuse, lait, protosulfure de fer. Le nitrate d'argent trouve son antidote chimique dans une forte solution de sel de cuisine. Dans la colique de zinc on a employé l'opium avec succès.
Traitement consécutif, suivant les symptômes.
L'empoisonnement par les antimontaux demande comme contre-poison chimique les substances riches en tannin : décoction de noix de galle, d'éfcorce de chêne ou de marronnier; le quinquina.
Art. VIL — Empoisonnement par le plomb, intoxication saturnine.
Les ouvriers qui préparent la céruse, le minium, ou qui emploient ces sels, comme les broyeurs de couleurs, les peintres, les potiers, sont les victimes habituelles de l'intoxication saturnine ; l'usage du vin, dont on a détruit l'acidité à l'aide de la lilharge, de cidre, d'eau préparée ou conservée dans des vaisseaux en plomb, sont encore une des sources de cette intoxication. D'autres fois, on a beaucoup de peine à retrouver la cause de l'empoisonnement. Chez un certain nombre de couturières, l'action de couper avec les dents de la soie imprégnée d'un sel de plomb a suffi pour déterminer l'empoisonnement. Un homme a présenté des accidents graves, parce qu'il avait contracté l'habitude de mâcher des grains de plomb de chasse.
Les plus petites doses longtemps répétées suffisent, suivant Mialhe, pour produire l'intoxication saturnine.
I. Forme aiguë. — Elle s'observe surtout dans, les cas où les malades ont fait usage de boissons contenant des sels de plomb ou chez des enfants qui avaient mangé une grande quantité de pains à cacheter ou de bonbons qolorés en jaune avec le chromate de plomb, ou qui avaient sucé et mâché des cartes de visites.
Cet empoisonnement est caractérisé par la succession rapide des coliques et de l'encéphalopathie saturnine. Les douleurs sont extrêmement vives ; elles siègent dans le ventre et dans Joussrt, $6 édit. 33
l'estomac; elles s'accompagnent de vomissements, et, quand la dose du poison a été considérable, d'une diarrhée trèsfréquente. Les convulsions et le coma surviennent plus ou moins rapidement, et la mort a souvent lieu au bout de quelques heures.
IL Forme commune. — L'inappétence, l'anémie avec une teinte jaunâtre des téguments (ictère saturnin) ; une constipation opiniâtre sont les premiers symptômes de l'intoxication saturnine. En même temps il survient un ptyalisme plus ou moins fort; la langue est blanche, l'haleine fétide, les gencives sont usées sur les bords, quelquefois saignantes ; elles présentent presque toujours un liséré bleuâtre plus ou moins large, dû à un sulfure de plomb. Ce liséré devient blanc si on passe sur les gencives un linge imbibé d'acide sulfurique étendu d'eau. Le pouls est ordinairement ralenti, et l'amaigrissementést plus ou moins considérable.
Après un temps variable, le malade est pris de coliques. Ces coliques siègent à l'ombilic ou un peu au-dessus, présentent des paroxysmes extrêmement violents, pendant lesquels la douleur se propage souvent aux lombes et aux parties génitales ; le ventre s'excave ; le rectum se contracte ; le malade s'agite ; il est tourmenté de crampes dans les membres ; souvent il se couche sur le ventre parce qu'une pression large et forte calme les coliques. En même temps, surviennent des. nausées, des vomissements bilieux ; la constipation est très-opiniâtre.
Si ces symptômes ne sont pas traités, ils seprolongent indéfiniment et amènent des accidents gravesiVencéphalopathie, d'flfthralgie et as paralysie. La mort peut alors arriver, soit par des accidents cérébraux violents, soit par une véritable cachexie dans laquelle on observe la lésion rénale et les symptômes de la sclérose du rein ; néanmoins il faut savoir que, chez un certain nombre de malades, les accidents sont très-bénins et disparaissent spontanément après, quelques jours ou quelques semaines de durée.
Enoéphalopathie saturnine. — Ces accidents peuvent sur-