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EMPOISONNEMENT PARLE PLOMB. — FORME COMMUNE

venir sans avoir été précédés de coliques ; ils se présentent sous trois aspects différents : le délire saturnin, les convulsions, le coma.

Le délire est habituellement furieux ; s'il résiste au traitement il se termine tantôt par le cftma, tantôt par une mort subite en plein délire»

Les convulsions connues sous le nom à'épilepsie saturnine ressemblent toutà fait à l'éclampsie. Les malades succombent, tués par le mécanisme décrit à propos de cette maladie.

Quelquefois les malades tombent directement, dans le coma. C'est une somnolence de plus en plus profonde et qui se termine souvent par la mort.

La durée des accidents cérébraux est habituellement fort courte ; un demi-septénaire à un septénaire ; cependant les malades peuvent être enlevés en quelques heures; dans le délire saturnin, la vie peut se prolonger jusqu'au dix-septième jour,

Arthralgie saturnine. — Ce sont des douleurs dans la con: tinuité des membres ; elles augmentent par le mouvement, diminuent par la pression, et ne présentent pas le trajet limité et les points douloureux propres aux névralgies.

La douleur présente des paroxysmes et des rémissions. Pendant les paroxysmes on observe des contractions musculaires sous forme de crampes. Ces douleurs fréquentes, surtout chez les ouvriers qui emploient ou préparent le minium, ont une durée indéterminée quand elles ne sont pas traitées, et se terminent souvent par la paralysie.

Paralysie saturnine. — Elle siège sur un certain nombre de muscles qui sont, par ordre de fréquence, les extenseurs de la main et des doigts, les extenseurs du pied, les muscles du larynx et de la langue. Cette paralysie s'accompagne de la perte de la contractilité électrique et est bientôt suivie de l'atrophie et de la dégénérescence graisseuse; elle est plus rebelle que les autres accidents saturnins; sa durée est toujours fort longue; elle amène la déformation des jointures par la prédominance

de l'action des muscles antagonistes et elle accompagne presque toujours la cachexie saturnine.

Traitement. — Les accidents aigus réclament la neutralisation chimique et l'évacuation du poison. Quand on est appelé à temps, la limonade sylfurique sera administrée abondamment, et on favorisera les selles et les vomissements. Opium est le médicament indiqué par la tradition et par la pathogénésie contre les accidents d'encéphalopathie.

Dans la colique de plomb, le traitement qui compte le plus de succès est celui dit de la Charité; ce traitement se compose de purgatifs violents et d'opium à haute dose. A l'hôpital Beaujon, j'ai vu Tessier traiter la colique de plomb par sulfur (t. m.). Ce médicament était administré à la dose de 5 gouttes dans une potion, et 5 gouttes dans un lavement. Opium est toujours le médicamentprincipal dans les accidents cérébraux produits par l'empoisonnement saturnin ; on l'administre à la 6e dilution, une dose toutes les heures, ou plus souvent si les accidents sont pressants. Belladona, œthusa, coriaria, le chloroforme et les autres médicaments de l'éclampsie sont aussi indiqués.

La paralysie saturnine demande nux vomica et principalement l'électricité localisée. Néanmoins, il ne faut pas négliger, pendant ce temps, l'intoxication générale, et il faut administrer incessamment sulfur y qui est le médicament principal de cette intoxication. Iodium et kali hydriodicum sont, après sulfur, les meilleurs contre-poisons.

Art. VIII. — Empoisonnement par le phosphore.

Depuis l'invention des allumettes chimiques, cet empoisonnement est assez fréquent. Voici ses principaux symptômes: douleur de brûlures à l'estomac, nausées, vomissements, éructations, quelquefois phosphorescentes. Si la dosen'a pas été excès-

sive, il y a habituellement une suspension de plusieurs jours dans la marche des accidents, puis la fièvre reparaît avec adynamie, hémorrhagies multiples, ictère et mort dans un étal très-analogue à celui de l'ictère malin, après une réaction incomplète.

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