SYPHILIS
La syphilis est uae maladie constitutionnelle constituée par des lésions multiples : ulcérations, indurations, adénites, nécroses, caries, etc. Elle a pour caractère distinctif de ne
se développer jamais sous l'influence de causes générales ; la contagion est toujours nécessaire : dans la syphilis acquise, c?est le malade lui-même qui est contaminé ; dans la syphilis héréditaire, c'est le générateur qui l'a été.
L'unité de la syphilis a été constituée par la séparation des deux autres maladies vénériennes : la blennorrhagie et la sycose. Dans ces derniers temps, l'inintelligence des formes de la maladie a remis cette unité en discussion, et l'on a voulu faire deux espèces de syphilis : chancre mou et chancre dur. Mais ces deux manifestations de la syphilis se rattachent à la même espèce morbide, et la preuve en est donnée par la clinique qui a établi sur des faits désormais incontestables : 1° que le chancre mou pouvait engendrer le chancre dur, et réciproquement; 2° que le chancre mou pouvait exceptionnellement être suivi d'accidents secondaires, comme le chancre dur.
Division. — La syphilis se présente sous cinq formes dis-
tinctes : 1° la forme commune; 2° la forme bénigne; 3° la forme maligne ou phagédénigue ; 4° la forme héréditaire ; 5° la forme épidémique.
Dans cette description, nous emprunterons souvent des pages entières au livre de notre ami le Dr J. Davasse.
I. Forme bénigne. — Elle est caractérisée par l'absence d'accidents consécutifs. La maladie parcourt son évolution tout entière dans la partie contaminée, et dans un temps relativement fort court; c'est la forme la plus contagieuse.
Dès les premiers jours après l'époque de la contagion, et dans la localité de l'insertion virulente, il se développe un ou plusieurs chancres, dont le nombre peut augmenter successivement^ soit par une auto-inoculation, soit par une continuation d'action delà cause morbide. Ces chancres débutent soit sous forme d'érosions superficielles, soit de vésicules, soit de pustules ecthymateuses, de petits tubercules furonculeux, aboutissant à l'ulcération plus ou moins arrondie, toujours molle, à fond grisâtre, à bord taillé è pic. Ces ulcérations s'entourent d'une auréole sombre, s'élargissent, se confondent souvent par leur circonférence, suppurent, et, au bout de cinq à six semaines, finissent par se cicatriser spontanément. Dans les deux tiers des cas, la maladie est comprise tout entière dans l'évolution de ces ulcérations ; autrement elle sévit sur les ganglions voisins, qui se tuméfient, s'enflamment, suppurent et constituent le bubon. Celui-ci peut être simplement inflammatoire ou, au contraire, être virulent. Dans ce dernier cas, son pus est inoculable, il s'ulcère et arrive bien plus difficilement à la cicatrisation.
Les accidents de la forme bénigne de la syphilis sont : la gangrène de l'ulcération ou du bubon ; l'état diphthéritique, et plus rarement l'état phagédénigue. Dans la forme bénigne, le phagédénisme n'est qu'un accident qui cède assez rapidement au traitement.
La cicatrisation des ulcères obtenue, la résolution des engorgements ganglionnaires accomplie, tout est terminé dans la forme bénigne de la syphilis.