DIATHÈSE PURULENTE
Définition. — La diathèse purulente est une maladie caractérisée par la tendance des solides et des liquides coagulables de l'économie à subir la transformation purulente.
Cette maladie, qui, suivant des théories bien diverses, a reçu les noms d'infection purulente, de phlébite, de pyoèmie, a une immense importance à cause de sa gravité et de sa fréquence chez les femmes en couche et les opérées. Quand elle surgit spontanément, elle affecte souvent les allures du rhumatisme articulaire avec lequel elle a été quelquefois confondue ; elle représente assez exactement pour l'espèce humaine la morve des solipèdes.
Division. — Elle offre à étudier cinq formes : la forme commune, la forme foudroyante, la forme maligne ou ataxique, la forme fixe primitive, la forme bénigne.
Les circonstances étiologiques dans lesquelles survient la diathèse purulente ont une grande importance pratique et impriment à la maladie une physionomie particulière. Sous ce rapport, on pourrait décrire la diathèse purulente spontanée, la diathèse purulente puerpérale et la diathèse purulente des opérés* Mais, comme dans ces trois catégories la maladie peut revêtir les cinq formes que nous avons indiquées, nous conserverons notre première division qui est la seule naturelle ; néanmoins nous ne négligerons point les différences produites par le traumatisme et l'état puerpéral.
I. Forme commune. —Elle débute par un mouvement fébrile caractéristique. Ce sont de gros frissons qui reviennent habituellement plusieurs fois en vingt-quatre heures et sont suivis d'une réaction intense pendant laquelle la chaleur de la peau devient considérable ; le pouls est grand et fréquent, la face colorée, la soif vive ; souvent dès le début apparaissent les signes d'une ou de plusieurs phlegmasies. Dans la diathèse purulente spontanée, ce sont, le plus souvent, des arthrites ; chez les femmes en couche des métro-péritonites.
La maladie a une marche rapide ; les frissons se répètent tous les jours pendant les premiers temps ; le pouls est accéléré et grand; la température excessive atteint 40 et 41 degrés, le faciès s'altère et prend une coloration jaunâtre qui n'est pas toujours de l'ictère ; les malades sont habituellement dans une indifférence profonde ; la faiblesse est portée à un point plus élevé que dans toute autre maladie, et les malades ont conscience de cette faiblesse, ce qui n'a pas lieu dans la prostration de la fièvre typhoïde ; des sueurs continues et une diarrhée fétide abondante s'établissent plus ou moins rapidement ; la langue est le plus souvent humide, large, blanche ou jaune ; elle se sèche quand la maladie s'aggrave, mais elle ne revêt que très-exceptionnellement une coloration noirâtre; des abcès, des éfysipèles, des phlébites apparaissent et marchent rapidement vers la suppuration pendant que les inflammations internes, pleurésies, péritonites, arthrites, suivent la même marche. Toutes ces suppurations ont pour caractère habituel d'être peu douloureuses et» de marcher très-rapidement; quelques heures suffisent à la formation d'abcès volumineux ; si, ce qui arrive le plus souvent, la diathèse purulente s'est développée à propos de l'accouchement ou d'une opération, on observe des symptômes spéciaux d'une haute importance. A la suite des couches, les lochies deviennent purulentes, putrides ou se suppriment tout à fait, en même temps que les mamelles s'affaissent et se tarissent. Si la malade va mieux, on voit reparaître et les lochies naturelles et la sécrétion laiteuse. Quand la diathèse purulente survient après une opération, la plaie se sèche, le pus devient séreux, les parties réunies se dé-