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DIATHÈSE PURULENTE. — - FORME BÉNIGNE

collent, les moignons se rétractent; de même aussi, quand le malade va mieux, le pus s'épaissit, offre tous les caractères d'un pus louable, et la cicatrisation recommence. Les phénomènes qui se passent du côté de la plaie chez les opérés, et du côté de l'utérus chez les nouvelles accouchées, ont donc, au point de vue du pronostic, la plus grande importance.

Les forces baissent ; le malade se refroidit graduellement et n'a plus de frissons ; la respiration s'accélère ; quelquefois il a un peu de divagation, mais les symptômes cérébraux sont très-peu marqués dans cette maladie, et la conservation de la connaissance jusqu'à la mort est encore un caractère qui la différencie de la fièvre typhoïde. Enfin, le malade succombe, soit par asphyxie lente, soit par une syncope, dans le cours du deuxième ou du troisième septénaire, 11 est fréquent d'observer une amélioration trompeuse dans les derniers jours de la maladie ; la faiblesse et là fréquence du pouls doivent garder le médecin de toute illusion.

Si le malade doit guérir, les frissons cessent, la diarrhée et les sueurs colliquatives s'arrêtent, le pouls diminue de fréquence, la température baisse, les forces et le sommeil reparaissent, et la maladie marche franchement vers la convalescence, quand cette guérison a été obtenue dans le premier septénaire et surtout dans les quatre premiers jours ; mais, si la maladie n'a été enrayée qu'après la formation des abcès et des phlegmasies purulentes, il faut encore compter avec l'évolution de ces affections qui, lorsqu'elles siègent sur des organes importants comme le péritoine, la plèvre, le foie, le tissu cellulaire du petit bassin, peuvent déterminer des accidents mortels, ou tout au moins demander des semaines pour arriver à une heureuse terminaison. La marche du mouvement fébrile est essentiellement rémittente et il y a un écart de un à deux degrés entre la température du soir et celle du matin. Quelquefois même la fièvre est complètement intermittente, ce qui est une indication formelle du sulfate de quinine.

II. Forme bénigne. — Elle estcaractérisée par le peu d'intensité du mouvement fébrile et par le petit nombre des affections lo-

cales. Le mouvement fébrile s'annonce par un frisson suivi de chaleur et de sueurs, puis, au bout de vingt-quatre heures, la •fièvre tombe complètement, le malade conservant une douleur dans un point. Le lendemain ou le surlendemain un accès fébrile, semblable au premier, se manifeste, quelquefois le malade en a un troisième, mais habituellement ils vont en décroissant d'intensité. Cependant l'affection locale se développe sous forme de phlegmon, de phlébite, d'arthrite. La marche fatale et rapide vers la suppuration ne se rencontre pas au même degré que dans la forme commune, et quelquefois les malades en sont quittes pour un ou deux abcès. Les localisations les plus graves par leur siège, comme les arthrites et les pleurésies, n'arrivent pas toujours à suppuration.

Pendant toute la durée de cette forme, le malade présente la coloration jaunâtre et la faiblesse propres à la diathèse purulente ; quelquefois des engorgements inflammatoires du tissu cellulaire qui ne suppurent ni ne se résolvent, des phlébites adhésives survivent à la maladie et prolongent et entravent la convalescence.

L'état purulent, décrit par J.-P. Tessier, rentre naturellement dans la forme bénigne. Cette variété de diathèse purulente s'observe presque exclusivement dans la convalescence des fièvres et en particulier de la petite vérole ou de la fièvre typhoïde. Elle est apyrétique et caractérisée presque uniquement par l'apparition d'abcès sous-cutanés très-multipliés. Ces abcès, presque indolents, sans changement de couleur à la peau, se forment avec une rapidité telle que, le plus souvent, la période d'induration phlegmoneuse passe inaperçue et que, d'un jour à l'autre, on constate de nouvelles collections. Cet état peut se prolonger plusieurs semaines, et il se termine habituellement par la guérison.

III. Forme foudroyante. — Cette forme ne s'observe qu'en temps d'épidémie ; elle est caractérisée par la violence et la marche extrêmement rapide des symptômes. La mort peut survenir en moins de vingt-quatre heures, et elle arrive toujours avant le quatrième jour.

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