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DIATHÈSE PURULENTE. «— FORME PRIMITIVE

Un mouvement fébrile intense, continu, avec exacerbation marquée par des frissons ; un pouls grand, qui augmente sans cesse de fréquence en même temps qu'il diminue de force; une apathie qui dégénère en une sorte d'hébétude ; une prostration extrême ; une face vultueuse d'abord, puis pâle et cadavéreuse; des évacuations fétides et involontaires; pas d'affections locales bien déterminées ; puis le refroidissement, l'asphyxie et la mort, souvent avant qu'aucune suppuration ait eu le temps de se produire : telle est la physionomie d'une forme trop facile à reconnaître quand on l'a vue une fois, et qui ne s'observe guère que chez les accouchées. Ajoutons qu'elle débute prématurément, au plus tard quelques heures après la délivrance, et dans un certain nombre de cas parfaitement authentiques pendant le travail même de l'accouchement, et, par conséquent, avant qu'un atome de pus soit formé et puisse rendre compte de ce que, dans leur langage figuré, les partisans de l'infection appellent un grand empoisonnement.

IV. Forme ataxique. — Le désaccord des symptômes et l'extrême gravité qui s'observent dans les formes ataxiques, a ici pour caractère une apparente bénignité et l'entière sécurité des malades. Cependant le mouvement fébrile caractéristique avec frissons marque le début de la maladie. Les premiers jours, les malades conservent de l'appétit et toute la netteté de leurintelligence; mais l'affaiblissement croissant, le faciès caractéristique ne laissent pas de doute au médecin; puis tout à coup, le troisième ou le quatrième jour, les accidents prennent une effroyable intensité; la face s'altère et devint livide ; les évacuations colliquatives apparaissent; le jiôuls est petit, rapide, tremblant, insensible ; la peau se rendit, et les malades succombent habituellement avant J* fin de la première semaine. Les suppurations internes, «t externes sont habituellement moins avancées que dan* la forme commune.

V. Forme fixe primitive. — Cette forme a pour caractère de ne présenter qtf'une seule affection ; cette affection est tantôt un phlegmon diffus, une phlébite, une pneumonie, une pleurésie, une péritonite, un phlegmon du petit bassin. Cette lésion mar-

che vers la suppuration avec la rapidité que nous avons signalée dans la forme commune de la dîathèse purulente ; vingtquatre heures suffisent à l'évolution de Thépatisation grise.

Les épanchements pleurétiques et péritonéaux sont d'emblée purulents. Trois ou quatre jours suffisent à la suppuration du tissu cellulaire de tout un membre ou d'une partie du tronc. Le pus n'est pas collecté comme dans le phlegmon; mais il s'étend au loin, transformant le tissu cellulaire, disséquant les muscles, mortifiant les os et les aponévroses. Cet effroyable travail de suppuration s'accompagne de tous les symptômes déjà décrits à propos de la forme commune. .

Ces symptômes généraux It l'extrême rapidité des suppurations empêchent de confondre la forme fixe de la diathèse purulente avec les phlegmasies essentielles terminées par suppuration après une évolution régulière. Les circonstances étiologiques : accouchement, opération, fatigues considérables, serviront aussi au diagnostic. Cependant il ne faut pas oublier que les femmes en couche sont sujettes à des accidents en dehors de la diathèse purulente ; ainsi la plupart des abcès de la fosse iliaque et des phlegmatia alba dolens sont des états mor- T5î(W dépendant de l'accouchement et cependant distincts de la. diathèse purulente.

Ànatoipie pathologique. — Des collections purulentes dans le tissu cellulaire; des abcès, dits métastatiques, dans le poumon, le foie, les reins et la rate; des inflammations suppurées des viscèïés ; mais principalement des péritonites, des pleurésies et des angéioleucites ; des pustules varioliformes et des pemphigus purulents ; une altération du sang qui va quelquefois jusqu'à la transformation p irulente : l'hypertrophie, le ramollissement de la rate, qui présente habituellement une double coloration : telles sont les* lésions multiples que Ton rencontre à l'autopsie des malades qui ont succombé à la diathèse purulente. Le plus souvent la production du pus s'accompagne d'un travail inflammatoire évident, mais d'autres fois il n'en existe aucun signe, en sorte que le pus s'est formé sans inflammation.

DIATHÈSE PURULENTE. — ÉTIOLOGIE. 89

La phlébite et les abcès métastatiques ont donné lieu à des discussions encore pendantes, et dont nous donnerons seulement les conclusions pratiques à propos de l'éliologie. Comme fait d'observation, nous devons noter dès maintenant : 1° qu'un nombre très-notable de diathèses purulentes se développent sans phlébite ; 2° que dans la phlébite il est de règle de trouver le pus emprisonné par des caillots ou par des fausses membranes ; 3° que le pus se trouve libre dans les veines lorsqu'il s'est formé sans inflammation et par la transformation directe du sang en pus ; 4° que les abcès dits métastatiques subissent presque toujours l'évolution complète de l'inflammation, du ramollissement et de la transformation purulente, et que, par conséquent, ils ne sont pas produits par le transport mécanique du pus en nature.

Étiologie. — La diathèse purulente est épidé inique et contagieuse, la variété puerpérale pourrait môme être transportée d'une malade à l'autre par l'accoucheur ; ce qui doit engager celui-ci à prendre les plus grandes précautions. Les auteurs qui regardent la diathèse purulente comme un empoisonnement du sang par le pus, comme une infection purulente, n'admettent pas que cette maladie puisse se développer sans l'existence d'une plaie en suppuration, source nécessaire de l'empoisonnement.

Cette hypothèse est renversée par l'existence avérée d'un certain nombre de cas de diathèse 'purulente spontanée, et dans lesquels la source nécessaire à Vinfection manque complètement. L'éliologie de la diathèse purulente spontanée est fort obscure; elle est souvent confondue avec le rhumatisme articulaire, et les observations ne signalent guère que deux causes occasionnelles : la fatigue musculaire excessive et le refroidissement.

Le traumatisme et l'accouchement sont les deux grandes circonstances dans lesquelles on voit apparaître la diathèse purulente, et elle est d'autant plus grave qu'elle survient à une époque plus rapprochée de l'opération ou de la délivrance. Les piqûres d'amphithéâtre, la saignée et toutes les opérations sur les veines; le cathétérisme, les calculs rénaux, les inflammations du rein, les opérations sur la vessie; les fractures corn*

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pliquées de plaies, les suppurations osseuses de quelque nature qu'elles soient ; les opérations par le bistouri, sont les circonstances propres à développer la diathèse purulente ; et parmi toutes les suites possibles du traumatisme, la phlébite suppurée, plus que toute autre lésion, est l'instrument possible du développement de cette maladie.

Les circonstances de l'accouchement qui favorisent le développement de la diathèse. purulente sont les manœuvres et les opérations obstétricales, la rétention de caillots et départies du délivre ou des membranes, l'absence de l'allaitement.

Après l'accouchement, comme après les opérations, les circonstances étiologiques défavorables sont d'abord l'encombrement des malades, puis le chagrin, les excès, les refroidissements.

Les circonstances favorables sont l'isolement du malade, une nourriture suffisamment réparatrice, et toutes les conditions qui favorisent la cicatrisation, diminuent et suppriment la suppuration ; conditions que nous allons exposer à propos de la prophylaxie.

Traitement. — Prophylaxie. L'isolement des malades, la désinfection des salles dans les hôpitaux, désinfection qui s'obtient surtout en laissant les salles vides pendant quelque temps, et tous les moyens propres à rétrécir la plaie et à supprimer la suppuration, sont les vrais moyens prophylactiques. La réunion par première intention, et, quand elle ne peut être obtenue, le pansement des plaies avec un mélange par parties égales d'eau et d'esprit-de-vin, sont les moyens à employer après les opérations. Le seigle ergoté, à dose suffisante pour faire contracter l'utérus, l'allaitement, qui a des effets analogues au seigle ergoté, sont les moyens convenables pour effacer la cavité utérine et en chasser les caillots et les débris placentaires. On comprend que le pansement ouaté d'Alph. Guérin et tous les pansements analogues soient propres à diminuer de plus en plus les causes occasionnelles de la diathèse purulente.

Arnica et aconitum à la 12° dilution, alternés toutes les quatre heures après les opérations et l'accouchement, nous ont semblé résister efficacement à l'invasion de la maladie.

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Les circonstances d'accouchements fournissent des indications médicamenteuses spéciales, sur lesquelles nous reviendrons.

Aconitum et arsenicwn sont avec le sulfate de quinine, les trois médicaments principaux de la diathèse purulente. Le sulfate de quinine est indiqué toutes les fois que le retour régulier des frissons et l'écart constaté entre la température du soir et celle du matin donnent à la maladie l'aspect et les allures d'une fièvre intermittente. Il faut, dans ce cas, administrer le sulfate de quinine à la dose de 1 gramme, pris dans un temps très-court, deux heures au plus aussitôt après l'accès; j'ai obtenu des succès complets et rapides avec ce moyen dans la diathèse pu* rulente puerpérale et dans celle qui succède aux opérations sur la vessie. Mais, en l'absence de l'indication que nous avons précisée, le sulfate de quinine est inutile dans le traitement de la diathèse purulente, et il ne faut pas se fier à sa vertu prétendue tonique et antipurulente.

Aconitum convient au début et dans la période d'état de la diathèse purulente, quand des accès bien nets n'indiquent pas le sulfate de quinine. Je me suis presque toujours servi de la 3e et delà 2° trituration, et ces préparations m'ont suffi. Je donne une cuillerée toutes les heures ou toutes les deux heures. J.-P. Tessier préférait la teinture mère à la dose de 1 gramme, et jusqu'à 3 et 4 grammes. Ces doses doivent être adoptées dans les cas très-violents.

Arsenicum convient lorsque aconitum a été insuffisant, ou lorsque l'on est appelé quand la maladie est arrivée déjà à sa période de collapsus : pouls petit, fréquent, quelquefois inégal et tremblant; chaleur acre et sèche ou sueurs froides et visqueuses, ou chaleur insupportable avec refroidissement des extrémités; faciès décomposé, yeux enfoncés, ternes; mâchoire pendante ; faiblesse excessive ; évacuations colliquativ.es. J'ai habituellement employé la 3e trituration.

Belladona, hyosciamus, chamomilla, nux vomica, bryonia pulsatilla, remplissent des indications spéciales dans la diathèse purulente suite de couches.

Chamomilla convient quand il y a grande chaleur, avec fris-

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