DIABÈTE. — TRAITEMENT
Traitement. — Le traitement du diabète est encore fort peu avancé. Beaucoup de médecins font consister toute la thérapie de cette maladie dans le régime. Le régime a certainement pour effet de diminuer beaucoup la production du sucre ; il a donc un effet palliatif dont on doit tenir grand compte tant que nous ne posséderons point de médicament capable de lutter plus efficacement contre la maladie. Le régime se résume en ces mots : abstinence de féculent et de matières sucrées. Pour remplacer le pain, on a fait un pain de gluten fort désagréable et dont les malades se fatiguent vite. Aussi aujourd'hui la plupart des médecins permettent, soit des échaudés, soit un peu de pain très-cuit.
Le régime se compose de viandes, de poissons, d'œufs, de lait, de beurre, de fromage, dé légumes verts, de fruits rouges, et même pour Trousseau de toute espèce de fruits, y compris le raisin. La boisson la meilleure est le vin rouge coupé d'eau et la bière fortement fermentée. D'après mon expérience personnelle, on ne doit pas abuser du vin pur, et surtout des alcools.
Mais le régime alimentaire ne suffit pas, il faut y joindre Y exercice au grand air poussé jusqu'à la transpiration. L'habitation au bord de la mer est une condition très-favorable pour les diabétiques qui ne souffrent pas de la poitrine. Certains malades voient la sueur diminuer considérablement ou même disparaître tout à fait par leur habitation sur les bords de la mer, tous sentent leur force revenir. L'habitation dans les climats tempérés pendant l'hiver est aussi une bonne condition pour la guérison du diabète.
L'hydrothérapie vient encore en aide à la thérapeutique en augmentant les forces, en ranimant les fonctions de la peau et en diminuant beaucoup la facilité que les diabétiques ont à tousser l'hiver»
Après le régime, le grand cheval de bataille dans le traite-* ment du diabète est l'usage des alcalins, et en particulier des eaux de Vichy. Nous ne voulons pas nier que, dans une certaine mesure, ce traitement ne soit pas avantageux aux diabétiques* surtout quand il est administré sous forme d'eau de Vichy,
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. prise à la source. Seulement il ne faut pas oublier que les eaux de Vichy contiennent de Yarsenic, et que la théorie qui porte à prescrire des alcalins est une théorie fausse, puisqu'elle suppose que les alcalins ont la puissance de brûler le sucre chez l'homme vivant, tandis qu'il leur faut 95 degrés pour opérer cette décomposition.
Le traitement homœopatique du diabète est encore fort peu avancé. L'ensemble des symptômes indique natrummuriaticum, phosphori acidum, mercurius, carbo vegetabilis et ledum palustre. Ces médicaments correspondent assez grossièrement aux symptômes du diabète, et je n'en ai rien obtenu. Ârsenicum qui, indépendamment des symptômes généraux, répond encore aux furoncles, aux anthrax et à la gangrène, m'a rendu de véritables services tlans la forme commune, et spécialement intus et extra, dans le traitement des anthrax. Je donne à l'intérieur la 3° trituration, et je fais recouvrir l'anthrax d'une pommade contenant de 0 gr. 25 cent, à 2 grammes de la 2° trituration, mélangée à 4 grammes d'axonge.
Creosolum m'a rendu quelques services, mais je ne puis encore en préciser les indications. Je n'ai rien retiré du sulfur de carbone, qui cependant produit un diabète artificiel.
L'azotate d'urane mérite une mention spéciale dans le traitement du diabète. Cette substance, qui produit un diabète artificiel chez les chiens, fait disparaître le sucre chez les diabétiques en l'absence de tout régime. Il y a même un certain nombre d'observations dans lesquelles la maladie a été complètement guérie. Les médecins qui ont employé l'azotate d'urine ont prescrit en géntéral des doses fortes et croissantes, des premières triturations décimales (Curie, Ozanam). Cependant il y a un bel exemple de guérison complète avec la 6e dilu* tion (Love). Huit années d'expériences ont confirmé pour moi l'action favorable de Yazotate d'urane dans le traitement du diabète. Ce médicament donne rarement une guérison radicale et définitive mais presque toujours une amélioration considérable dans l'état général du malade. L'indication principale de l'azotate d'urane se tire de la soif excessive.