DIABÈTE. — FORME IRRÉGULIÈRE OU ANORMALE
II. Forme bénigne. — C'est le diabète accidentel des auteurs. Cette forme est caractérisée par la disparition facile et quelquefois toute spontanée du sucre dans les urines. Elle est compatible avec toutes les apparences de la santé ; et, comme elle guérit facilement elle a contribué à la réputation de tous ces prétendus remèdes infaillibles du diabète. La forme bénigne a tous les autres symptômes du diabète : la soif, les urines abondantes, la boulimie, les furoncles, et la chute facile des forces animales.
III. Forme acgue bu foudroyante. — Cette forme, caractérisée par Tinlensité et la marche rapide des symptômes, est la plus rare de toutes. On en trouvera deux observations dans le livre de Marchai (de Calvi), p. 315 et suiv. Dans cette forme, les malades sont enlevés en quelques semaines par une affection diabétique: phthisie aiguë, gangrène du poumon; et surtout par les anthrax compliqués de phlegmon diffus si particuliers aux diabétiques.
IV. Forme irregulière ou anormale. — Il y a des diabètes qui ne peuvent être classés dans aucune des formes précédentes, et qui sont surtoutcaractérisés par une marche irrégulière, et par des symptômes insolites.
Nous citerons les diabètes qui alternent avec des diarrhées chroniques, des attaques de goutte, ou même avec des intervalles assez longs de santé parfaite. Mais ce sont surtout les névroses qui interviennent, ici et donnent à la maladie une physionomie toute particulière L'hystérie, l'hypochondrie, l'aliénation mentale, alternent ou concourent avec les symptômes du diabète. C'est dans ces cas qu'on observe quelquefois des impulsions génésiaques extraordinaires et en contradiction avec la frigidité habituelle aux diabétiques. J'ai soigné un artiste distingué, arrivé à l'âge de 55 ans, diabétique depuis plusieurs années, atteint d'une aliénation caractérisée par la crainte des voleurs, et en proie à des hallucinations en rapport avec ce délire. Cet homme avait tous les jours plusieurs rapprochements Jousset. 2° édit. 8
114 CACHEXIES.
sexuels complets. Les impulsions suicides et homicides se rapportent encore à cette forme de la maladie.
Telles sont les formes sous lesquelles se montre le diabète. Nous avons cru devoir admettre une forme bénigne de la maladie ; j'ai vu quelque cas qui me portent à le croire ; mais cette maladie est si bénigne en apparence dans la première période de la forme commune, si lente dans sa marche: elle a des dénouements si inattendus, qu'il faudra une longue suite d'observations pour décider s'il existe ou non.une forme bénigne du diabète.
Etiologie. — Le diabète est une maladie héréditaire. Elle sévit plus fréquemment chez l'homme dans la proportion de 3 à 1 (Griesinger). Elle éclate habituellement de 40 à 50 ans ; elle est plus rare dans la vieillesse et paraît 4assez fréquente dans l'enfance, âge où elle revêt une gravité exceptionnelle. Le diabète est très-commun dans les pays humides et froids; en Hollande, en Angleterre, dans le nord et dans l'ouest de la France. Cependant on l'observe aussi dans les pays chauds. On a accusé les féculents et le régime végétal de produire le diabète. Mais les religieux qui s'abstiennent de viande toute l'année sont trèsrarement atteints par cette maladie. L'abus du vin, des boissons froides (des boissons acides?) joue un rôle plus important dans la production du diabète.
Les préoccupations et les émotions morales doivent être comptées au nombre des causes occasionnelles du diabète. Le froid humide, le refroidissement le corps étant en sueur, sont autant de circonstances favorables au développement de cette maladie.
Le diabète est dû à un accroissement considérable de la production du sucre par le foie et à la non-destruction de ce sucre produit en excès. Le sucre se mêle au sang artériel et est éliminé en partie par les urines. D'après les plus récentes expériences physiologiques, cette fonction glycogénique exagérée du foie serait sous l'influence de l'iriflux nerveux qui prend sa source dans cette partie des cordons de la moelle allongée, connue sous le nom de plancher du quatrième ventricule.