PURPURA. FORME BÉNIGNE
I. Forme bénigne. Cette forme est caractérisée par une éruption de pétéchies, sans hémorrhagies par les membranes muqueuses. Elle présente à étudier deux variétés : dans un premier degré, la maladie est constituée par une simple éruption; dans un degré plus élevé, elle présente plusieurs éruptions successives.
lre Variété. — L'éruption est précédée de quelques jours de malaise, avec inappétence, céphalalgie et courbature ; les symptômes s'accompagnent souvent d'un mouvement fébrile plus ou moins intense. Alors apparaissent les taches de purpura. Ce sont de petites ecchymoses sous-cutanées, de la grosseur et de la forme d'une lentille, d'une couleur qui varie du rouge-sang au noir : elles siègent principalement aux membres et surtout aux membres inférieurs ; cependant on en a observé quelquefois sur les paupières, mais le fait est rare. Ces taches, étant formées par un petit épanchement sanguin, ne disparaissent pas sous la pression du doigt.
11 apparaît quelquefois, dans différents points des membres supérieurs, de petites tumeurs circonscrites très-dures, sans changement de couleur à la peau, et qui se forment très-rapidement; elles sont dues à de petites hémorrhagies du tissu cellulaire. La tendance aux extravasations sanguines est telle dans cette maladie, qu'une pression un peu forte sur une partie quelconque détermine facilement la formation dune ecchymose.
Dans la variété que nous étudions, l'éruption est complète dès les premiers jours de la maladie; puis immédiatement le travail de résorption commence, les taches passent du brun au vert et au jaune et disparaissent comme toutes les ecchymoses. La durée de la maladie est tout au plus de deux septénaires.
- 2e Variété. — La seconde variété est constituée par des éruptions successives qui présentent la plus grande analogie avec l'éruption unique dont nous venons de donner le tableau. Ainsi, pendant la période même de résolution, le malaise, la courbature, le mouvement fébrile reparaissent et de nouvelles taches se produisent auprès de celles qui sont déjà en voie d'absorption, Jousset, 2« édit. 10
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La durée de cette variété se prolonge habituellement pendant plusieurs septénaires.
II. Purpura klemorrhagica. Verloff, qui donna la première description de cette maladie , l'appela maladie tachetée hémorrhagîque. Elle est caractérisée par une éruption de pétéchies tout à fait analogue à celle du purpura, et de plus par des ecchymoses sous-muqueuses et par des hémorrhagies multiples. Ces hémorrhagies et un mouvement fébrile presque constant, donnent à cette forme un caractère de gravité qui la sépare complètement du purpura simple.
La maladie débute par du malaise, un sentiment d'anxiété et de courbature, remplacé bientôt par un mouvement fébrile, caractérisé principalement par un pouls grand, rebondissant, hémorrhagîque; alors apparaissent les taches; elles sont plus larges que dans le purpura simplex, mais affectent la même forme, la même coloration et le même siège. Ce qui, dès le début, caractérise le purpura hxmorrhagica, c'est la présence d'ecchymoses sur la muqueuse buccale et quelques épistaxis. Les pétéchies ne précèdent pas toujours les hémorrhagies par les muqueuses, quelquefois la maladie débute d'emblée par dès épistaxis et les taches n'apparaissent qu'au bout de quelques jours.
Les hémorrhagies constituent le caractère dominant de la maladie arrivée à sa période d'état; les plus fréquentes de toutes sont les épistaxis, qui se renouvellent plusieurs fois par jour. Abondantes, composées d'un sang encore très-riche, elles se font avec une certaine violence, ont tout le caractère des hémorrhagies dites actives et sont suivies d'une amélioration momentanée. Au commencement les accidents s'arrêtent avant que le malade soit trop affaibli; mais, après une rémission de courte durée, les hémorrhagies recommencent avec plus de violence que la première fois, aux épistaxis s'ajoutent des hématémèses et des mélaena ; l'hémoptysie est infiniment plus rare. Le malade, épuisé par ces hémorrhagies multipliées, devient extrêmement faible ; les muqueuses sont décolorées; la peau pâle, diaphane, prend l'apparence de la cire ; des lipo-