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PELLAGRE

C'est une maladie caractérisée par un érythème particulier, par une cachexie dont les principaux traits sont la diarrhée, la mélancolie et une paralysie générale et incomplète.

Cette maladie est endémique en Lombardie, dans certaines contrées de l'Espagne et dans les Landes. Elle existe à l'état sporadique dans tous les pays; mais alors c'est une maladie très-rare, tandis que, d'après la statistique moderne, il existe 20,000 pellagreux en Lombardie.

La pellagre se présente sous des formes bien diverses : forme bénigne, forme commune, forme grave, connue sous le nom de typhus pellagreux.

i64 CACHEXIES.

I. Forme commune. — Elle débute au printemps par l'érythème des mains; une chaleur brûlante à la plante des pieds; des vertiges, et quelquefois une impulsion à marcher en avant. Aces symptômes, s'ajoutent bientôt une diarrhée habituelle, avec affaiblissement des membres inférieurs et un certain degré de mélancolie. La maladie s'aggrave pendant les chaleurs de ■l'été, diminue à l'automne et disparaît complètement à l'entrée de l'hiver.

Au commencement du printemps, l'érythème et les autres symptômes reparaissent pour suivre la même marche que l'année précédente ; seulement, d'année en année, les symptômes augmentent d'intensité. La diarrhée épuise les malades; la paralysie des membres inférieurs est assez marquée pour empêcher la station ; elle est quelquefois remplacée par des roideurs tétaniques ou par des accès éclamptiques. La mélancolie, est souvent portée jusqu'au suicide.

Arrivée à sa période ultime, la maladie ne disparaît plus pendant l'hiver, quoique constamment elle présente une rémission marquée pendant cette saison.

Les malades succombent habituellement à la phthisie pulmonaire, ou à l'épuisement amené par la diarrhée, ou à une phlegmasie ultime.

A moins de complication, il n'y a point de fièvre pendant cette maladie ; l'appétit est habituellement conservé. Les symptômes de paralysie, de convulsions et d'aliénation sont trèsvariables. Chez beaucoup de malades, ils sont limités à un affaiblissement des membres inférieurs et à une mélancolie profonde ; d'autres offrent l'aspect des aliénés paralytiques ; quelques-uns ont de violentes attaques de manie.

Le caractère le plus constant de l'aliénation pellagreuse est l'impulsion suicide, impulsion à se noyer surtout ; quelquefois aussi l'impulsion homicide.

L'érythème, caractéristique de la pellagre, se développe d'abord au dos des mains et de l'avant-bras, à la face, au haut de la poitrine et à la partie inférieure des jambes ; l'insolation à une grande influence sur le développement de cet éry thème. Cependant des auteurs modernes ont prétendu l'avoir observé

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sur des parties du corps habituellement recouvertes par les vêtements.

L'affection pellagreuse de la peau se borne souvent à une simple desquamation sans rougeur et sans inflammation : d'autres fois, il y a un érythème véritable, avec rougeur et même formation de bulles ; mais toujours la lésion se résume en une desquamation brunâtre disposée par plaques, par îlots irréguliers ; quelquefois cette desquamation forme des zones successives dont le bord inférieur est marqué par une teinte plus foncée. Au commencement, l'affection cutanée ne laisse pas de trace pendant l'hiver, puis la peau reste plus lisse et comme amincie.

Cette forme de la maladie peut se prolonger pendant des années.

II. Forme bénigne. — Caractérisée presque uniquement par l'affection cutanée ; les symptômes de cachexie ne se montrent amais, et la maladie disparaît toujours pendant l'hiver.

III. Forme maligne. — Elle est décrite par les médecins italiens sous le nom de typhus pellagreux ; elle a une marche très-aiguë. Le mouvement fébrile est intense et continu ; les malades, dans le décubitus dorsal avec paralysie incomplète des membres, sont en proie à un délire continuel ; la langue est sèche et tremblante ; il y a des soubresauts des tendons et de la carphologie ; une diarrhée abondante et involontaire. Beaucoup de ces malades succombent à la fin du deuxième ou du troisième septénaire; d'autres, arrivés au plus haut degré de la maladie, guérissent très-rapidement. Des autopsies répétées ont démontré qu'il ne s'agissait point ici de fièvre typhoïde.

Etiologie. — Maladie endémique débutant souvent dès l'enfance, la pellagre ne paraît pas contagieuse ; l'influence héréditaire est admise par les médecins italiens. On a attribué la pellagre à l'usage du maïs, et surtout du maïs malade; mais des recherches plus récentes ont démontré l'inanité de cette hypothèse, en sorte que nous ignorons encore la cause de la pellagre.

166 CACHEXIES.

Traitement. — Une bonne nourriture et des bains suffisent souvent pour arrêter la maladie à son début; mais, quand elle est confirmée, ces moyens sont insuffisants.

Arsenicum et secale cornutum sont les médicaments qui nous paraissent indiqués par l'ensemble des symptômes.

Arsenicum est indiqué par la desquamation avec ou sans ërythème, par la diarrhée chronique, la chute des forces, la mélancolie avec impulsion au suicide, les paralysies incomplètes et la périodicité des accidents.

Secale cornutum offre à peu près les mêmes symptômes : desquamation générale, diarrhée chronique, mélancolie avec impulsion à se noyer.

Les diverses affections qui compliquent souvent la pellagre demandent le traitement de ces affections. Il faudra donc se reporter à l'histoire de la folie, de la paraplégie, de la paralysie générale et de la diarrhée ; mais l'observation clinique nous manque presque complètement, et nous faisons appel à nos confrères de la Lombardie pour nous donner le traitement homœopathique de la pellagre.

QUATRIEME classe

Les fièvres constituent une classe de maladies caractérisées par un mouvement fébrile, des affections locales à siège multiple et hors de proportion avec le mouvement fébrile.

Les fièvres se divisent en trois grandes classes : fièvres éruptives, fièvres continues, fièvres intermittentes.

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