SCARLATINE. — COMPLICATIONS
le premier jour est très-chargée d'un enduit blanc jaunâtre, présente dès le second jour un piqueté rouge qui augmente encore le troisième jour. Le quatrième jour, elle se dépouille complètement de son épithélium; elle est entièrement rouge, ses papilles sont saillantes, et elle a l'aspect d'une fraise. Cet aspect de la langue, qui persiste autant que l'éruption, est un signe pathognomonique.
3* période. Desquamation. — Du septième au onzième jour, la desquamation commence. Elle apparaît d'abord à la face, vers les ailes du nez ; en même temps, le mouvement fébrile décroît et s'éteint avec le délire, la somnolence et les autre3 accidents cérébraux. La langue reste toujours d'un rouge uniforme ; mais elle perd son aspect chagriné parce qu'un nouvel épithélium se reforme; la gorge désenfle et se nettoie; le sommeil et l'appétit reviennent, la convalescence commence.
La desquamation se fait habituellement par grands lambeaux, surtout aux mains et à la face. L'épiderme des doigts, celui qui recouvre le nez, se détachent quelquefois en entier i d'autres fois, la desquamation a lieu par petits îlots; l'épiderme se soulève dans une multitude de petits points séparés.
La desquamation se prolonge habituellement jusqu'au vingtième jour, et souvent jusqu'au quarantième. Quelquefois, elle recommence deux ou trois fois et dure pendant deux mois et plus.
Le tracé thermique atteint dès le premier jour ou au plus tard le second 40 degrés, ou même 40,5 degrés; le type est presque continu, il n'y a pas de différence entre le soir et le matin, ce qui suffirait à distinguer la scarlatine de la rougeole. La chaleur fébrile ne tombe pas avant le quatrièmejour de l'éruption, et elle persiste souvent jusqu'au septième et au neuvième jour.
Complications. — Afin de faire mieux saisir la physionomie de la maladie, nous n'avons décrit que les symptômes constants ; il nous reste à indiquer les accidents et les complications qui peuvent surgir à chaque période et compromettre la viedes malades.
Jousset, 2« édit. 12
Convulsions. — On observe très-rarement, et chez les enfants seulement, des convulsions éclamptiformes. Pendant la période d'invasion, cet accident est excessivement grave.
Accidents de la période <T éruption.
Méningite. — La méningite est la complication la plus fréquente et la plus grave de la scarlatine. Elle est caractérisée par le délire, l'agitation, puis la somnolence et le coma, et par les autres symptômes des méningites secondaires; elle détermine la mort des malades surtout vers la fin du premier septénaire.
Arthrite. — lï arthrite scarlatineuse, dont on a exagéré la fréquence, siège le plus souvent aux mains , elle est plus fixe et cependant guérit plus facilement que le rhumatisme articulaire. Dans les cas graves, elle peut suppurer; elle alterne quelquefois avec des 'pleurésies et des péricardites à marches rapides, caractérisées par la formation d'un liquide purulent très-abondant. L'endocardite est encore une complication de l'arthrite scarlatineuse.
Phlegmon diffus. — C'est une complication fort rare. Ces phlegmons siègent le plus souvent au cou, s'accompagnent de suppuration énorme, quelquefois de gangrène ; ils peuvent entraîner la mort par épuisement des sujets ou par le développement d'une diathèse purulente. Quand ils guérissent, ils laissent des cicatrices et des difformités.
Accidents de la période de desquamation.
Albuminurie. — L'albuminurie est une complication dont la fréquence varie avec les épidémies ; elle peut apparaître dès le second jour de la maladie; mais le plus souvent, elle débute
le sixième jour. Elle n'est pas nécessairement liée avec l'anasarque et l'éclampsie, puisque ces deux accidents apparaissent habituellement du quatorzième au vingt et unième jour, et que très-souvent on a constaté l'existence isolée de l'une de ces trois complications.
SCARLATINE. — FORME ANGINEUSE. 179
Eclampsie. — Les attaques d'éclampsie apparaissent habituellement dans le cours de la troisième semaine ; elles s'accompagnent souvent d'anasarque et d'albuminurie.
Ces attaques d'éclampsie, ordinairement violentes et prolongées , sont quelquefois suivies à? hémiplégies ; elles guérissent très-souvent.
Anas arque. — L'anasarque présente deux variétés ; dans une première, elle s'accompagne d'un mouvement fébrile intense et d'urines sanguinolentes ; le pouls est dur, fréquent, la peau chaude; l'hydropisie fait des progrès rapides, s'accompagne d'œdème du poumon et peut déterminer la mort par asphyxie ou suffocation. Dans la seconde variété, l'anasarque ne s'accompagne pas de fièvre ; elle marche plus lentement avec des urines non sanguinolentes, mais très-souvent albumineuses. Cette variété peut, comme la précédente, déterminer l'œdème du poumon et des accidents graves.
L'œdème de le glotte est quelquefois lié à l'anasarque scarlatineuse, et apparaît d'autres fois comme phénomène hydropique isolé.
Affections scrofuleuses. — Des affections scrofuleuses diverses, carie des vertèbres, otite et otorrhée, peuvent succéder à la scarlatine ; mais ces accidents, que je n'ai jamais observés,
sont excessivement rares.
Surdité. — Il n'en est pas de même de la rétraction des muscles du cou, et surtout de la surdité sans otorrhée. Ce dernier accident peut être complet, définitif et entraîner la mutité chez les enfants, soit parce qu'ils oublient le langage articulé, soit parce qu'ils ne peuvent l'apprendre.
II. Forme angineuse. — Elle est caractérisée par une angine diphthéritique et par une éruption mélangée de içiliaire : c'est le mal de gorge gangreneux d'Huxham. Cette forme, qui domine dans certaines épidémies, est excessivement grave, mais elle ne présente pas de caractère de malignité.
La forme angineuse débute comme la précédente ; seulement l'éruption commence par de petites papules saillantes au tou*
cher, très-nombreuses, semblables à des grains de millet et très-rouges. Cette miliaire est surtout facile à constater sur les joues et les poignets. La peau ne tarde pas à prendre la couleur rouge de la scarlatine, mais les petites papules sont toujours reconnaissables par une couleur plus foncée. Venues les premières, elles persistent encore après l'effacement de la coloration scarlatineuse.
L'angine s'accompagne d'un gonflement énorme des ganglions sous-maxillaires et de productions diphthéritiques habituellement bornées au pharynx, mais qui, dans quelques cas, s'étendent au nez et au larynx.
La mort arrive habituellement par le progrès de l'angine à la fin du premier septénaire. Si la maladie doit se terminer par la guérison, la fièvre tombe, les fausses membranes se détachent, et la convalescence s'établit du onzième au quatorzième jour.
Cette forme peut présenter pendant la convalescence les mêmes accidents que la précédente.
J'ai observé une variété de scarlatine angineuse, avec mélange de miliaire, mais dans laquelle l'angine est bien moins grave.
Cependant cette forme est toujours plus grave, et surtout plus longue que la scarlatine lisse ou commune, et il n'est pas rare de rencontrer des cas où, après des rémissions, le septièmeou le quatorzième jour, la fièvre reprend et ne tombe définitivementque le vingtième jour.
III. Forme bénigne.— Le mouvement fébrile est très-modéré; quelquefois il manque tout à fait ; l'angine est très-bénigne : cependant l'éruption a une grande intensité, Elle s'accompagne d'une desquamation abondante qui exige les mêmes précautions que dans les.autres formes.
IV. Fokme maligne. — Elle présente plusieurs variétés, mais elle a toujours pour caractère le désaccord des symptômes, la chute des forces de la vie végétative et un danger considérable.