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CHAPITRE V

En général, il ne faut pas vacciner avant le deuxième mois depuis la naissance ; avant cet âge, on s'expose à développer un

érysipèle excessivement grave. Il faut prendre du vaccin âgé de 6 à 8 jours et l'inoculer au bras, à l'aide d'une lancette, par six piqûres ; des recherches semblent démontrer que six piqûres préservent davantage qu'une seule.

Le troisième ou le quatrième jour, on constate une petite papule plus sensible au toucher qu'à la vue ; le cinquième jour, elle grossit un peu et présente un commencement de vésicule ; le sixième jour, elle s'étale, s'ombiliqueet présente une couleur opaline avec des reflets nacrés ; du septième au huitième jour, apparaît l'aréole inflammatoire ; le bouton grossit encore, il est blanc, bleuâtre et très-ombiliqué ; le neuvième jour, suppuration de la pustule avec aréole très-enflammée ; gonflement et engorgement douloureux du bras, quelquefois un peu de fièvre. Le onzième jour, la pustule se flétrit; elle se recouvre d'une croûte ; les jours suivants, cette croûte devient brun-noir, extrêmement dure ; elle persiste jusqu'au vingt ou vingt-cinquième jour. Cette croûte est remplacée par une cicatrice réticulée, caractéristique et ordinairement indélébile.

L'éruption est quelquefois plus rapide en été; elle peut être retardée de dix ou vingt jours et même d'un mois ; elle est modifiée, comme la variole, par une vaccine ou une variole antécédente; elle est toujours suspendue par une fièvre éruptive et plus ou moins retardée par une autre maladie. La méningite semble sans influence sur son développement.

La vaccine est auto-inoculable, l'inoculation faite le 4e jour est celle qui réussit le mieux; cellequi est faite le 9e jour donne des résultats à peine appréciables. La vaccine ne préserve donc de la variole qu'à partir du 9e jour. Si elle est pratiquée trop tard, elle n'arrête pas la variole, mais la modifie, comme aussi la vaccine est modifiée par la variole. Cependant il y a des cas dans lesquels les deux éruptions se développent simultanément sans paraître se modifier.

Revaccination. — La durée de l'immunité engendrée par la vaccine est encore douteuse. Des auteurs la fixent à trois ans, d'autres à cinq ans ; elle varie évidemment avec les individus

et peut-être aussi avec la vaccine* Il est toujours prudent de revacciner en temps d'épidémie.

Certains individus sont complètement réfractaires à la vaccine. Sont-ils aussi réfractaires à la variole?

Fausse vaccine. — On appelle fausse vaccine une éruption vésiculo-pustuleùse produite probablement par l'inoculation d'un vaccin trop avancé, donnant lieu à de gros boutons non ombiliqués et développés très-rapidement. Ces pustules ne fournissent pas un liquide inoculable.

Vaccine syphilitique. — Un accident horrible et capable de faire renoncer à la vaccine, est la communication de la syphilis par la vaccination. Des séries nombreuses d'enfants ont déjà été infectées de cette manière. A la place de la pustule ombilic quée on voit se développer, du huitième au cinquantième jour, une papule syphilitique, puis tous les accidents consécutifs de la vérole.

Le moyen le plus certain pour éviter cet accident est de choisir pour vaccinogènes des sujets bien portants et ayant déjà dépassé 6 mois, parce que la syphilis héréditaire se développe presque toujours avant cette époque. Il est bon aussi de ne pas mêler de sang au liquide vaccinal.

Vaccination animale. — La vaccination animale, si elle parvient à s'établir dans de bonnes conditions, sera encore le meilleur moyen d'empêcher la transmission de la syphilis à l'aide du vaccin, puisque les animaux sont réfractaires à la syphilis.

Origine de la vaccine. — La vaccine est originaire d'une fièvre éruptive sporadique ou épizoo tique chez le cheval. Cette fièvre éruptive, très-analogue â la variole humaine, mais beaucoup plus bénigne, produit des pustules discrètes sur plusieurs parties du corps, mais principalement au pli du paturon, d'où le nom d'eaux aux jambes vaccinogènes qui lui avait été donné. Elle produit aussi des vésicules dans la bouche, maladies aphtheuses de Bouley. Cette maladie existe aussi dans l'espèce bovine, soit

qu'elle y naisse spontanément, soit qu'elle provienne du cheval par contagion. L'éruption se localise principalement sur les mamelles, où elle a pris le nom decowpox, ou en français vaccin.

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