CHAPITRE VII
FIÈVRE ORTIÉE
Définition. — Fièvre éruptive caractérisée par des papules primantes analogues à celles produites par la piqûre de Yurtica urens.
L'éruption urticaire est une lésion commune à la fièvre que nous décrivons et à plusieurs maladies ; scrofule, goutte, fièvre intermittente, etc.
Division. — Elle présente deux formes : forme commune et forme bénigne.
I. Forme commune. — Elle débute par un mouvement fébrile souvent très-intense, accompagné d'anxiété, de lipothymie, de vomissements et quelquefois de diarrhée. Après quelques heures ou au plus un jour de fièvre, l'éruption apparaît; elle s'annonce par de la chaleur et des picotements a la peau, puis elle se produit à peu près simultanément à la face, sur les épaules, sur les lombes, à la face interne des avant-bras et des cuisses. Ce sont des papules extrêmement larges, de grandes plaques irrégulières, d'une couleur rosée, avec des parties blanches, et faisant sur la peau une saillie très-notable. Cette éruption s'accompagne d'un gonflement quelquefois très-considérable et d'un prurit fort intense qui se change, par le frottement, en un sentiment de brûlure et de cuisson. L'éruption a une durée éphémère, elle apparaît et disparaît plusieurs fois dans le cours de la maladie. Le frottement suffit pour la faire naître et l'augmente beaucoup quand elle existe déjà. L'éruption est confluente ou discrète, la muqueuse buccale présente quelquefois une lésion analogue.
Cette maladie, qui se termine constamment par la guérison, a une durée de quatre à sept jours.
II. Forme bénigne. — Elle est apyrétique et dure de quarante-huit heures à quatre jours.
Étiologie. — Cette maladie est plus fréquente en été; elle sévit principalement dans l'enfance et la jeunesse; les femmes y sont plus exposées que les hommes. Certains aliments sont une occasion évidente du développement de cette maladie : les coquillages, les œufs de poissons, les écrevisses, le miel.
Traitement. — On a préconisé comme infaillible dans le traitement de cette maladie le ledum palustre, puis camphora et croton tiglium\ mais il faut se rappeler que la maladie se termine naturellement par la guérison en très-peu de jours. Urtica, urens, apis mellifera, rhus toxtcodendron, dulcamara, arsenicum, mais surtout asiacus fluviatilis, ont aussi été indiqués ; mais la plupart de ces médicaments correspondent plutôt à Yurticaire qu'à là fièvre ortiée.
Lorsqu'il y a fièvre, anxiété, tendance aux lipothymies, vomissements et diarrhée, nous avons coutume de prescrire apis mellifera toutes les deux heures, et, s'il n'y a pas d'amendement après douze heures, arsenicum. Camphora correspond à peu près aux mêmes symptômes qu'apis ; la tendance aux syncopes, avec refroidissement de la peau, pouls lent et petit, froid glacial 3es mains, anxiété et désespoir caractérisent ce médicament beaucoup plus que les éruptions, en sorte que camphora doit plutôt être administré d'une manière intercurrente contre les symptômes que nous venons d'énumérer. La dose est une goutte de teinture sur du sucre tontes les demi-heures. Quand le mouvement fébrile est nul ou peu intense, urtica urens 6°, ou astacus toutes les trois heures, Quand le mouvement fébrile est intermittent, le sulfate de quinine est encore le meilleur médicament.